Les villes se règlent à l’heure de la sobriété

Les villes se règlent à l’heure de la sobriété

De nombreuses communes ont annoncé limiter le temps d’éclairage nocturne de leurs rues. Une décision qui doit leur permettre de réaliser des économies, mais également d’accompagner des objectifs à plus long terme.

Source : pixabay.com

Le monde entre-t-il dans le siècle des (nouvelles) lumières ? Comme le rapporte La Gazette de la Manche, depuis le mercredi 1er novembre, la commune d’Avranches (Manche) a effectué des modifications sur les horaires de l’éclairage public. La ville de près de 10 000 habitants ne sera donc pas éclairée de 22 h à 5 h 45 du lundi au jeudi ainsi que le dimanche, et de minuit à 5 h 45 les vendredis et samedis.

La mairie se justifie par une nécessité de « poursuivre l’engagement en faveur des économies d’énergie et de la maîtrise de la demande d’électricité, tout en luttant contre la pollution lumineuse et les émissions de gaz à effet de serre ». Mais les difficultés que rencontre Avranches sont loin d’être isolées et s’appliquent à l’ensemble du territoire français.

 

Les coûts de l’électricité en hausse

 

En effet, d’après Enedis, l’éclairage public représente 40 % de la consommation d’électricité des collectivités locales. Une réduction des horaires permettrait donc aux mairies d’alléger les factures. La période s’y prête d’autant plus que les coûts de l’électricité sont en hausse depuis le début la guerre en Ukraine. D’après Thomas Fromentin, président de la communauté d’agglomération Pays Foix-Varilhes, les prix de l’électricité et du gaz ont augmenté de 20 à 40 %.

En diminuant l’éclairage public, certaines communes n’ont pas seulement limiter les coûts liés à l’électricité. Elles les ont diminué, comme à Ville-d’Avray (Hauts-de-Seine) où les lumières sont éteintes la nuit depuis janvier 2023. La maire de la ville, Aline de Marcillac (PS), indique en effet avoir fait « l’économie de 25 % de la consommation énergétique directement liée à l’éclairage lumineux en ville. Cela représente 15 000 euros sur 85 000 euros de consommation ». À l’échelle nationale, Enedis a indiqué que la consommation liée à l’éclairage public a reculé de 12 % entre les hivers de 2020/21 et de 2022/23.

 

Des lampadaires vieillissants

 

Cette évolution conduit également à une diminution de l’impact écologique des villes. Mais selon Wilfried Kopec, expert éclairage à la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR), cela n’est pas suffisant : « Il y a un petit travers à cette coupure de nuit, c’est qu’elle peut inciter les communes à en rester là. Mais on va en rester là avec des matériaux qui sont vieillissants, et qui sont énergivores », a-t-il prévenu auprès de TF1 info. Selon cette dernière source, la France compte près de 11 millions de lampadaires, dont 70 % ont plus de 25 ans.

Les lampes LED sont dans ce cas bien plus qu’une option. « Il faut que les communes se mettent en ordre de marche pour ne pas être débordées à partir de 2027, pour rénover quasiment l’entièreté de leur parc à partir de maintenant ». Ces lampes présentent en effet de nombreux avantages, notamment de consommer six fois moins que les lampes halogènes, d’avoir une durée de vie plus longue qu’un éclairage classique et de ne nécessiter quasiment aucuns frais d’entretien.

 

Des améliorations nécessaires

 

La ville d’Orléans effectue par exemple depuis fin octobre le remplacement de 45 000 ampoules, comme le rapporte La République du Centre. « L’économie attendue sur la consommation en kilowatts/heure est de 60 % » a prévu Alain Touchard, vice-président d’Orléans Métropole en charge des espaces publics.

Ces dernières années, des métropoles ont également limité l’éclairage nocturne, comme Bordeaux, Marseille ou encore Paris où, d’après Anne-Marie Ducroux, porte-parole de l’Association nationale de la protection de l’environnement nocturne, il reste des améliorations nécessaires : « Dans un contexte de suréquipement et de sur-éclairage, il faut se réinterroger sur les finalités, la conception et les usages ». Afin de s’adapter à ce siècle des (nouvelles) lumières.

Téo Munch

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