« C’est une magnifique aventure » : un an pour éduquer un futur chien d’assistance
À partir de juin, une Boétienne proposera auprès de familles d’accueil des cours pour éduquer un futur chien d’assistance. Cette expérience enrichissante de douze mois permet de nouer un véritable lien avec l’animal.
À première vue, le concept peut paraître surprenant : « La famille d’accueil récupère un chiot qu’elle n’a pas choisi. Puis elle va le confier à une autre famille qu’elle ne connaît pas. Il faut vraiment se dire qu’on ne le fait pas pour soi ». Mais plutôt dans le but d’éduquer, avec l’association Handi’chiens (lire encadré), un futur chien d’assistance au bénéfice, notamment, de personnes en situation de handicap.
C’est aussi une expérience de douze mois passionnants. Bénévole durant quatre ans, Élisabeth Delorme retrace son parcours avec une joie débordante. « C’est une magnifique aventure », sourit-elle aux côtés de Paddy, éduqué avec les méthodes Handi’chiens et depuis sorti de ce système en raison de problèmes de santé.
Une éducation bienveillante
Habitante à Boé et déléguée de l’association Handi’chiens en Lot-et-Garonne, elle organisera à partir de juin des cours auprès de familles d’accueil bénévoles chargées d’éduquer et de sociabiliser un chiot, généralement âgé de 8 à 9 semaines, pendant 12 mois. Les personnes s’inscrivent en remplissant un formulaire pour identifier quel profil de chien leur sera recommandé. Même si certaines conditions doivent être respectées (pas d’enfant en bas âge notamment), aucun profil type n’est attendu. « Si une famille n’a jamais eu de chien, ce n’est pas un problème. Il faut juste avoir envie, se dire que ça prend du temps et ne pas être figé sur une éducation ».
Car celle-ci est encadrée par Handi’chiens : « On est sur une éducation bienveillante qui récompense les bons comportements et ignore les mauvais. On ne crie pas un “non” au chien pour qu’il s’arrête, parce que ça ne sert à rien et ce n’est pas constructif. On veut des chiens proches de l’Homme pour que la confiance s’inscrive facilement. Ils vont accompagner des personnes fragiles, donc ils ne peuvent pas faire n’importe quoi. Et c’est plus agréable quand les gens disent que notre chien est bien élevé », explique-t-elle.
Des cours deux fois par mois
Avant d’accueillir leur futur compagnon, les familles d’accueil suivront au moins deux leçons pour apprendre le fonctionnement d’un chien et des bases indispensables comme la propreté, les sorties ou l’apprentissage du nom. Ensuite, Élisabeth Delorme donnera des cours collectifs d’environ deux heures tous les quinze jours pour enseigner une vingtaine de commandes techniques à l’aide d’ateliers. Entre ces moments en commun, la déléguée se rendra chez les familles pour travailler individuellement sur d’éventuelles améliorations nécessaires. Cet accueil n’est toutefois pas consacré à la formation pour des personnes en situation de handicap. Ce rôle est réservé à des éducateurs présents dans l’un des six centres de France. D’où l’importance que chaque chien reçoive la même éducation.
Sur une année, les familles doivent faire preuve d’une certaine organisation, notamment pour les vacances. Elles ne sont toutefois pas interdites – loin de là –, puisque les bénévoles peuvent voyager avec leur animal ou solliciter des “familles relais”, qui prennent en charge le chien ponctuellement. De son côté, l’association Handi’chiens couvre les frais de vétérinaire et de nourriture. Elle fournit également un kit avec quelques jeux, laissant à la famille le soin d’acheter des friandises et la mastication, pour une trentaine d’euros par mois.
Au bout des douze mois, la famille laisse le chien repartir dans l’un des centres du territoire. Les futurs bénéficiaires doivent cependant donner des nouvelles de l’animal au moins deux fois par an à la famille d’accueil. Pour prolonger au maximum cette si belle aventure.
C’est quoi Handi’chiens ?
Cette association reconnue d’utilité publique, anciennement ANECAH, est fondée en 1989 par Marie-Claude Lebret, alors professeur au Lycée professionnel agricole d’Alençon dans l’Orne (61). Handi’chiens propose de remettre gratuitement à des bénéficiaires cinq types de chiens : d’assistance pour les personnes en situation de handicap, d’éveil pour les personnes présentant des troubles du spectre de l’autisme (TSA) ou atteintes de trisomie, d’accompagnement social au sein d’établissements médico-sociaux, pour des personnes épileptiques ou encore d’assistance judiciaire auprès des victimes. Depuis sa création, elle a remis plus de 3 500 canidés, dont 126 en 2023.
Téo Munch
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