« J’avais la rage de rattraper celui devant moi » : Clara Lucchini, star montante du sprintcar, trace sa route
Depuis l’âge de 13 ans, la Cassipontine s’engage sur les circuits de sprintcar, une catégorie de sport automobile tout-terrain. Elle raconte cette discipline peu démocratisée en Lot-et-Garonne.
Clara Lucchini est presque née sur un circuit. Elle a en tout cas grandi aux bords des pistes de sport automobile depuis l’enfance. La Cassipontine s’est d’abord essayée à la moto avec son frère durant quelques années. « Puis j’ai voulu essayer autre chose, et j’avais l’âge de commencer le sprintcar », se souvient Clara. Cette discipline, qu’elle connaît depuis l’âge de 4 ans en suivant les courses de son père pilote de 2012 à 2018, est une catégorie de sport automobile tout-terrain encadrée par la Fédération française du sport automobile (FFSA, lire encadré).
Dans le sprintcar (« plus intéressant que le karting, moins dangereux que la moto et moins cher que le buggy »), elle trouve un moyen d’échapper au harcèlement subi au collège. « Quand je me retrouvais sur la piste, j’avais la rage de rattraper celui devant moi. J’étais toute seule sous le casque, j’oubliais mes problèmes autour et je me concentrais sur moi-même », raconte-t-elle.
Des courses presque chaque week-end
C’est donc sur la terre que Clara affiche son fort caractère et un redoutable esprit de compétitivité. Depuis quatre ans, elle progresse à pleine vitesse jusqu’à une quatrième place (et première féminine) du classement général au challenge Corac dans sa catégorie junior sprint la saison dernière. Cette compétition est ouverte à tous les pilotes d’autocross et de sprintcar du Grand Midi.
Elle a également pris la 20e place au championnat de France parmi les 34 pilotes engagés. « Par contre, c’est un autre niveau. Surtout financier parce qu’il y a beaucoup de grosses structures, comme dans tout sport automobile. Mais ça permet d’apprendre énormément. On fait avec nos moyens, et on a les partenaires qui suivent. On se suffit de ce qu’on a car ça doit rester un plaisir », reconnaît la maman, Laure Buzzighin.
Presque chaque week-end pendant sept mois, la « team Lucchini » se déplace sur les épreuves pour soutenir la monoplace 43 aux quatre coins de la France. Malgré la boue de certains jours pluvieux, l’ambiance côté spectateur est systématiquement au rendez-vous. « Dans l’autocross, on retrouve un esprit de solidarité. Les gens s’aident quand il y a un problème. On fait de supers connaissances, dont certaines sont devenues des personnes importantes pour nous », confie la mère.
La vitesse peut atteindre 115 km/h
Le soutien de la famille est essentiel dans cette aventure. « C’est un sport d’équipe. Si on n’est pas passionné, ça ne marche pas. On ne pourrait rien faire tout seul, c’est trop de travail », remarque le père, Frank Lucchini. Avec le papa pour le côté mécanique et la maman aux manettes de la logistique, Clara peut se concentrer pleinement sur ses performances.
De leurs côtés, les partenaires permettent de financer environ la moitié des dépenses nécessaires sur une saison. En 2024 par exemple, la famille a dû débourser pas moins de 2 860 euros pour s’engager sur les courses, 1 400 de carburant ETS, 8 500 pour les pièces et 7 200 de frais de déplacement. Sans compter le prix de la voiture (dont la vitesse peut atteindre les 115 km/h), à hauteur 16 000 euros. Autant dire que l’addition se montre salée à l’heure de faire les comptes. « Je sais ce que mes parents et les partenaires mettent dans le kart, donc je connais sa valeur. Des fois je vais au front et je tente de doubler, mais j’essaie de ne pas toucher », concède-t-elle.
Aujourd’hui âgée de 16 ans, Clara s’avance vers 2025 avec une nouvelle monoplace. Les objectifs seront la victoire au classement général du challenge Corac et au moins un podium en championnat de France. Cette occasion peut se présenter dès la première course le week-end du 18 avril à Mauron (Morbihan). Verra-t-on enfin « Mazou » monter sur la boîte de la compétition nationale ? À coup sûr, elle donnera tout une fois en piste, comme toujours.
Les catégories de sprintcar
Parmi les nombreuses disciplines encadrées par la Fédération française du sport automobile (FFSA), on retrouve le rallye, le circuit, la montagne, le drift, les véhicules historiques de compétition (VHS), le karting et enfin le tout-terrain. Ses épreuves se déroulent sur des circuits dont l’enrobage n’est pas uniquement composé d’asphalte mais majoritairement de terre. Il est lui-même composé de plusieurs spécificités : le 2CV cross, le fol’car, le rallycross, le camion cross ou encore l’autocross et le sprint car. Quand l’autocross regroupe principalement les catégories de buggies (super buggy, buggy 1600, buggy cup, maxi tourisme et tourisme cup), le sprintcar en comprend quatre : junior sprint (ouverte aux âges de 12 à 18 ans, et les véhicules doivent être équipés d’un moteur bridé Kawazaki ER-6 de 649 cm3), maxi sprint (même moteur, mais sans la bride et la limite d’âge), super sprint (moteurs Yamaha YZF R6, Kawazaki ZX600 et Suzuki GSXR de 600 cm3, ou Yamaha MT09 de 850 cm3) et sprint girl (même monoplace que le super sprint, mais réservé aux femmes).
Téo Munch
Laisser un commentaire