PORTRAIT. « Il faut l’accepter et profiter pleinement » : la 2e paragolfeuse mondiale Alexia Girault sur le parcours du bonheur

PORTRAIT. « Il faut l’accepter et profiter pleinement » : la 2e paragolfeuse mondiale Alexia Girault sur le parcours du bonheur

Alexia Girault, licenciée au club d’Agen Bon-Encontre, est l’une des meilleures paragolfeuses au monde. Malgré son handicap, elle savoure pleinement cette expérience inimaginable chez les valides.

Alexia Girault est arrivée au club d’Agen Bon-Encontre en 2015. DDM – MORAD CHERCHARI

Sa passion pour le golf l’a poussée à briser son destin… qui était peut-être simplement de fouler les greens du monde entier. Alexia Girault pratique ce sport depuis 1999, lorsqu’elle débute au club de Marcilly-en-Villette, près d’Orléans (45). « Je trouvais ça attirant. J’ai fait une journée découverte et j’ai adoré. Puis le virus m’a pris », sourit-elle. Mais tout aurait pu s’arrêter sept ans plus tard quand elle apprend être atteinte d’une tumeur vasculaire dans la moelle épinière depuis la naissance, qui a entraîné une paraplégie complète.

« Je pense que le golf m’a aidée parce que c’était un peu la carotte au bout du fil. C’était super important pour moi. Quand le chirurgien m’a dit que je n’allais pas rejouer, je lui ai répondu que ce n’était pas possible, que je jouais au golf donc on allait trouver une solution. Ils m’ont opérée avec succès, et il y a eu beaucoup de rééducation. Quand on repart de zéro, il faut réapprendre à marcher. Il fallait trouver des solutions, parce que jouer au golf sans équilibre c’est compliqué », reconnaît Alexia Girault.

Membre de l’équipe de France depuis 2012

Deux ans de pause avant de retrouver la compétition, désormais en paragolf. Même si elle guérit de sa paraplégie, la golfeuse conserve quelques séquelles comme des troubles de l’équilibre et une absence de sensation sous le genou gauche (« je ne sais même pas où est mon pied »). Peu à peu, ses performances lui ouvrent les portes de l’équipe de France mixte en 2012 grâce au Lot-et-Garonnais Nino Ourabah, alors au poste de capitaine. « C’est lui qui m’a fait venir à Agen et quitter Orléans », se souvient-elle.

Aujourd’hui, Alexia Girault occupe la deuxième place féminine mondiale et première Française au classement net, dont le calcul prend en compte l’index (nombre de coups joués au-dessus du « par », soit le niveau de jeu) du joueur. Un sommet inatteignable parmi les valides : « Pour jouer en équipe de France valide, il faut être né dans le golf ou très doué. Mais chez nous, certains joueurs sont scratch (des joueurs d’index 0) ». Elle compte à son palmarès deux sélections pour les championnats d’Europe, et fait régulièrement partie du groupe France ces dernières années.

« Quand vous êtes handicapé, la vie n’est pas moche »

Entre deux tournois avec son club d’Agen Bon-Encontre, Alexia Girault voyage aux quatre coins du monde pour disputer des compétitions internationales. Les déplacements restent toutefois à la charge des joueurs non-sélectionnés, ce qui représente un coût pour ceux n’ayant pas de sponsors. Alexia Girault, actuellement dans une agence d’architecture, est dans ce cas. « On essaie de mutualiser l’hébergement entre joueurs pour que ça ne nous revienne pas trop cher. L’European disabled golf association (EDGA), qui gère le circuit européen paragolf, nous invite aussi sur certaines épreuves. C’est une chance qu’on n’aurait pas si on était valide. Vous voyez, ce n’est pas si mal ! », ironise-t-elle.

Cet humour montre bien sa vision dédramatisée du handicap : « Quand vous êtes handicapé, la vie n’est pas moche. Elle est différente, il faut juste l’accepter et profiter pleinement de tout ce qui peut s’ouvrir à nous. Certains n’ont pas de problèmes de santé et trouvent la vie très dure, ça dépend de la manière dont on le vit dans sa tête ». Alexia Girault a préféré le rire aux larmes.

Téo Munch

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