Le journalisme d’investigation, quel remplaçant ?

Le journalisme d’investigation, quel remplaçant ?

À l’image du « Complément d’enquête » consacré à Jordan Bardella, président du Rassemblement National, le journalisme d’investigation est un genre essentiel dans notre société. Mais il n’est pas sans risques.


Jordan Bardella, en janvier 2014, au micro de France Bleu. ( Crédit photo : Capture d’écran / France 2 )

Le journalisme est régulièrement, et de plus en plus, décrié. Manque de diversité, contrôle par les différents milliardaires propriétaires des grands médias, déconnexion avec la réalité, … Certains reprochent aussi aux journalistes de réaliser des enquêtes « à charge ». L’émission « Complément d’enquête », présentée par Tristan Waleckx depuis 2021, subit régulièrement ces critiques à chaque épisode. Ce journalisme, dit « d’investigation », est pourtant essentiel à la divulgation d’informations, cachées derrière des systèmes ou des discours de façade bien rodés. L’épisode consacré à Jordan Bardella, président du Rassemblement National, en est l’exemple type.

Diffusé le 18 janvier 2024 sur France 2, l’enquête retrace le parcours de ce « grand remplaçant », mais aussi ses controverses. On pourrait donner l’exemple d’un compte Twitter anonyme utilisé, selon cette enquête, par l’actuelle tête de liste du RN aux élections européennes, de 2015 à 2017. Par respect des règles déontologiques du métier, la parole est donnée (ou proposées) aux différentes parties. C’est ainsi que l’ont retrouve les avis de Marine Le Pen, très proche de Bardella, mais aussi Pascal Humeau, ancien conseiller en communication depuis fâché avec son ancien client. L’interview finale est d’ailleurs accordée à Thierry Mariani, eurodéputé du parti d’extrême droite. La présence de proches, ou anciens proches, participe à la fiabilité du propos.

La multiplication des sources, essentielle, est également utilisée dans cette enquête, notamment dans l’affaire du faux compte Twitter. Elle permet en effet une crédibilité auprès du public, et de pas de provoquer une accusation infondée qui, à cette échelle, peut être dangereuse pour la personne (en l’occurrence Bardella dans cet épisode) et pour la profession. Ce sont pour ces raisons que le journalisme d’investigation est aussi difficile qu’important. Faute de remplaçants.

 

Lien de l’enquête : « Complément d’enquête ». Jordan Bardella : le grand remplaçant (francetvinfo.fr)

Téo Munch

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