« Il faut toujours un véhicule performant pour coller aux attentes » : le car du SUA fait sa révolution
Depuis mi-décembre et le déplacement à Brive, le SU Agen utilise un nouveau car avec plusieurs modifications. Au niveau confort, mais aussi sécurité et surtout environnemental.
Philippe Pascal, gérant de l’entreprise Autocars Pascal, devant le nouveau car du SU Agen. Photo – Téo Munch
De l’extérieur, seul le design semble avoir évolué. Fini l’immense « Agen » blanc et rouge avec l’imposant logo à l’arrière. Désormais, les trois bandes trônent auprès des huit étoiles représentant les titres de champions de France du SUA.
Mais derrière les vitres et la carrosserie du nouveau car, plusieurs détails ont été modifiés. Avec une exigence particulière : « À Agen, le rugby est un sport phare, et le SUA un club mythique. C’est important d’avoir un véhicule au top pour cette équipe, de façon à être irréprochable au niveau du service », reconnaît Philippe Pascal, gérant d’Autocars Pascal. La société agenaise collabore avec le SU Agen depuis plus de cinquante ans, et fournit un moyen de transport au club environ tous les sept ans. « C’est important pour nous en image de marque. Pour ce genre de clients, il faut toujours un véhicule performant pour coller à leurs attentes et pour éviter tout problème technique », explique-t-il.
Un nouveau système de sécurité
Le dernier modèle arrivait à la fin de ce cycle. Une commande a donc été lancée par Autocars Pascal pour fournir un véhicule plus récent. Un an et demi a été nécessaire pour le confectionner, soit deux fois plus qu’avant la pandémie de Covid-19. La fabrication s’est d’abord effectuée en usine, puis une semaine dans les ateliers d’Autocars Pascal pour finaliser la mise en application des exigences du club.
À l’intérieur du car, plusieurs spécificités restent en place, notamment l’espacement entre chaque siège supérieur aux autres exemplaires vendus par l’entreprise. Cette particularité est due à un nombre de places réduites (39 contre une soixantaine habituellement) tout en conservant une longueur de 13 mètres. « Le club fixe cette exigence, mais elle nous paraît évidente dans la mesure où on transporte des personnes qui font presque deux mètres. Et il n’est pas question de faire un car standard où ils auront juste la place pour mettre les jambes », note Philippe Pascal.
Grâce à l’évolution de la technologie, Autocars Pascal a pu apporter quelques modifications à sa production : « En termes de sécurité, on a un système qui permet de détecter si le chauffeur a une petite perte d’attention. Dans ce cas-là, un système dans les sièges va vibrer extrêmement fort de manière automatique ». Niveau confort, le cuir présent sur les sièges laisse place au tissu, tandis que les trois écrans de télévision augmentent leur taille. De plus, dans la liste des points de détails esthétiques mais symboliques : le logo du SU Agen orne désormais les appuis-tête.
Le HVO 100, une avancée majeure
Mais l’une des principales avancées se cache dans le moteur. En effet, Autocars Pascal a fait appel à Péchavy Énergies afin de fournir un carburant HVO 100. Ce gazole, traduit par « huile végétale hydrotraitée », est donc fabriqué à partir d’huiles végétales, de graisses ou de déchets végétaux et animaux. Il permet un taux de décarbonisation d’environ 80 %. Une avancée majeure en vue de la mise en application dans les prochaines années de l’Euro 7, une nouvelle réglementation à l’échelle européenne concernant les émissions d’échappement des véhicules routiers.
« Pour un match de rugby, le déplacement des supporters représente 80 % de l’empreinte carbone. Si nous-même on n’est pas un exemple pour les supporters, c’est compliqué de leur demander de faire des efforts. C’est une belle avancée, et je pense que c’est inspirant pour beaucoup de clubs qui font les déplacements en bus comme nous. Et au vu des kilomètres qu’on fait sur l’année, ça a un réel impact sur notre empreinte carbone », souligne Nathanaël Audubert, assistant stadium manager du SU Agen également chargé de la RSE (Responsabilité sociétale et écologique). Sur les routes de France, le club agenais peut donc se vanter de rouler plus proprement. En attendant de soigner davantage ses résultats.
Un car pas seulement réservé au SUA
Ce nouveau car n’est pas affecté exclusivement au SU Agen. D’abord parce que s’il n’est pas utilisé régulièrement, son coût ne serait pas rentable pour le club. Ainsi, ce véhicule ne circulait « que trois mois dans l’année si l’on met l’ensemble des déplacements bout à bout », estime Philippe Pascal. La société Autocars Pascal le met donc à la disposition d’une partie de sa clientèle, principalement des entreprises et le grand tourisme. « Les gens sont contents de monter dans le véhicule avec le logo SUA, et ils retrouvent un confort maximal à l’intérieur », indique-t-il.
Téo Munch
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