« Si on fait un bilan, c’est contre-productif » : l’intersyndicale éducation lot-et-garonnaise mitigée sur la loi « handicap » de 2005
À l’occasion des 20 ans de la loi dite Montchamp, plusieurs syndicats du département ont lancé une pétition pour défendre notamment l’enseignement spécialisé et adapté.
Le 11 février 2005 était votée la loi pour l’égalité des droits des chances, la participation et la citoyenneté des personnes en situation de handicap. Portée par Marie-Anne Montchamp, alors secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées, elle avait pour but de favoriser l’accessibilité, le droit à compensation, l’école pour tous et l’insertion professionnelle.
20 ans plus tard, l’intersyndicale éducation (autour de laquelle se sont réunis le SNUDI-FO, la FNEC-FP-FO, la FSU-SNuipp, le Snes-FSU, la CGT éduc’action et Sud éducation), en dénonce pourtant les conséquences. « Rien n’est mis en place au niveau des moyens pour que l’inclusion soit faite, alors que la loi devait favoriser le vivre ensemble et changer la vision sur le handicap. Si on fait un bilan, c’est contre-productif », estime Guillaume Arruat, représentant de la Fédération syndicale unitaire du Lot-et-Garonne (FSU 47).
Recruter des enseignants spécialisés
Les syndicats ont lancé ce mercredi 12 janvier une pétition sur les réseaux sociaux pour demander plusieurs modifications, notamment « un statut de fonctionnaire et un vrai salaire pour les accompagnants d’élèves en situation de handicap ». Actuellement au nombre d’environ 850 dans le département, les AESH ne seraient pas assez nombreux.
Ensuite, elle défend un enseignement spécialisé et adapté. « On a eu un affaiblissement de tous les établissements spécialisés. Les élèves ne bénéficient pas de l’accompagnement dont ils auraient besoin pour progresser, et ça a entraîné une dégradation des conditions de travail pour les enseignants, les AESH et les autres élèves », remarque Éric Lafond, représentant de Force ouvrière (FO 47).
Autres revendications : le maintien et la création des places dans les établissements sociaux et médico-sociaux, le recrutement d’enseignants spécialisés et d’AESH, le retrait du décret visant à généraliser l’externalisation des établissements ou service médico-sociaux (ESMS), l’abandon des PAS (pôles d’appui à la scolarité) et PIAL (pôles inclusifs d’accompagnement localisés) ou encore le rétablissement du CAPA-SH. Ce certificat d’aptitude professionnelle pour les aides spécialisées, les enseignements adaptés et la scolarisation des élèves en situation de handicap avait été remplacé en 2017 par le certificat d’aptitude professionnelle aux pratiques de l’école inclusive (CAPPEI).
L’intersyndicale propose également de recueillir dans un « livre noir d’une inclusion scolaire au rabais dans le département » les témoignages d’enseignants, d’AESH, et plus globalement de la communauté éducative et de professionnels de santé.
Téo Munch
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