Auteur/autrice : teo_adm

  • L’abaissement du seuil de TVA inquiète les auto-entrepreneurs

    L’abaissement du seuil de TVA inquiète les auto-entrepreneurs

    « Pendant un an ou deux, je ne vais rien récupérer » : l’abaissement du seuil de TVA inquiète les auto-entrepreneurs

    Ce vendredi 28 février, le ministère de l’Économie a décidé de suspendre jusqu’au 1er juin l’abaissement du seuil d’exemption de la TVA à 25 000 euros. Une période de grand flou attend de nombreuses entreprises en Lot-et-Garonne, avec un impact redouté sur le consommateur.

    L’abaissement du seuil devait être effectif à partir du 1er mars. DDM – DDM SEBASTIEN LAPEYRERE

    « On ne dort pas très bien ce mois-ci, mais autrement ça va », sourit un peu jaune Henrick Lafaye. Ce Foulayronnais de 46 ans est auto-entrepreneur depuis 2008 et la création de ce statut. Il proposait alors des cours de guitare à domicile. Mais la crise sanitaire de Covid-19 puis l’inflation ont fait diminuer sa clientèle. C’est ainsi qu’il s’est lancé dans la vente en ligne, principalement de jouets. Il remet cependant en question la poursuite de son activité, après une récente modification du seuil d’exemption de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

    Le projet de loi de finances (PLF) 2025, adopté à l’aide de l’article 49-3 de la Constitution le 3 février, prévoit en effet de diminuer le seuil d’exemption de la TVA. Celui-ci devait passer de 37 500 euros de chiffre d’affaires pour les prestations de services et 85 000 pour les activités de commerce à 25 000 euros, à compter du 1er mars 2025. Après les nombreux cris d’alarme de plusieurs professionnels, le gouvernement avait décidé début février de suspendre la mesure et de lancer une « concertation afin de l’ajuster si nécessaire ». Le ministère de l’Économie a finalement annoncé ce vendredi prolonger cette suspension jusqu’au 1er juin afin de proposer « dans les prochains jours des adaptations de la mesure ».

    Une volonté de faire des économies pour l’État

    « L’argument avancé est qu’on va récupérer la TVA sur nos achats. Mais j’ai constitué un stock que je n’ai pas déduit de cette taxe. Donc pendant un an ou deux, je ne vais rien récupérer. Puis quand on montait notre entreprise, on calculait pour savoir si c’était rentable avec les règles existantes. Mais là, ça change tout », note Henrick Lafaye.

    Avec cet abaissement, l’État espère réaliser des économies nécessaires. En effet, le niveau de dette publique s’est établi fin 2023 à 3 101,4 milliards d’euros, soit 109,9 % du PIB, selon les derniers chiffres publiés par l’Insee. « Mais combien vont arrêter ou frauder ? Et quelqu’un qui arrête est une personne au RSA avec d’autres aides supplémentaires, donc ça coûte. Si on réfléchit à long terme, je ne suis pas convaincu », relate le Foulayronnais.

    « 25 000 euros, c’est très peu »

    Il redoute également l’impact direct sur le consommateur car, selon lui, l’augmentation des prix est inéluctable pour les entreprises concernées. De leur côté, les clients apparaissent « plus frileux » en cette période d’instabilité politique suite à la dissolution de l’Assemblée nationale le 9 juin 2024.

    « Ça rajoute de la complexité à un certain nombre d’auto-entrepreneurs et de petites entreprises unipersonnelles. Plus généralement, ce qui rajoute de la complexité n’est pas sain, pour ne pas dire autre chose. 25 000 euros, c’est très peu », estime Jean-Luc Guéry, président du Mouvement des entreprises de France en Lot-et-Garonne (Medef 47).

    Une pétition avait été lancée le 21 février sur le site internet du Sénat par la Fédération nationale des auto-entrepreneurs (FNAE) et a déjà franchi la barre des 100 000 signatures. Elle doit donc être transmise à la Conférence des présidents, qui peut décider d’y donner suite de différente manière : création d’une mission de contrôle, inscription à l’ordre du jour d’un texte législatif, débat en séance publique… Le début d’un retour en arrière pour le gouvernement ?

