Mario Aznar Pueyo, une vie de sport
Le Cavignacais portera la flamme olympique le 23 mai à Saint-Émilion. Cet amoureux du sport vivra l’expérience d’une vie, qu’il partage déjà avec ses compatriotes cavignacais.
Mario Aznar Pueyo aux côtés d’un des panneaux publicitaires présents dans les rues de Cavignac. ( Photo TM )
Après une vie entièrement dédiée au sport, Mario Aznar Pueyo s’apprête à vivre une expérience inoubliable. Porter la flamme olympique, ce symbole universel du sport passé dans les mains des plus grands athlètes du l’histoire. Un moment unique dont beaucoup se seraient vantés. « Mais c’est plus une fierté collective que personnelle, juge-t-il. Ça serait un peu égocentrique de faire la chose pour soi car malgré l’affichage médiatique que j’aurais pu avoir, demain on ne se souviendra plus de moi. Sans les uns, les autres n’existent pas ». Ainsi peut-on résumer son esprit collectif, cultivé notamment grâce à la pratique du football pendant près de 30 ans.
Né à Cavignac en 1958 d’un père immigré espagnol et d’une mère fille d’immigrée, Mario Aznar Pueyo grandit à deux kilomètres de son village de naissance, avant d’y revenir à l’âge de six ans. C’est à ce moment-là qu’il découvre le football. « J’avais un voisin qui jouait au foot. C’était la seule activité qu’il y avait à Cavignac ». Il évolue d’abord au sein de l’ASRDM (Association sportive Reignac Donnezac Marsillac), puis à Pugnac après la fusion de son premier club.
D’entraineur de foot à coach sportif
À la suite d’un bac gestion à Libourne – « le fameux bac G de Michel Sardou » -, il devient éducateur à 18 ans, en parallèle de courtes études universitaire à Bayonne. « Destiné à devenir expert-comptable », il arrête sa formation au bout de deux ans pour des « problèmes de santé ». Un changement de règlement des diplômes et le rallongement des études finissent de le convaincre de revenir chez lui afin de se consacrer à sa passion : le football.
Il prend alors en main une jeune équipe de Cavignac, qu’il entrainera jusqu’à la catégorie “sénior“. « J’ai pris les enfants à six ans, et je les suivais à chaque fois qu’ils montaient d’une catégorie. Puis je leur ai promis que quand ils passeraient en sénior, je viendrais boucler la boucle. J’ai donc quitté mon club, l’ASRDM, et joué une saison avec eux en tant qu’entraineur-joueur. L’aventure que j’ai vécue avec eux, peu d’éducateurs ont eu la chance de la vivre ».
Mario Aznar Pueyo met un terme à ses activités footballistiques à 35 ans. Mais pas au sport. « Quand j’ai arrêté le foot, j’ai fait le marathon du Médoc. J’ai aussi fait l’Ardéchoise en vélo ». Il dispute également le championnat de Gironde de tennis de table, et installe par la suite quelques tapis chez lui « pour s’entretenir ». Ainsi, il décide peu à peu d’ouvrir une salle de sport sous forme associative. Il entraine alors des amateurs en musculation et organise des cours de gymnastique. En parallèle de sa vie sportive, il dirige un magasin de prêt-à-porter pour gagner sa vie puisqu’il entrainait en tant que bénévole pour le club de Cavignac. Il fermera cette salle en 2020, quatre ans après le décès de sa femme, comme il le raconte non sans émotion : « les gens qui venaient m’ont poussé à continuer, mais un ressort a été cassé ». Et la pandémie de Covid n’a fait que baisser sa motivation.
Il s’éloigne un temps du sport, avant de reprendre en fin d’année dernière. « À partir du moment où tu as goûté relativement jeune au sport, ça devient un mode d’équilibre de vie », estime-t-il, avant d’improviser un bref cours de biologie : « quand l’athlète fait du sport, il crée de la dopamine naturellement. Certains athlètes de haut niveau ont été tellement habitués à fabriquer une grande quantité de dopamine que lorsqu’ils arrêtent le sport, ils n’en sécrètent plus et sont obligés de se faire suivre sur le plan psychologique ».
