Céline Bébot, ou la positive attitude
Céline Bébot, devant l’hôtel de ville de Paris. ( Photo CB )
Le ciel se montre bien gris au-dessus de Plassac, laissant la lumière transpercer difficilement la fine couche de nuages. « Certains diront qu’il ne fait pas beau, alors qu’on ne voit juste pas le soleil », constate pourtant Céline Bébot. Dans tous les cas, l’horizon s’annonce plus radieux que le temps pour la Plassacaise de 41 ans : elle participera au relais collectif de la flamme olympique le 23 mai à Saint-Émilion. Une « expérience » de plus dans une vie déjà bien accomplie.
Céline Bébot grandit à Berson et possède un lien très fort avec la région, qu’elle n’a jamais quittée. Elle réalise en effet ses années de lycée à Blaye, où elle travaille actuellement en tant que conseillère de clientèle particuliers pour la Banque Populaire. Malgré son attachement à la commune qui l’a vue grandir, elle déménage il y a deux ans à Plassac, « une petite ville très sympa ». Elle s’installe avec son compagnon et ses enfants Tom et Louise, âgés respectivement de 10 et 6 ans. Cette dernière est atteinte de l’hyperplasie congénitale des glandes surrénales (HCS), une maladie provoquant le gonflement des glandes surrénales, situées au-dessus du rein, lorsqu’elles reçoivent l’information de fabriquer certaines hormones. Afin de raconter cette expérience, elle décide d’écrire un livret d’une cinquantaine de page sur un groupe Facebook dédié à cette maladie. « Sur ce groupe, les mêmes questions revenaient régulièrement, remarque-t-elle. J’ai donc créé une histoire sur la rencontre entre deux familles avec des enfants atteints par cette maladie. J’ai ensuite répertorié toutes les situations traversées par les parents, de façon ludique ». Ce travail a nécessité du temps et une large documentation sur le sujet, mais elle préfère en retenir les bons côtés, comme souvent. « Je veux montrer qu’on peut avoir des difficultés dans la vie, mais que rien n’est insurmontable. On peut tirer du positif dans la plupart des situations. Ma fille n’aurait pas eu cette maladie, je n’aurai pas écrit ce livret. Et j’ai plutôt pris du plaisir à le faire ».
Une vie de voyages
Au moment de remplir sa candidature pour participer au relais de la flamme olympique auprès de la Banque Populaire, partenaire des Jeux, elle évoque naturellement cette expérience. « Je l’ai mise en avant parce qu’elle me définissait ». Elle y ajoute aussi ses nombreux voyages, « 35 au total dans 21 pays différents », précise-t-elle avec un calme olympien. D’un trek dans une ancienne mine d’or au Nicaragua à la visite du siège de l’ONU à New York, en passant par une descente de la Grande Muraille de Chine en luge et tant d’autres : de quoi remplir sa galerie photo de moments inoubliables. Sa prochaine destination ? Bali. Seule, en famille ou avec des inconnus (elle est inscrite sur un groupe sur Facebook qui propose de voyager avec d’autres personnes), ces expéditions lui ont permis de valoriser sa candidature. « C’est marrant parce que j’adore voyager, mais je n’habiterais nulle part ailleurs qu’ici », sourit-elle.
Ça tombe bien : Plassac sera mis à l’honneur à travers sa relayeuse, le temps de parcourir quelques mètres avec le flambeau dans les mains. « Je trouve ça bien que des villes moins connues soient représentées par ses habitants. Il n’y a pas que des villes conséquentes comme Bordeaux ou Libourne sur la carte, il y a un milieu rural qu’il ne faut pas oublier ».
« J’espère qu’on retiendra le positif »
Mais ce qui représente le mieux Céline Bébot, ce sont les valeurs de l’olympisme. Elles illustrent parfaitement sa façon de vivre, cultivée notamment grâce à ses voyages et expériences personnelles. « La flamme olympique, c’est le sport mais c’est surtout le partage, la générosité, le fait d’être un peu téméraire et d’aller au bout de ses envies. C’est surtout sur ces points que j’ai été sélectionné ». Céline Bébot n’est d’ailleurs pas une grande fan de sport. Elle l’avoue elle-même, elle ne connaissais « pas grand-chose » au sujet des Jeux Olympiques. En revanche, son pouvoir d’unir une communauté et de porter tout un collectif de personnes vers des valeurs communes résonne en elle. Même si les Jeux semblent davantage diviser aujourd’hui que rassembler. « Je pense que ça peut aider la société à se rappeler de valeurs qu’elle a tendance à oublier. En général, le positif on le lit trente secondes et le négatif on va y passer deux heures. L’organisation de Jeux Olympiques est tellement minutieuse et précise, notamment avec la flamme qui traverse la métropole et les territoires d’outre-mer, qu’il y a forcément des petits loupés. Après j’espère qu’on ne retiendra pas que le négatif, et qu’on retiendra surtout le positif, et ce dans toutes les situations ».
Un moment exceptionnel
À titre personnel, elle peut déjà en tirer de cette nouvelle expérience car, au moment de remplir sa candidature, celle-ci lui a permis de réaliser un bilan de toutes les précédentes. Une étape importante dans une vie, selon elle. « Le fait de postuler pour porter la flamme olympique, ça m’a un peu obligé à prendre du recul par rapport à mes expériences personnelles et de m’apercevoir que, finalement, j’avais eu des échecs comme tout le monde. Mais je les ai surmontés, j’ai vécu des expériences qui sortaient de l’ordinaire ».
Comme tous les porteurs de flamme, Céline Bébot s’attend évidemment à vivre un moment exceptionnel, entouré de sa famille et de ses proches. L’émotion prend de plus en plus de place au fur et à mesure que l’évènement approche. « Même si à un moment donné il y aura des âmes négatives qui retiendront les mauvais côtés, les Jeux Olympiques auront forcément apporté quelque chose de positif. Et rien que pour ça il faut le vivre ». Elle le fera, comme à son habitude, avec un enthousiasme débordant.
Téo Munch
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