« On ne lâche pas, parce qu’on n’est pas à l’abri que ça recommence » : le jardin des Tanneries d’Agen cherche encore sa tranquillité
Après les incidents survenus en fin d’année près de la gare, des mesures ont été prises par la municipalité autour du square. Mais certains problèmes persistent.
Le jardin des Tanneries avait été inauguré en 2013. / DDM – MORAD CHERCHARI
Parmi les points sensibles d’Agen en matière de trafic de stupéfiants, le jardin des Tanneries occupe une place particulière. Proche de la gare, ce petit coin de verdure est systématiquement cité dans les débats sur l’insécurité au sein de la ville.
En fin d’année 2024, plusieurs incidents s’étaient déroulés dans la gare d’Agen et ses environs, notamment avec l’utilisation d’armes blanches. Les riverains affichaient alors leur inquiétude face à une montée de l’insécurité au pied de leur porte. « Il y a un vrai problème de drogue dans les villes, petites comme grandes. La police municipale a un rôle de signalement qui est rempli. Ensuite, les enquêteurs spécialisés sont en charge des dossiers. On collabore évidemment avec eux lorsqu’il faut donner des images ou des identités. Il faut démanteler ces organisations, ça ne sert à rien de déplacer le point de deal », déclarait alors le maire, Jean Dionis du Séjour.
Installation d’une clôture en fin d’année
Quelques mois plus tard, la situation semble quelque peu évoluer. D’abord, une clôture a été installée en fin d’année dernière autour du jardin, limitant les horaires d’ouverture entre 8 heures et 20 heures. Depuis cette mesure, des passants habituels relèvent une évolution notable de l’ambiance plus sécurisante autour du square. « Si on se fie au nombre d’appels qui a diminué voire cessé sur les nuisances, il y a du mieux. La police municipale s’y rend tous les jours. Aussi bien quand il ne se passe rien que lorsqu’on constate des attroupements, des chiens tenus en laisse, des personnes qui s’adonnent à la consommation de boissons alcoolisées ou des comportements qui pourraient perturber la tranquillité du voisinage », relève Elyazide Ismail, chef de service de la police municipale de la ville d’Agen.
Bien que ce secteur fasse partie du périmètre sécurisé de la gare, l’installation de caméras n’apparaît pas à l’ordre du jour de la municipalité. « Mais ce n’est pas parce qu’un endroit redevient calme qu’il ne faut plus le surveiller. On ne lâche pas, parce qu’on n’est pas à l’abri que ça recommence immédiatement », insiste-t-il.
« La journée, ça reste problématique »
Raphaël Riccio, président du quartier de la Cathédrale, invite de son côté les habitants à reprendre le contrôle de leur square : « Ce n’est pas les gens du quartier qui sont agressés. Ce sont des rixes entre marginaux, donc c’est aux gens de s’approprier le square et ne pas leur laisser. Mais il faudra faire le bilan au printemps avec l’adoucissement des températures et le rallongement des jours », juge-t-il.
Certains riverains tiennent à rappeler que la situation reste préoccupante. Une commerçante sourit un peu jaune lorsqu’on lui parle d’une amélioration du climat ambiant : « C’est vrai, je trouve que ça va mieux. Effectivement, ceux qui boivent sont dans le parc et les dealeurs en dehors. On parle beaucoup des voitures qui ont brûlé le week-end dernier, mais plusieurs commerces ont été cambriolés. On l’a été samedi soir. La nuit c’est peut-être mieux puisque le parc est fermé, mais en journée ça reste problématique », remarque-t-elle. Le jardin des Tanneries cherche encore sa verdure.
Téo Munch
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