Christophe Royer : « la flamme olympique, c’est toute ma vie »

Christophe Royer : « la flamme olympique, c’est toute ma vie »

Christophe Royer, à son domicile de Val-de-Virvée. ( Photo TM )

Christophe Royer ne passe pas par quatre chemins : « pour moi la flamme olympique, c’est tout ce que j’ai pu faire dans le sport et dans la société. C’est toute ma vie. Alors la porter, ça serra un des meilleurs moments de ma vie. Je ne sais pas comment dire à quel point je suis content ». Et on le comprend.

Dès l’enfance, alors qu’il grandit en région parisienne à Bonneuil-sur-Marne, il se passionne pour les grandes stars du monde sportif. « Dans ma tête, quand je courrais sur un parking, j’étais Carl Lewis ». Il rêve devant les exploits de la légende américaine de l’athlétisme, mais aussi ceux de Marie-José Perec, Patrick Edlinger ou encore Philippe Sella. Bien qu’il ait pratiqué le rugby pendant près de trente ans, Christophe Royer aime « tous les sports. Même le curling ».

 

Le plus important, c’est de gagner

 

Le sport lui a surtout apporté les valeurs qu’il prône aujourd’hui, comme « l’humilité, l’abnégation, la résilience, le travail ». Et une chose et sûr : il n’aime pas perdre. « Je suis Français, donc je gagne », insiste-t-il. La fameuse citation de Pierre de Coubertin, fondateur des Jeux Olympiques modernes – « le plus important, c’est de participer » -, ne lui ressemble pas vraiment.

Mais il n’a jamais eu envie d’en faire une carrière. À la fin de son adolescence, il s’oriente vers un CAP « pâtissier, chocolatier, glacier, confiseur. On faisait des vrais diplômes avant ». Après son service militaire, il effectue quelques boulots avant d’intégrer en 1992 son premier laboratoire, Septodont. Il y reste pendant près de huit ans, avant de rejoindre Aventis, qui fusionne avec Sanofi en 2004 (pour l’anecdote, il embauche le 4 septembre 2000, le lendemain de la naissance de son premier enfant). Muté en 2006 à Ambarès-et-Lagrave, Christophe Royer travaille toujours au sein de l’entreprise française, désormais en tant que coordinateur méthodes process. Et petit coup de pouce du destin : Sanofi étant partenaire des Jeux cette année, il a pu candidater (et être retenu) pour porter la flamme olympique.

 

Passionné des Jeux Olympiques

 

L’histoire entre Christophe Royer et les Jeux ne date pas d’hier. Il suit toutes les éditions depuis le plus jeune âge avec sa mère, également une grande passionnée. « Encore plus que moi », précise-t-il. Devant sa télé, il admirait la cérémonie d’ouverture des Jeux de Barcelone en 1992, durant laquelle l’archer Antonio Rebollo avait allumé la vasque olympique avec une flèche enflammée. Cette même année, lors des JO d’hiver organisés à Albertville, il est DJ dans une boîte de nuit à Peisey-Nancroix, à quelques kilomètres des épreuves de ski de vitesse. Mais c’est bien à Saint-Émilion le 23 mai qu’il participera réellement à l’histoire de cet évènement mondial. Il n’y croit toujours pas. « Porter la flamme… » Christophe Royer peine à trouver les mots pour décrire son ressenti, mais l’émotion parle pour lui.

Il est tout aussi ému lorsqu’il évoque son amour pour la France, son histoire et ses valeurs. « Je crois profondément au slogan ‘’liberté, égalité, fraternité’’. Cet été on va montrer la Révolution, De Gaulle, les frères Lumière, Balzac… On est les meilleurs ! », s’exclame-t-il. Les Jeux Olympiques seront donc l’occasion de « montrer au monde entier qu’on sait recevoir. Soyons classes pendant deux mois », lance Christophe Royer comme un cri du cœur.

 

« Il faut s’entendre malgré nos différences »

 

Il s’inquiète pourtant de l’avenir. Aujourd’hui père de deux enfants (Marine âgée de 23 ans, Tom âgé de 20 ans), Christophe Royer estime que la société n’est plus la même. « Je pense que l’échec est plus stigmatisé aujourd’hui. Avant, on n’était pas jugé parce qu’on ratait. Un enfant apprend à marcher parce qu’il tombe, pas parce qu’il sait déjà marcher. Et puis je pensais que la question des femmes et des homosexuels était finie… Il faut s’entendre malgré nos différences ». Sa vie associative, notamment pour la cause LGBT, montre son engagement contre tout type de discrimination. Il regrette par ailleurs ne pas avoir été retenu en tant que volontaire pour les Jeux Paralympiques. « Mais j’aime quand même cette époque », rassure-t-il. À 52 ans, il lui reste encore des expériences à vivre dans ce monde. À commencer par porter la flamme olympique. Rien que ça.

Téo Munch

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