PORTRAIT. « Il criait énormément la nuit » : Tiegan aux petits soins pour D’Jo, son American Staff
Tiegan Overton, 24 ans, accueille depuis septembre un jeune chien chez elle, à Sainte-Livrade, en attendant que celui-ci retrouve une famille. Récit d’une histoire remplie de passion.
Ce petit chien court partout, prêt à jouer avec qui le souhaite. À première vue, il est difficile d’imaginer l’histoire de cet American Staffordshire Terrier. « Ce sont des choses qu’il ne pouvait pas faire avant », rappelle pourtant Tiegan Overton. Depuis septembre, elle s’occupe de D’Jo en tant que famille d’accueil. Ce penchant pour les animaux date de l’enfance, quand un jour son chat attrape un lapin sauvage. Blessé, la famille le gardera et prodiguera des soins. « Je pense que ma passion pour les animaux vient de là », explique-t-elle.
Depuis, elle a effectué une première année de licence bien-être et comportement animalier en Angleterre vers l’âge de 20 ans, puis est revenue en France pour effectuer un service civique au centre de faune sauvage à Nantes. Elle suit actuellement des formations d’assistant vétérinaire et de soigneur animalier en parc zoologique. Avec son copain, elle accueille dans sa maison à Sainte-Livrade-sur-Lot une chienne nommée Aine (prononcez Onia, un prénom irlandais), deux chats et autant de lapins.
Un attachement immédiat
C’est en effectuant un stage à la clinique vétérinaire Beauséjour de Villeneuve-sur-Lot qu’elle rencontre D’Jo. Ce chiot a été victime d’une attaque de chien lorsqu’il avait seulement quatre mois. Il s’en sort avec trois fractures. « Il n’était pas bien du tout. Je m’en occupais, je le nourrissais et je le sortais parce qu’il ne pouvait pas se mettre debout. Pour aller aux toilettes dehors par exemple, c’était impossible », reconnaît-elle.
Leur chemin se sépare quand D’Jo est emmené à Agen pour se faire opérer, et Tiegan Overton est embauchée à la clinique vétérinaire Aliénor. Là-bas, elle croise un membre de Quat’Pattes 47. Cette association prend en charge les soins du petit chiot. Elle se renseigne donc pour être sa famille d’accueil.
Des difficultés la première semaine
Une idée qu’elle avait déjà en tête avec son copain : « On s’est dit qu’on aimerait bien adopter un autre chien, que ça soit un chiot ou un adulte. Sauf qu’on n’avait jamais eu de chiots auparavant. Donc notre but était de faire famille d’accueil pour voir comment notre chienne allait réagir, et si on pouvait assumer deux responsabilités. On n’était pas censé le faire aussi tôt, mais D’Jo m’a fait craquer. Il me faisait de la peine, il n’était vraiment pas bien ».
Elle l’accueille donc chez elle. Pendant un mois, D’Jo doit rester en cage car il doit limiter ses mouvements afin de permettre à ses blessures de bien cicatriser. L’adaptation est difficile, et la première semaine se montre particulièrement intense. « Il ne pouvait pas aller aux toilettes, il n’avait pas la force de se tenir. Donc il s’urinait dessus dans sa cage. Avant de partir travailler le matin, il fallait la nettoyer. Il criait énormément la nuit aussi », détaille-t-elle.
Le temps de la séparation
Famille d’accueil durant quatre mois, elle prévoit de le rendre à l’association en janvier. Avec certes, un pincement au cœur… Jusqu’à envisager un moment de le garder. À ce stade, Tiegan envisage de partir pour l’Angleterre. Impossible donc de garder D’Jo, car sa race (American Staffordshire Terrier), est interdite outre-Manche. « On peut avoir des dérogations, mais il devra porter une muselière et être baladé en laisse tout le temps. Et on trouve que ce n’est pas une vie pour un chien. »
Pour autant la jeune femme est heureuse d’avoir non seulement accueilli un chien, mais aussi d’avoir aidé l’association Quat’Pattes. Et de conseiller : « Je pense aussi que ça peut être intéressant pour chaque personne qui veut adopter un animal de commencer par faire famille d’accueil. Déjà pour aider une association, mais aussi pour se rendre compte réellement de ce que c’est d’avoir des animaux ».
Téo Munch
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