« On chante tous la Marseillaise, un peu comme dans un stade » : un Agenais raconte son service national universel

« On chante tous la Marseillaise, un peu comme dans un stade » : un Agenais raconte son service national universel

Alors que le budget 2025 de l’État prévoit de diminuer les crédits alloués au service national universel (SNU), certains jeunes mettent en avant l’expérience humaine vécue pendant une quinzaine de jours. Samuel Viauvy, aujourd’hui âgé de 18 ans, revient sur sa participation au dispositif en 2022.

Samuel Viauvy, aujourd’hui âgé de 18 ans, a réalisé son SNU en 2022. Photo – S.V.

À l’heure où le service national universel (SNU) se voit plus menacé que jamais (lire encadré), les souvenirs reviennent pour nombre d’étudiants ayant participé à ce dispositif. Samuel Viauvy, un Agenais de 18 ans, s’est engagé au SNU en juin 2022 sur le conseil de ses parents. Alors au lycée Jean-Baptiste de Baudre d’Agen, il s’est rendu deux semaines dans le Pays basque accompagné d’autres jeunes issus du même établissement. « Ma première motivation a été Parcoursup. Ça montrait que j’avais fait quelque chose pendant l’été, et pas juste joué à la console avec mes copains », reconnaît-il.

La levée de drapeau comme moment fort

Son état d’esprit évolue dès les premiers jours, surpris par la camaraderie omniprésente chez les 200 engagés : « On est avec beaucoup de gens du département et de la région qu’on ne connaît pas. Je n’avais jamais eu d’expérience où je vivais deux semaines tout le temps avec des personnes, hormis mes parents. Je n’étais pas habitué, donc c’était une expérience particulière ». Même s’il n’est pas resté en contact avec les jeunes venus d’ailleurs, l’Agenais s’est rapproché de certains camarades de son lycée grâce à cette quinzaine de jours passée ensemble.

Au cours de la journée, s’étalant du levé à 7 heures jusqu’à 22 h 30, plusieurs activités étaient réalisées, principalement en intérieur à cause de la canicule. En dehors de tous les moments conviviaux autour d’un barbecue ou d’un jeu de cartes, la traditionnelle levée de drapeau peu après 8 heures reste aujourd’hui comme un souvenir marquant de ces deux semaines. « J’étais dans l’une des rares sections qui la faisait quasiment tous les jours. Il y a un esprit de communion patriotique. On est tous ensemble en train de chanter la Marseillaise, un peu comme dans un stade », compare-t-il.

Cinq mois à la Maison de l’Europe

Lors du stage obligatoire de 84 heures entre septembre 2022 et janvier 2023, Samuel a préféré la Maison de l’Europe à l’armée. Là aussi, il retient l’enrichissement personnel nourri auprès des enfants comme des retraités. « On nous donnait plusieurs missions, notamment créer des jeux pour les enfants sur plusieurs thématiques : bien manger, l’importance des minéraux dans l’eau minérale… C’est toujours très sympa et ça m’a permis d’en apprendre plus sur l’Europe. En étant jumelés avec une ville espagnole, on a aussi pu échanger avec des Espagnols en visioconférence. Ça m’a permis de parler à des personnes avec des âges différents, puisqu’on est intervenu dans des garderies mais aussi dans des maisons de retraite », se souvient-il.

Samuel a « toujours voulu être ingénieur » et étudie actuellement en première année de prépa PTSI au lycée Gustave-Eiffel de Bordeaux. « Ça n’a pas changé mon orientation, mais j’ai songé à prendre “langues, littératures et cultures étrangères” (LLCE) après la seconde. Finalement, j’ai conservé la physique-chimie pour des choix d’orientation », relate-t-il. Il en repart plutôt grandi et des souvenirs plein la tête.

 

320 jeunes inscrits en Lot-et-Garonne cette année

Le service national universitaire (SNU), l’une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron en 2017, a été lancé deux ans plus tard par le Premier ministre Édouard Philippe pour les jeunes de 15 à 17 ans. L’État mettait alors en avant « l’occasion unique de créer des liens et de développer votre culture de l’engagement ». Gabriel Attal, locataire de Matignon de janvier à juin 2024, avait annoncé sa généralisation à tous les lycéens lors de la rentrée 2026. Aujourd’hui, de nombreux organismes dénoncent l’inefficacité du dispositif. Dans un rapport publié en septembre, la Cour des comptes relevait « l’absence d’horizon clair, l’insuffisante planification des moyens nécessaires à sa montée en charge et un dispositif sans pilotage budgétaire dont le coût est largement sous-estimé ». En Lot-et-Garonne, le nombre de jeunes engagés au SNU a considérablement augmenté, passant de 54 en 2021 à 320 inscrits cette année. Au total, 1 090 étudiants ont participé à ce service depuis sa création, selon l’académie de Bordeaux.

Téo Munch

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