« Il n’y a que dans ces exercices qu’on se rend compte des marges de progrès » : des pompiers spécialisés sont intervenus sur la cathédrale d’Agen

« Il n’y a que dans ces exercices qu’on se rend compte des marges de progrès » : des pompiers spécialisés sont intervenus sur la cathédrale d’Agen

Ce jeudi 27 mars, un groupe opérationnel spécialisé du secours en milieu périlleux (SMP) s’est entraîné sur l’édifice religieux pour un exercice aussi délicat qu’essentiel.

Dans les moments délicats, les pompiers doivent faire preuve d’une concentration extrême. Afin d’éviter un problème aux conséquences dramatiques, les soldats du feu doivent s’exercer afin d’adopter les bons gestes une fois confrontés à un cas concret. C’est dans ce cadre que la cathédrale Saint-Caprais d’Agen s’est transformée, le temps d’une matinée, en décor d’une mise en situation d’entraînement.

« Cet exercice se fait dans le cadre de notre formation. Une fois par mois, nous réalisons huit heures de formation pour maintenir et perfectionner nos compétences », indique l’adjudant Grégory Cridelauze, référent départemental du secours en milieu périlleux (SMP) en Lot-et-Garonne. « Ce groupe (anciennement intitulé GRIMP, NDLR) intervient là où les moyens traditionnels des sapeurs pompiers sont insuffisants, pour du secours à la personne ou des problématiques en hauteur. On a eu 24 sorties en 2024 à l’échelle du département, notamment auprès d’un parapentiste », souligne de son côté le colonel Frédéric Tournay, directeur du service départemental d’incendie et de secours en Lot-et-Garonne (SDIS 47).

Dix-huit personnes formées à cette mission

Pour leur premier entraînement sur cet édifice, le groupe spécialisé était face à une situation qui simulait le secours d’une personne blessée avec « une fracture ouverte au niveau de la jambe et différentes plaies sur le visage. La victime est hyperalgique (ressentant une douleur anormalement violente, NDLR) et se trouve au niveau de la charpente ». Elle doit être évacuée avec un système de tyrolienne oblique à deux cordes.

L’opération a débuté aux alentours de 10 heures avec une présentation de l’organisation par le sergent-chef Grégory Jourdan, le chef d’unité du jour. Les dix-huit personnes formées à cette mission étaient mobilisées sur cette intervention classée au niveau rouge en termes de sécurité. Cette catégorisation prend en compte plusieurs facteurs comme l’environnement (orange en raison de la hauteur), la technique (orange avec le système de poulie) et l’aspect humain (de nombreuses personnes présentes).

La mise en civière sur les cordes porteuses, un moment délicat

Les pompiers ont gravi les marches d’un escalier assez étroit pour compliquer la montée du matériel. En plusieurs étapes, les pompiers ont installé le système de tyrolienne sur le toit de l’église et porté secours à la victime en la plaçant sur une civière. Dans tout ce processus, le chef d’unité joue un rôle majeur, notamment lors du transport de la victime. « Sa priorité est de mettre en place la sécurisation du site. Tant que la corde appelée la main courante n’est pas mise, personne ne va vraiment au vide. La mise en civière sur les cordes porteuses est un moment compliqué car il faut la lever, accrocher nos poulies sur les cordes pour la faire descendre en partie basse, tout ça en sécurité », note Grégory Cridelauze.

Tandis que le chef d’unité et quatre équipiers s’occupaient de la prise en charge de la victime, les autres membres de l’équipe suivaient l’opération sur un écran où étaient retransmises les images capturées par un drone. « Il est essentiel parce qu’on peut avoir des images qui nous permettent de déterminer la manœuvre tactique qui va être employée », résume Frédéric Tournay. Une fois la victime arrivée au pied du bâtiment à 11 h 30, les pompiers sont descendus pour un dernier bilan. « Cette dernière phase est la plus accidentogène parce que tout le monde redescend en pression », rappelle Grégory Cridelauze.

« Un morceau de patrimoine agenais exceptionnel »

Le groupe préparait depuis six semaines cette intervention essentielle dans l’anticipation d’éventuels risques. « Il n’y a que dans ces exercices qu’on se rend compte des marges de progrès et des erreurs qu’il ne faudra pas commettre le jour où il faut vraiment intervenir. Depuis l’incendie de Notre-Dame, on a découvert tout ce que les édifices religieux avaient de plus précieux et particulier pour les interventions des sapeurs pompiers. Cet exercice est important pour ce morceau de patrimoine agenais tout à fait exceptionnel », conclut Juliette Beregi, directrice de cabinet du préfet.

Téo Munch

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