« On va se demander comment changer nos habitudes » : l’agriculture face au défi climatique
Le jeudi 23 janvier, l’ACMG tiendra sa journée technique annuelle dédiée au réchauffement climatique, afin de présenter des solutions pour faire face à ce défi majeur pour le secteur.
Jean-François Berthoumieu, Agathe Olive-Gago, Claude Crouzet, Philippe Sfiligoï et Pascal Gouget devant les locaux de l’ACMG à Sainte-Colombe-en-Bruilhois. Photo Téo Munch
C’est l’heure du bilan pour l’association climatologique de la moyenne-Garonne (ACMG). Elle organisera le jeudi 23 janvier à la salle des fêtes de Saint-Hilaire-de-Lusignan sa journée technique annuelle dédiée au réchauffement climatique.
Après une édition 2024 annulée durant les actions de syndicats agricoles, elle présentera d’abord un bilan de l’année « exceptionnelle notamment en termes de pluviométrie », estime Agathe Olive-Gago, directrice adjointe. « Il y a eu peu de chaleur et beaucoup de pluies qui ont fait que l’agriculture qui récolte en première partie d’année a souffert. Alors que celle qui récolte à la fin de l’été s’en est mieux sortie. C’est pour ça qu’il est nécessaire pour un agriculteur d’être aussi polyculteur », note de son côté le directeur, Jean-François Berthoumieu.
Solutions reposant sur l’eau et le végétal
Le dérèglement climatique est une menace à court terme pour l’agriculture, comme le montrent les derniers épisodes de gel. Celui-ci a provoqué de nombreux dégâts sur les différentes cultures de la région et à l’échelle nationale. « Avec le réchauffement climatique, on peut penser qu’il y aura moins de gel, mais ça fait quelques années qu’on a des périodes où les producteurs sont touchés », remarque Jean-François Berthoumieu.
L’association souhaite proposer des solutions pour faire face au dérèglement climatique, devenu une menace à court terme pour le secteur. Elles reposent majoritairement sur l’eau et le végétal qui sont « un moyen de climatiser ». D’où la nécessité de réaliser des économies d’eau lorsque cela est possible, grâce à un travail de gestion et d’optimisation de l’irrigation. « On veut essayer de dire que quand il ne fait pas trop chaud, on doit économiser l’eau, et faire en sorte d’apporter juste ce qui est nécessaire, ne pas gaspiller afin de la garder pour les jours où il fait 40°C ou davantage », explique-t-il.
« On pensait qu’on maîtrisait la lutte contre le gel »
Une remise en question des connaissances actuelles est également nécessaire selon l’ACMG : « On pensait qu’on maîtrisait la lutte contre le gel. Mais avec les mesures, on a vu une explication qui n’était pas celle qu’on nous avait enseignée. On va donc se demander comment changer nos habitudes. Par exemple, on ne s’est pas rendu compte que tout était asséché. L’herbe a pompé l’eau des sols, qui se sont retrouvés secs. Ils ne pouvaient pas être conducteurs de la chaleur. Et les nuits de gel, l’énergie n’est pas remontée du sol ».
Parmi les clés de cette lutte, l’association climatologique évoque le bio-charcoal, un charbon d’origine végétale obtenu en brûlant de la biomasse. « Le biochar permet de ne pas émettre de dioxyde de carbone, de conserver le charbon en le mettant dans les sols. Le charbon est très poreux, et l’eau peut y être stockée. On peut donc récupérer cette biomasse et la pyrolyser (décomposition chimique sous l’action de la chaleur) pour récupérer de l’énergie, garder le carbone dans les sols pour améliorer son fonctionnement et séquestrer le carbone. C’est la solution pour empêcher que la quantité de dioxyde de carbone de l’atmosphère continue d’augmenter », estime Jean-François Berthoumieu. Un optimisme bienvenu dans ces moments de doute.
Téo Munch
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