Gérer des chambres d’hôtes, entre polyvalence et passion
Pour un gérant de chambres d’hôtes, la journée n’est pas de tout repos. Même quand il n’accueille pas de client, celui-ci doit s’occuper constamment de l’entretien de l’établissement. Exemple avec Luc Dirot, propriétaire du Domaine de Monein.
Luc Dirot s’occupe quotidiennement des quatre chambres du domaine. ( Photo TM )
À première vue, on pourrait croire que la journée a été plutôt calme dans les couloirs du Domaine de Monein. Prêt depuis 6h30, Luc Dirot, propriétaire des lieux, attend le passage de ses clients dans la salle des petits-déjeuners. Il réalise en amont ses courses à la boulangerie située à quelques centaines de mètres, avant de préparer ce premier repas du jour dans sa cuisine personnelle. Une étape importante pour commencer au mieux cette journée ensoleillée. Aux alentours de 7h, une première personne, « un cadre d’entreprise », s’installe à l’une des trois tables mises à disposition. À son arrivée, tout est évidemment prêt. La discussion s’impose assez naturellement, mais ne peut durer puisqu’il faut aménager une première salle de bain. Les derniers clients, des « Anglais qui souhaitent se rendre en Espagne », arrivent ensuite pour prendre à leur tour le petit-déjeuner. Luc Dirot prend également le temps d’échanger quelques mots avec eux, « mais en anglais parce qu’ils ne parlaient pas français ». Chacun repart ensuite dans sa chambre avant de plier bagage. Le premier client quitte les lieux vers 7h45, les derniers à 9h15.
« On doit savoir tout faire »
La journée serait-elle déjà finie ? Elle ne fait que commencer, et tout reste encore à faire pour le propriétaire de 59 ans. Il faut d’abord ranger les petits-déjeuners, puis s’occuper de refaire entièrement les deux chambres laissées vacantes par ces derniers clients. Suivent ensuite les différentes tâches du quotidien : sortir les poubelles, les verres, laver le sol, les draps… Mais avec quatre chambres, le temps est décuplé par rapport à l’entretien d’une simple maison. « C’est le jeu, sourit Luc Dirot. Il y a l’aspect pas sympathique de faire le ménage et refaire les chambres. Dans tous les métiers, il y a toujours quelque chose de pas sympa. Mais le reste est bien ».
Malgré ces obligations peu amusantes, gérer des chambres d’hôtes permet d’effectuer des tâches très différentes, de « toucher à tout » : l’informatique, l’entretien des locaux mais aussi des espaces verts, s’occuper des décorations… Cela nécessite donc d’être polyvalent, surtout lorsqu’on est tout seul à s’occuper d’autant de chambres. Mais c’est ce qui lui plaît aussi dans ce métier. « Il faut savoir tout faire, être pluridisciplinaire ».
Cet Orléanais de naissance a d’ailleurs effectué de nombreux métiers au cours de sa carrière. Après avoir arrêté les études après le bac, celui qui se définit comme un « autodidacte » se lance dans l’hôtellerie. Pour cela, il se rend en Autriche avant de revenir en France au bout d’un an. À Bordeaux, il entre dans une usine d’alimentation du bétail et se lance ensuite dans la création d’une aquariophilie avec son frère. Mais il abandonne rapidement pour intégrer une société de transport routier, dans laquelle il restera durant près de 20 ans.
« Si on est sérieux et volontaire, ça fonctionne »
« Après avoir passé la cinquantaine, je me suis demandé ce que j’allais faire. Je n’avais pas envie de retourner dans le transport. Ce n’est pas mon truc. Je me suis dit que si je devais faire quelque chose pour terminer ma carrière, je veux revenir dans l’hôtellerie ». Il cherche alors autour de Saint-André-de-Cubzac un lieu capable d’accueillir son projet « pour revenir à (ses) premiers amours, l’hôtellerie ». Il se positionne ainsi sur le Domaine de Monein, une bâtisse dont la première partie date de 1882. Rachetée il y a près d’un siècle par « une famille de notables de Saint-André », la maison de style arcachonnaise s’agrandit pour presque doubler de volume. Il rachète la propriété en 2016 avec plus de 2000 m2 de terrain. « Pour faire des chambres d’hôtes, ça m’allait très bien », admet-il.
Être gérant de chambres d’hôtes n’est donc pas de tout repos, mais permet une diversité que peu de métiers peuvent offrir. Il faut aussi s’adapter constamment en fonction de la clientèle, et ce dès son arrivée : « si la personne veut parler un quart d’heure, on parle un quart d’heure. Si elle veut parler une heure, on parle une heure. Ça dépend des gens ». Mais la règle d’or reste la passion pour la profession car « si on est sérieux et volontaire, ça fonctionne ». La crise du Covid l’a cependant fait réfléchir à la suite, mais il a pu continuer son activité grâce à une trésorerie accumulée au cours des dernières années. « Il y a eu un appauvrissement du fonds de commerce français. On l’entend de plus en plus, les gens ont du mal à se loger, à manger. La relance a été dure. Ensuite s’est reparti progressivement, mais ça a traîné un peu ».
Luc Dirot avait prévu de passer la tondeuse dans le jardin au cours de l’après-midi, mais il va pouvoir se reposer un petit peu puisque les prochains clients n’arriveront que dans deux jours. « Ça fait dix jours que je travaille sans arrêt : deux chambres, puis trois chambres, puis une chambre… ». Avant de repartir plein pot et d’accueillir de nouveaux clients.
Voir le site « Haute Gironde » : Saint-André-de-Cubzac. Gérer des chambres d’hôtes, entre polyvalence et passion (hautegironde.fr)
Téo Munch
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