« On veut proposer une alternative aux autres modes de transport » : les trottinettes électriques avancent vers la démocratisation à Agen
La société Bird, qui fournit les trottinettes électriques en libre-service à Agen, a révélé quelques chiffres sur l’utilisation de ces engins motorisés dans la ville. Avec l’objectif de développer davantage sa zone d’opération.
En quelques années, les trottinettes électriques ont pris une place importante dans les villes. Agen n’échappe pas à la règle et propose depuis 2022 ces engins motorisés en libre-service. La société de micro-mobilité américaine Bird, fondée en 2017 et présente dans une dizaine de collectivités en France, avait alors été choisie par la municipalité pour développer ce service au sein de sa commune. Un peu moins de trois ans après son arrivée, elle a fourni quelques chiffres sur l’utilisation de la trottinette électrique sur le territoire agenais.
700 utilisateurs actifs
En 2024 notamment, 36 737 trajets ont été effectués avec une moyenne de 103 par jour. Ces données représentent environ 1,52 tonne de CO2 évitées. « On estime que 10 % des trajets en trottinette remplacent ceux en voiture. Et sur la base de ce pourcentage, on calcule la somme des tonnes de CO2 évités », relate Ingrid Lanoë, directrice des affaires publiques chez Bird.
De plus, la société comptabilise près de 700 utilisateurs actifs ayant recours à ce service au moins une fois par mois, avec 61 791 kilomètres parcourus sur l’ensemble du centre-ville. « On a une bonne base d’utilisateurs actifs et un usage stable tout au long de la semaine, donc pour des trajets du quotidien. On a une forte utilisation en fin de journée, cela veut dire qu’on propose une alternative aux autres modes de transport aux heures de pointe. Pour nous, c’est plutôt positif et on voit une bonne utilisation », remarque-t-elle. En effet, plus de 93 % des usagers terminent leurs trajets jusqu’aux emplacements de parking, sur les 105 trottinettes déployées en moyenne chaque jour.
Étendre le dispositif
Quelques modifications sont cependant à prévoir, notamment sur la zone couverte par le dispositif. Aujourd’hui, elle s’étend de la gare jusqu’au stade Armandie, en passant par le parking Gravier et l’avenue Jean-Jaurès. Une délimitation inchangée depuis la période d’expérimentation. L’idée est donc d’ouvrir cet espace à l’ensemble de la ville : « Tout Agen n’est pas couvert, ce qui peut arrêter des trajets. C’est notre piste de travail pour que les habitants utilisent plus les trottinettes et remplacent des trajets en voiture. On souhaite que chacun puisse utiliser la trottinette comme un vrai moyen de transport ».
Elle note également une distance moyenne par trajet de 1,6 kilomètre, bien inférieure à des villes comme Cherbourg ou encore Laval où est également implanté Bird. Les pistes de réflexion s’étendent également sur la politique des transports de la ville, avec des animations territoriales et des ateliers de prévention routière.
La trottinette ne fait pas l’unanimité
Plusieurs accidents ont divisé les Agenais sur l’utilisation des trottinettes électriques en ville. Notamment en février 2023, lorsqu’une conductrice avait heurté un enfant de 5 ans qui traversait le boulevard de la République pour rejoindre sa mère. Ce dernier souffrait alors d’une triple fracture au foie et avait dû être transféré à l’hôpital Pellegrin de Bordeaux. Certains habitants avaient alors dénoncé le risque représenté par ces engins motorisés et la cohabitation difficile entre les différents usagers. Il est donc utile de rappeler que les deux-roues motorisés sont soumis aux mêmes règles que les véhicules. Les usagers doivent ainsi mettre pied à terre en zone piétonne, sous peine d’amende de 150 euros. L’application Bird indique par ailleurs les zones à circulation interdite, à savoir les espaces verts et les parkings. Elle rappelle également que la circulation autour du boulevard République, de la rue de la Grande Horloge jusqu’à celle de Belfort, est réduite.
Téo Munch
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