Un intérêt national pour le local
‘’Ce qu’on ne voit pas’’, proposée au CAPC de Bordeaux et consacrée à l’artiste Jean Sabrier, est une exposition labellisée ‘’d’intérêt national’’ par le ministère de la Culture.
Dès la première salle de l’exposition ‘’Ce qu’on ne voit pas’’, la diversité des œuvres de Jean Sabrier est flagrante ( Crédit photo : Téo Munch )
C’est au quatrième et dernier étage du CAPC, le musée d’art contemporain de Bordeaux, qu’a trouvé sa place l’exposition ‘’Jean Sabrier, Ce qu’on ne voit pas’’, ouverte au public jusqu’au 28 avril. L’accès, rendu possible en passant par l’atelier et après avoir enjamber quelques marches d’un large escalier, permet cependant de prendre connaissance des autres événements proposés au sein du musée, comme celui consacré à l’artiste danoise Nina Beier qui ouvrira le 8 mars prochain. Concernant Jean Sabrier, le CAPC a cette fois décidé de mettre en avant une personnalité locale.
C’est notamment pour cette raison qu’elle a été labellisée ‘’Exposition d’intérêt national’’. Ce label « encourage des projets ambitieux, au cœur des territoires et au plus près des citoyens », selon le ministère de la Culture. « C’est un artiste local mais qui reste assez méconnu », explique Gilles Baume, responsable des équipes de communication du musée. Cette exposition est donc un « hommage » à cet artiste né à Cestas en 1951 et ayant toujours vécu à Bordeaux.
Mais c’est davantage la richesse de l’ensemble de l’œuvre du créateur qui a retenu l’attention du ministère pour cette labellisation. La première salle, intitulée ‘’À vue de nez’’, contient par exemple des œuvres bien différentes, d’une peinture ‘’classique’’ à une création en verre en passant par une animation informatique. Gilles Baume rappelle cependant que l’attribution de ce label est « rare, car il faut un intérêt scientifique ». En effet, seulement vingt-trois structures ont été labellisées ‘’d’intérêt national’’ en 2022.
« Une démarche artistique a un intérêt scientifique », estime Gilles Baume. Et Jean Sabrier en est le parfait exemple, avec de nombreux travaux utilisant la géométrie et les sciences dures. Le mazzocchio, un objet géométrique d’une forme complexe et utilisé par d’autres artistes comme l’Italien Paolo Uccello, est notamment présent dans de nombreuses représentations de Jean Sabrier.
L’obtention de ce label s’accompagne d’une enveloppe attribuée par le ministère, « qui ne dépasse pas 20 000 € » selon la DRAC. Un somme qui peut varier en fonction du budget demandé par le musée, les capacités de l’établissement mais aussi la taille de l’enveloppe nationale réservée à ce label. Le CAPC ayant reçu cette somme maximale, elle représente une aide non-négligeable pour l’organisation des expositions. La labellisation ‘’d’intérêt national’’ ne permet cependant pas d’attirer un large public. Il s’adresse plutôt à des spectateurs « plus avertis », d’après Gilles Baume.
Après un quart d’heure de visite des plus de soixante-dix pièces proposées par cette exposition, qui peut être parcourue dans les deux sens, il suffit de redescendre les quelques marches du large escalier et d’emprunter la sortie du musée.
Téo Munch

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