Une pratique du sport depuis l’âge de six ans
Le ballon rond et le sport dans son ensemble représentent donc bien plus qu’une simple occupation. De l’âge de six ans jusqu’à la retraite, Mario Aznar Pueyo n’a jamais arrêté le sport. Une passion dont il n’a cependant pas héritée. « Mon père aimait le sport, mais dire qu’il était sportif, non. Il n’a jamais pratiqué d’activité physique en tant que telle ». C’est dans son village et dans la cour de récréation qu’il découvre le sport, sans grandir avec une idole comme modèle. « J’aime un certain nombre de sportifs pour leur qualités sportives ou humaines, mais je ne suis pas de ceux qui idolâtre. Il y avait différentes générations, des joueurs des Girondins de Bordeaux dont les noms courraient dans la cour d’école. Après il y a les phénomènes d’aujourd’hui que sont notamment Kylian Mbappé. Mais il faut regarder l’humain qu’il y a derrière le sportif ». Dans la même logique, il supporte les Girondins de Bordeaux, au même titre que l’Union Bordeaux-Bègles en rugby, mais n’est pas un fan inconditionnel. « Je suis un amateur de sport plutôt qu’un “ultra“. Sur la situation actuelle des Girondins, je chambre un petit peu mon neveu, qui lui est un fervent supporter du club ».
Malgré une vie consacrée au sport, le Cavignacais n’a jamais rêvé de porter la flamme olympique. C’est en recevant un mail de la Banque Populaire, partenaire des Jeux Olympiques et dont il est client, qu’il découvre cette opportunité. Il présente alors sa candidature et apprend le 15 janvier avoir été sélectionné. « Ça s’est fait par hasard. Quand tu es retenu, tu te dis que tu as de la chance. Au même titre que des athlètes de haut niveau qui rêvent de porter la flamme, mais toi tu es un simple anonyme… Tu participes à une aventure que tu n’auras la chance de faire qu’une fois dans ta vie. Outre les symboles que ça peut représenter, c’est quelque chose de particulier ».
Des interventions dans l’école de Cavignac
Et Mario Aznar Pueyo met dès à présent son nouveau statut au service de sa commune, avec différentes interventions dans l’école de Cavignac afin de présenter aux élèves l’histoire des Jeux, de la flamme olympique mais aussi son parcours personnel. Il a notamment organisé début mai la venue de Leane Chardonnieras, championne de France junior en catégorie descente VTT en 2018. « Je vois ce que les enfants vont vivre au niveau de l’école, le phénomène d’avoir leur projet autour des JO, d’avoir rencontré un porteur de flamme, de sentir un village derrière eux et leur projet… C’est ça le plus important ». C’est donc au bénéfice de toute sa commune qu’il mène ces différentes actions, plus que pour son unique plaisir personnel. « J’ai connu le fait d’être cité le lundi par la presse et qu’en fin de semaine, tout le monde m’avait oublié. J’organisais pendant dix ans des défilés de mode à Cavignac, c’était quelque chose qui était relativement important et quinze jours après on m’avait oublié… Il ne faut pas le faire pour soi, mais plutôt pour que ça rentre dans un collectif. Je pense que le village ne connaîtra cela qu’une fois dans son existence. Il faut donc le vivre comme une aventure collective avant tout. Dès l’instant où tu bâtis un projet et que tu cherches à tirer des gens, automatiquement tu es en façade. Mais il ne faut pas le faire pour ça, plutôt pour le projet en tant que tel ».
Il aimerait également, à travers ces différentes actions, que « les jeunes aient une autre image de la société que celle qu’on a aujourd’hui ». Mario Aznar Pueyo ne manque pas d’afficher ses inquiétudes, notamment concernant le football amateur.
« Il est malade le foot. Il y a le contexte économique, les clubs amateurs ont de plus en plus de charges. C’est de plus en plus difficile de faire vivre un sport. C’est pour ça que de plus en plus de clubs s’associent. Puis les gamins et les parents sont devenus de plus en plus difficiles ». Il envisage tout de même de reprendre une équipe de jeunes, pour entretenir sa passion du sport. Sa vie.
Voir le site « Haute Gironde » : Cavignac. Portrait de Mario Aznar Pueyo, porteur de la flamme olympique (hautegironde.fr)
Téo Munch
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