VIDÉO. « La pluie traversait les tuiles » : à Agen, des travaux spectaculaires ont débuté sur la toiture de l’église des Jacobins
Depuis ce lundi, une structure en forme de parapluie est installée par la société lotoise RBMH sur la toiture de l’église désacralisée. Objectif de cette mise en place : la restauration de la couverture de l’édifice.
« Quand on est un peu en haut de la ville, on voit la toiture entièrement verte. Des arbres ont poussé sur les chéneaux du dernier étage, et la pluie traversait même les tuiles. À l’intérieur, il y avait d’énormes alvéoles d’eau sur les voûtes. Lors des petits épisodes de tempête, il pleuvait dans les Jacobins », énumère Adrien Enfedaque, conservateur du musée des Beaux-Arts d’Agen dont le lieu d’exposition est installé dans l’église désacralisée.
Un chantier divisé en trois étapes
Classé au titre des monuments historiques depuis 1904, l’édifice devait donc subir d’importants travaux qu’il n’avait plus connus depuis près de trente ans. « On en a besoin pour les événements à venir, notamment une grande exposition de fin de mandat sur le XVIIIe siècle qui doit avoir lieu à la fin de l’année », ajoute-t-il. Après avoir installé les échafaudages fin 2024, la société RBMH, qui est déjà intervenue sur la cathédrale de Cahors ou encore l’abbatiale de Souillac, s’est vue confier la partie couverture du chantier.
« On recouvre environ un tiers de l’église. Une fois qu’on aura terminé la première partie de restauration, on fera glisser la structure sur la deuxième puis la troisième. Dans le même temps, on démontra la première partie de l’échafaudage pour la déplacer », explique Mathieu Attales, conducteur des travaux pour l’entreprise basée dans le Lot et spécialisée dans la restauration de monuments historiques et du patrimoine.
Rénovation de la toiture jusqu’à l’automne
Pour ce faire, RBMH s’appuie sur un système de roulement afin de manipuler plus facilement les immenses structures en même temps que l’avancée du chantier. « Ce système s’est imposé pour plusieurs raisons, notamment parce que c’est très compliqué de venir avec une grue de type PPM qui n’arrive pas à passer dans les rues autour de l’église. Donc on utilise des grues de type MK à levage droit », remarque-t-il. Le levage est assuré par la société Dartus Levage, basée à Colayrac-Saint-Cirq.
La première partie de la rénovation sera axée sur la toiture et ses deux versants, en plus des chéneaux. Elle devrait durer jusqu’à l’automne, avant de se concentrer sur la charpente et les vitraux. « Il y aura également des finitions à faire jusqu’à début décembre dans les petites cours intérieures que les gens ne voient pas depuis la voie publique. Dans un deuxième temps, sans doute à partir de 2026, il faudra aussi faire des travaux sur les maçonneries. Mais les toitures arrivaient à bout de course », indique Adrien Enfedaque. Le montant est estimé à 1 031 843,22 euros hors taxe. Une somme nécessaire pour que l’église des Jacobins retrouve enfin sa beauté d’antan.
Téo Munch et Valentin Vié

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