« J’avais envie d’entreprendre par moi-même » : un apiculteur de Pont-du-Casse se lance dans la production d’hydromel

« J’avais envie d’entreprendre par moi-même » : un apiculteur de Pont-du-Casse se lance dans la production d’hydromel

À 40 ans, Benoît Bourrières a décidé de concrétiser sa passion de toujours en produisant de l’hydromel, sorte de vin de miel peu connu en France.

M.B a été condamné à quatre mois d’emprisonnement. ( Crédit photo : wallpaperflare.com )

Cette petite bouteille de 75 cl renferme plus de 25 ans de passion. Jusqu’ici, Benoît Bourrières pratiquait l’apiculture de façon amateur en proposant ses produits à sa famille et ses amis. Fils d’agriculteurs Tarn-et-Garonnais, il découvre cette activité à l’âge de 13 ans en aidant un voisin durant cinq années.

À sa majorité, il récupère cinq ruches mais arrête la production deux ans plus tard lors de ses études. Devenu salarié dans la maintenance, ce n’est qu’à 32 ans que Benoît Bourrières renoue avec cette passion en fabriquant une dizaine de ruches chaque hiver, jusqu’à en posséder 80 aujourd’hui.

Une centaine d’essais avant de trouver la bonne formule

Mais sa vie professionnelle est bouleversée il y a quatre ans lorsqu’il découvre l’hydromel, une boisson fermentée faite de miel et d’eau dont les techniques d’élaboration sont les mêmes que pour le vin. « Ça m’a fait « tilt », et j’ai cherché à découvrir et à goûter. Le produit m’a plu, donc j’ai voulu commencer à en faire moi-même. Je me suis énormément renseigné en faisant des formations, en lisant des bouquins et en regardant des vidéos, parce que le vin est très complexe », reconnaît-il. S’ensuit trois années à réaliser chaque week-end et vacances des essais sur les proportions, les catégories de miels et les méthodes de vinifications.

Après une centaine de tests, Benoît Bourrières trouve enfin la recette qui lui convient. Il décide de quitter son poste d’employé dans la maintenance pour se consacrer pleinement à cette nouvelle activité en avril. « J’avais envie d’entreprendre par moi-même, de découvrir de nouvelles activités professionnelles et de vivre d’autres expériences », se souvient-il.

Deux ingrédients : de l’eau et du miel

D’apparence simple au vu de la courte liste des ingrédients autorisés (miel et eau), la production d’hydromel nécessite un large savoir-faire et des méthodes spécifiques : « Le goût dépend des types de miel utilisés, de la méthode de vinification et de plusieurs éléments. J’ai fait des essais avec tous les miels que j’étais capable de produire, et ça donne des profils gustatifs différents. J’ai donc sélectionné ceux qui m’intéressaient. Ce ne sont pas des grands secrets, mais c’est un ensemble d’éléments qui va influencer le résultat final ».

Cette boisson possède de nombreux points communs avec le vin, de la conception jusqu’à la conservation. Il est donc préférable qu’elle ne soit pas exposée à l’oxygène et à la lumière trop longtemps, au risque de détériorer sa qualité de vieillissement. Sa consommation peut également être comparée à celle d’un vin blanc : « Je le conseille plus pour l’apéritif. Mais comme ça ressemble au vin blanc, il est possible d’accompagner certains plats. Par exemple, je me suis régalé avec du saumon fumé et même avec du brebis, et généralement avec des fromages à pâtes dures. On peut aussi le boire avec un dessert ».

Création d’une marque intitulée « L’Inédit »

Bien qu’apprécié par une majorité de clients, l’hydromel est peu connu en France. Benoît Bourrières s’implique donc sur les marchés et développe peu à peu son réseau pour faire découvrir ce produit, vendu sous sa propre marque « L’Inédit ». Et s’il maîtrise la partie exploitation, l’apiculteur de 40 ans découvre peu à peu les autres aspects du processus de vente : démarchage, marketing, réglementation… « La commercialisation s’effectue auprès de cavistes et d’épiceries fines. Je démarre, donc je cherche des nouveaux partenaires et distributeurs dans le département et les alentours ».

Il sera présent au marché des producteurs à la Chambre d’Agriculture du 20 au 22 décembre. Pour proposer une bonne idée de cadeau à déposer sous le sapin de Noël.

 

La production de l’hydromel

Dans le processus de conception, la partie vinification débute en septembre. Le miel produit durant la première partie de l’année est stocké dans des fûts alimentaires puis versé dans des bidons. L’eau est ajoutée avec un dosage précis. Le contenu est ensuite placé dans une cuve de 1 000 l, au sein de laquelle les levures transforment le sucre en alcool. Après deux semaines de fermentation puis autant de stabilisation, le tout est transvasé dans des cuves plus petites pour laisser décanter la solution des lies, un dépôt naturel qui se forme dans des liquides fermentés. « C’est exactement le même travail qu’un vigneron. Avec la densité que je mesure, je me rapproche de la sucrosité d’un jus de raisin. Comme pour le vin, je crée mon jus et je le mets en fermentation. Et tout le travail de suivi derrière est le même », explique Benoît Bourrières.

Téo Munch

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