     

    Un principe d’« équité »

    Plusieurs mouvements se sont opposés à cet ajustement du seuil d’exemption de la TVA. Pourtant, d’autres y ont vu des aspects bénéfiques, notamment la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment en Lot-et-Garonne (Capeb 47). Elle met en avant un principe d’équité, au moins dans son secteur : « Certains disent que c’est une attaque contre le régime de la micro-entreprise. Ce n’est pas vrai car la franchise de TVA est applicable pour tous les régimes d’entreprise, y compris les sociétés. Et les entrepreneurs ne vont pas payer plus de cotisations sociales car elles sont basées sur le hors-taxe. De plus, on revendique auprès des pouvoirs publics la limitation du recours à la micro-entreprise : l’exercice d’une activité principale sous ce régime doit être limité à deux ans. Cela permettrait de ne pas générer de distorsion de concurrence ainsi que lutter contre la paupérisation des publics et du système de protection sociale. Pour des raisons d’équité, il nous semble nécessaire que les entreprises soient soumises aux mêmes conditions ».

    Téo Munch

  • « Je pense que les gens n’y croient pas » : les supporters du SU Agen pris entre incompréhension et sérénité

    « Je pense que les gens n’y croient pas » : les supporters du SU Agen pris entre incompréhension et sérénité

    « Je pense que les gens n’y croient pas » : les supporters du SU Agen pris entre incompréhension et sérénité

    Chez les plus fidèles supporters du Sporting, personne n’aurait pu imaginer vivre une telle situation. Mais l’heure est à l’union et au soutien de l’équipe malgré les difficultés du club.

    Une quinzaine de supporters étaient présents lors du captain-run ce jeudi. DDM – MORAD CHERCHARI

    Une question revient sur toutes les lèvres : « Comment en est-on arrivé là ? » Parmi la quinzaine de supporters présents lors du captain-run ce jeudi, le mot “relégation” est difficile à prononcer. Jusqu’en début d’année, la qualification en barrage était encore un objectif affiché par les joueurs. Le doute est désormais omniprésent chez les fidèles, mais impossible d’évoquer une descente en Nationale 1 à l’issue de la saison.

    « Je pense que les gens n’y croient pas (à la relégation). On reste un petit peu sur l’ancien Agen », relate Serge. Après avoir connu les grands succès du SUA, ce supporter ne pouvait imaginer vivre un jour une telle situation.

    « Si tout est normal, on devrait s’en sortir »

    « On croit qu’on est encore un grand club. Mais on n’est qu’en Pro D2. C’est dommage qu’on en soit là, on n’arrive pas à comprendre. Pourtant cet entraîneur (Sébastien Calvet) est bon, mais est-ce que les joueurs ont envie ? Je ne sais pas, on ne sait pas ce qui se passe à l’intérieur », soupire Michel.

    Malgré les dernières défaites qui ont conduit l’équipe à une avant-dernière place de championnat (40 points), les fans estiment qu’Agen parviendra à se maintenir en deuxième division. « Si tout est normal, on devrait s’en sortir. Le calendrier devrait leur permettre de rester. Mais il faut gagner et marquer des points », estime Serge. Cependant, chacun sait l’importance des rencontres à venir.

    Deux prochaines rencontres capitales

    Et selon les supporters, la victoire passera par un soutien inconditionnel du stade Armandie : « Il faut que le public soutienne et ne siffle pas. On est plus forts ensemble que les uns contre les autres », affirme-t-il.

    Alors que le SUA affronte Valence Romans ce vendredi (19 h 30) puis le Stade Niçois la semaine prochaine, la victoire est obligatoire face à ces deux équipes en bas de classement (Valence Romans est 14e à égalité de points avec Agen, Nice est dernier avec 17 unités) : « Il faut qu’ils s’engagent et arrivent à se libérer. Il faudrait qu’on marque rapidement pour être bien dans la tête. Les joueurs doivent montrer qu’ils ont envie de voir Agen rester en Pro D2 ».

    Téo Munch

  • SCH, Gims, Werenoi, Dadju, Tayc… le BW d’Agen, lieu incontournable où se croisent les plus grands artistes

    SCH, Gims, Werenoi, Dadju, Tayc… le BW d’Agen, lieu incontournable où se croisent les plus grands artistes

    SCH, Gims, Werenoi, Dadju, Tayc… le BW d’Agen, lieu incontournable où se croisent les plus grands artistes

    La boîte de nuit d’Agen attire depuis deux ans les grands noms de la scène musicale française. Son patron, Thomas Souvert, raconte les raisons de ce succès grandissant.

    Le rappeur marseillais SCH s’est produit sur la scène du BW en décembre 2023. DDM – DDM VALENTIN VIE

    Depuis le 20 janvier 2023 et son ouverture en grande pompe, le Blue & White n’en finit plus de grandir. Et depuis quelques mois, on ne compte plus les grandes têtes d’affiche venues performer sur cette scène : La Mano 1.9, Kalash, MHD, Naza, Guy2Bezbar, Kaaris, SCH, Gims, Werenoi, DJ Bens, Franglish, Lacrim… Ces artistes, même si les noms ne parlent pas à tout le monde, sont parmi les plus écoutés en France. « Tous ceux qui ont été numéro 1, on les a fait », sourit Thomas Souvert.

    Depuis deux ans, il dirige cette boîte de nuit où se rendent des personnalités de renom. Sa femme, Nathalie, s’occupe de son côté du TNT à Marmande, ouvert en 2002. « À Agen, qui est la préfecture du Lot-et-Garonne, il manquait un établissement de cette capacité », remarque-t-il. L’idée est donc de dynamiser la ville en attirant des grands noms de la scène musicale : « On n’a pas une identité propre, on est une boîte généraliste qui suit les modes musicaux et événementiels ».

    « Le club est pensé pour le spectacle »

    Le couple a ainsi dû construire un réseau pour limiter au maximum les intermédiaires entre eux et l’artiste. « On travaille souvent en direct avec les agents. On a des contacts avec qui on s’appelle régulièrement, des agents ou des bookers qui rayonnent sur différents styles musicaux. On développe ces affinités au fur et à mesure des années. Et certains agents s’occupent de plusieurs interprètes. Par exemple, la personne qui représente La Mano 1.9 est la même pour Werenoi », note Thomas Souvert. Même si ces relations n’empêchent pas la longue attente avant de voir performer l’artiste. Le BW n’avait par exemple pu programmer Michaël Youn, dans son personnage de Fatal Bazooka, que huit mois après la prise de contact avec son représentant.

    Ce succès, il l’explique principalement par la qualité des lieux, dont la jauge de 1 500 personnes est systématiquement remplie quand les artistes viennent. « Le club est pensé pour le spectacle. C’est l’ADN du BW et du TNT, ils sont faits pour ça. On est autant un club qu’une salle de spectacle. Les artistes viennent ici parce qu’on a des écrans LED, des carrés VIP, des caméras GoPro qui permettent de filmer en 360° au-dessus de la foule… La scène est entièrement équipée pour les artistes avec des fonds de scène, qui est beaucoup demandée. Gims, par exemple, ne se produit que sur une scène d’au moins 30 m² », indique-t-il.

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    Certains artistes demandent à venir

    La qualité des services proposés est également mise en avant. Pour chaque artiste qui se déplace sur la scène agenaise, le BW prend en charge la totalité des frais pour lui et son équipe avec le voyage, l’hôtel et le restaurant. « C’est ce qu’on appelle le VHR. Mais ce qui coûte le plus cher reste le cachet de l’artiste, qui est souvent important », souligne Thomas Souvert. Cependant, impossible de loger autre part que dans la perle du Midi : « On impose aux artistes de dormir à Agen. On travaille avec le Stim’Otel, le Mercure et le Serra. L’offre hôtelière agenaise est largement suffisante et de qualité ».

    Cette réussite est tout de même le résultat d’un travail de fond entrepris dès l’ouverture et qui porte ses fruits depuis seulement quatre mois. « On commence à prendre notre rythme, il y a une habitude à prendre. Mais aujourd’hui, certains artistes, dont des très importants comme Gazo, appellent pour venir », constate-t-il. L’objectif est également de se diversifier, notamment avec des soirées événementielles. Le vendredi 21 mars, le club organisera une soirée « carnaval antillais » avec des DJ, groupes de percussions et artistes caribéens. Pour ambiancer, comme toujours, le Blue & White jusqu’au bout de la nuit.

    Téo Munch

  • « Honorer et rendre hommage aux soldats » : sans bureau depuis janvier, le comité agenais du Souvenir français est sauvé

    « Honorer et rendre hommage aux soldats » : sans bureau depuis janvier, le comité agenais du Souvenir français est sauvé

    « Honorer et rendre hommage aux soldats » : sans bureau depuis janvier, le comité agenais du Souvenir français est sauvé

    Alors que le comité d’Agen cherchait un nouveau bureau dont il était orphelin depuis le début d’année, un président vient d’être nommé.

    Le délégué général du Souvenir français en Lot-et-Garonne, Jean-Jacques Béguer, aux côtés du nouveau président du comité d’Agen, John Petit. Photo – JJB

    Fin janvier, le Souvenir français alertait sur l’absence de bureau à la tête du comité d’Agen, suite à la démission de Jean-Claude Fagot le 31 décembre 2024. « Si rien n’a changé au bout d’un an, il sera dissous », regrettait Jean-Jacques Béguer, délégué général du Souvenir français en Lot-et-Garonne.

    Mais voilà que son appel à l’aide a porté ses fruits : plusieurs candidatures ont été déposées suite à la publication de notre interview. Sur proposition de Jean-Jacques Béguer, le président national Serge Barcellini a nommé le 17 février John Petit, habitant de Layrac de 51 ans, président du comité d’Agen.

    « C’était important d’apporter un second souffle »

    « Je suis petit-fils d’ancien combattant, mon grand-père a fait la campagne du Rhin et du Danube pendant la Seconde Guerre mondiale avec le général De Lattre de Tassigny, mais aussi l’Indochine. J’avais à cœur d’honorer et de rendre hommage aux soldats morts durant ces guerres. Ça fait longtemps que je voulais postuler, et c’était important d’apporter un second souffle au comité », remarque-t-il.

    Ce géographe de formation a déjà été présenté à la Préfecture, à l’Office national des combattants et des victimes de guerre (ONaC-VG) ainsi qu’aux représentants de la Ville d’Agen. Il occupera ce poste à partir de ce samedi 1er mars, tandis que Steven Quinet prendra celui de trésorier. « John Petit a constitué une équipe jeune et dynamique, prête à accueillir toutes les personnes qui désirent la renforcer. Il a les épaules larges, on a bon espoir », se réjouit Jean-Jacques Béguer. Il peut souffler, le comité agenais du Souvenir français est sauvé !

    Téo Munch

  • « On nous prend pour des idiots » : la collecte des déchets exaspère des habitants du Passage

    « On nous prend pour des idiots » : la collecte des déchets exaspère des habitants du Passage

    « On nous prend pour des idiots » : la collecte des déchets exaspère des habitants du Passage

    Depuis le début de l’année, un couple habitant au bord du canal déplore le manque d’organisation de l’Agglomération d’Agen autour du ramassage des poubelles.

    La poubelle des emballages serait la principale source du problème. DDM – MORAD CHERCHARI

    Ce petit coin reculé du Passage d’Agen apparaît comme un véritable havre de paix. Le long du canal, entourées d’arbres et de verdures, les quelques habitations situées le long du chemin de Fouys semblent si paisibles. Mais après « les jeunes qui sautent dans le canal l’été, les feux de camp et même les fêtes à pas d’heures », voilà qu’un autre problème vient s’ajouter à une liste déjà bien lourde à porter : la question des poubelles.

    Caroline et Guillaume habitent à l’entrée de ce chemin depuis près de cinq ans, près du pont aux barrières bleues. « En 2022, on est passé de « lieu-dit Fouys » à « chemin de Fouys ». Mais on n’a pas eu de problèmes à ce moment-là, et ce jusqu’à cette année », souligne Caroline. Depuis début janvier, le couple se plaint notamment de retards sur la collecte des déchets. « On est constamment embêté parce qu’ils ne nous récupèrent pas les poubelles, en particulier la jaune », affirme-t-elle.

    Évolution de la réglementation des ponts

    Selon les deux Passageois, après une dizaine d’appels à l’Agglomération d’Agen, plusieurs explications leur ont été données. « Dans un premier temps, on nous a dit que notre adresse n’existe pas, qu’on n’existe pas dans le calendrier alors que mes beaux-parents sont là depuis vingt ans. On est embêtés chaque début d’année lorsque le nouveau calendrier est mis en place, mais là ça dure. On nous prend pour des idiots. Puis on nous explique que le camion Veolia, qui s’occupe les poubelles jaunes, ne passe pas sur le pont (limité à 16 tonnes, NDLR). Pourtant, celui de l’agglomération qui fait la même taille et le même poids passe bien », constate Caroline.

    « Certains ponts se retrouvent limités en tonnage dû à leur vétusté. Nos camions et ceux de Veolia, qui collecte les emballages, étaient des 19 tonnes. Dans ce cadre-là, la société a fait le choix de ne plus circuler sur ces ponts. On a remplacé cette collecte le mardi par le mercredi avec des camions de 12 tonnes. Pour les ordures ménagères, on a continué de passer avec des camions de 16 tonnes. On va changer cette partie-là, donc on aura aussi un camion de 12 tonnes pour les ordures ménagères », indique de son côté Éric Piquet, chef du service « déchets et économie circulaire » de l’Agglomération d’Agen.

    « On a oublié de prévenir les gens »

    Et comme un malheur n’arrive jamais seul, Caroline et Guillaume auraient également constaté que les deux types de déchets étaient mélangés une fois collectés. « Il y a quinze jours, ils ont mis les poubelles jaunes et les poubelles noires dans un seul et même camion. On nous bassine sans arrêt qu’il faut trier et diminuer les déchets, alors qu’ils mettent tout dans le même camion », s’exaspère-t-elle. « Je n’ai pas pu vérifier. Si c’est le cas, c’est une erreur de notre personnel puisqu’on ne s’autorise pas à mélanger les deux flux. L’objectif est bien de trier les emballages et les ordures ménagères », relate Éric Piquet.

    L’Agglomération d’Agen évoque un problème d’organisation dans ce service, suite à une nouvelle réglementation sur le tonnage des ponts en Lot-et-Garonne. « On a remis le nouveau calendrier de collecte ce mardi matin à tous les habitants concernés. Effectivement, il y avait un décalage entre le jour où on passait et celui indiqué sur les calendriers de collecte. On a oublié de prévenir les gens et mis beaucoup de temps à réagir », regrette Éric Piquet. La situation devrait donc se débloquer dans les prochains jours, et signer la fin du calvaire de ces habitants.

    Téo Munch

  • « Le début de quelque chose de solide » : Aurélien Vivos, vainqueur de The Voice 2023, sort enfin son premier album

    « Le début de quelque chose de solide » : Aurélien Vivos, vainqueur de The Voice 2023, sort enfin son premier album

    « Le début de quelque chose de solide » : Aurélien Vivos, vainqueur de The Voice 2023, sort enfin son premier album

    Près de deux ans après sa victoire sur la saison 12 du célèbre télé-crochet, Aurélien Vivos a dévoilé son premier album intitulé « La plus belle histoire du monde ». 13 titres sur lesquels le chanteur se livre plus que jamais.

    Aurélien Vivos a sorti son premier album le 7 février. Photo – Téo Munch

    Il a tenu à prendre le temps pour obtenir un résultat à son image. Deux ans après sa victoire sur la saison 12 de The Voice, Aurélien Vivos a publié le 7 février « La plus belle histoire du monde », son premier album studio. Le chanteur, qui a grandi dans le Tarn-et-Garonne avant de passer sa vie professionnelle à Agen, se livre à travers 13 titres remplis d’émotions et de gaieté.

    Les deux singles sortis en 2024, intitulés « La plupart du temps » et « Tout me ramène à toi », en sont le parfait exemple. « Pour le premier, je voulais une musique qui représente mon côté gamin et geek. Musicalement, elle est tout ce que j’aime avec des parties calmes et d’autres plus rythmées. Le second est différent. Pour moi, c’était l’histoire d’un mec qui se faisait larguer. Puis quand la chanson est sortie, j’ai reçu beaucoup de messages de personnes qui ont perdu un proche. Et là je me suis rendu compte que la chanson était bien plus grande que ce que je pensais. Elle fait du bien, même si le sujet est difficile », souligne-t-il.

    Un lien fort avec le sud-ouest

    Le chanteur de 36 ans, fan de Marilyn Manson et Florent Pagny, tenait à enregistrer de vrais instruments, à l’heure ou la musique assistée par ordinateur (MAO) se démocratise de plus en plus. Il a notamment invité quatre violonistes présentes sur une de ses dates au théâtre Ducourneau.

    Celui qui se sent encore comme « le magasinier qui vendait des tuyaux » a souhaité garder un lien fort avec sa terre du sud-ouest ainsi que sa famille. Père deux filles âgées de 7 et 3 ans, Aurélien Vivos affiche cet attachement dès la première chanson (« Gravé dans le marbre ») : « Elle avait tout, la puissance mais aussi la douceur. J’aimerais bien faire un clip sur celle-là. J’ai voulu ouvrir l’album avec celle-là parce que la famille est mon socle. Je m’efforce de préserver ça, qui est la base de tout ».

    Hommage à Johnny Hallyday

    Il a cependant fallu trier parmi la quarantaine de maquettes enregistrées pour arriver à une sélection de dix de morceaux, depuis élargie à 13. Le chanteur s’est principalement appuyé sur le talent de François Welgryn et William Rousseau, tous deux rencontrés lors de son passage à The Voice. Mais aussi John Mamann et Didier Barbelivien, qui a participé à la conclusion de l’album, « Un dernier blues pour Johnny ». « