« Ma chienne était asociale, ça l’a aidée de venir ici » : à Agen, on se regroupe à vingt pour promener ses chiens

« Ma chienne était asociale, ça l’a aidée de venir ici » : à Agen, on se regroupe à vingt pour promener ses chiens

À partir de 19 heures, plusieurs riverains se rejoignent quotidiennement au jardin Jayan pour promener leur chien et profiter d’un moment de partage, aussi bien pour les canins que les propriétaires.

Chaque soir, près d’une vingtaine de personnes vient promener leur chien au jardin Jayan. / DDM – MORAD CHERCHARI

Si vous longez le jardin Jayan entre 19 et 20 heures en quittant le travail ou pour sortir manger un petit plat en terrasse, impossible de passer à côté de ce groupe installé au milieu du parc. En fonction des emplois du temps et disponibilités de chacun, une vingtaine d’habitants se réunissent chaque soir pour promener ensemble leur chien pendant près d’une heure.

Cette histoire, née il y a une quinzaine d’années, n’avait pas vocation à rassembler autant de personnes. L’idée part de simples promeneurs qui accompagnaient leur animal de compagnie dans les allées du jardin Jayan. Certains d’entre eux ont décidé de se réunir et de partager cette sortie quotidienne indispensable pour un canin. Mais depuis deux ans, le groupe s’est considérablement élargi jusqu’à atteindre 35 participants certains soirs.

Des moments entre voisins

« L’été, on monte généralement jusqu’à trente personnes ! Mais c’est un peu galère. Dans ce cas, on met les chiens au milieu du jardin parce qu’on ne veut pas prendre de risque avec les enfants qui viennent jouer dans le parc. Et quand on est trop, on se sépare en plusieurs groupes », souligne Inès. Elle a commencé à se joindre aux balades en 2023 pour profiter d’un moment convivial et se rapprocher de ses voisins.

« On habite presque tous dans le coin, mais beaucoup se sont connus ici. Le fait de se voir régulièrement permet de créer énormément de liens. Vu qu’on s’entend bien, on a fêté le dernier Noël ensemble dans le parc. De temps en temps, on fait des apéros Jayan », remarque la jeune femme. Un peu comme une réunion de quartier, ils restent près d’une heure à discuter un peu de tout, entourés de chiens habités par un bonheur expressif.

Parce que si les propriétaires prennent du plaisir à se retrouver quotidiennement, les animaux semblent aussi heureux de pouvoir se divertir tous les soirs. « À chaque fois, un peu avant 19 heures, le mien se pose et attend pour partir », s’amuse un participant. « Je les ai rejoints un peu par hasard il y a deux ans. Je promenais ma chienne, qui était très asociale. Elle le reste avec certaines personnes qu’elle ne connaît pas, mais ça l’a aidé de venir régulièrement et jouer avec d’autres chiens. Elle s’est sociabilisée un peu ici », constate Brigitte.

« Il y a des chiens tous les âges, comme les propriétaires »

Cette bonne ambiance n’empêche toutefois pas les petites frictions habituelles entre congénères. « Il peut y avoir des conflits entre mâles, mais on les sépare rapidement. Il y a toutes les races. Et tous les âges aussi, un peu comme les propriétaires », sourit Vincent, membre de ce groupe depuis près de sept ans.

Au-delà de la sécurité de leurs animaux de compagnie, toutes les personnes veillent à conserver la propreté du lieu. Ainsi, chacun arrive dans le parc muni de poches pour ramasser les excréments. Même si ce détail est loin d’être le plus amusant de la balade, il est essentiel pour que tout le monde puisse profiter pleinement de cette petite heure d’évasion.

 

Un parc où les animaux doivent être tenus en laisse

Depuis les premières balades il y a environ quinze ans, le groupe a parfois subi quelques remarques de la part de riverains du jardin Jayan, bien qu’elles se fassent moins entendre ces derniers temps. « La police est venue quelques fois nous rappeler que les propriétaires de chiens doivent attacher avec une laisse leurs animaux. Ils nous laissent un peu tranquille l’hiver, mais sont un peu plus sévères l’été quand il y a beaucoup de monde dans le parc », soulignent-ils. Les participants insistent toutefois sur le fait qu’aucun incident n’a eu lieu depuis quinze ans, aussi bien entre eux qu’avec d’autres promeneurs : « Certaines personnes ont peur des chiens. Mais ceux-là ne sont pas méchants et il ne s’est jamais rien passé », constate Vincent. « L’avantage, c’est qu’on est plusieurs donc ça crée un environnement où on se sent en sécurité. Surtout qu’avant, il y avait des dealers dans le parc. Ils se mettaient sur les bancs, mais ils en avaient marre d’avoir les chiens, donc ils sont partis », se souvient Inès.

Téo Munch

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *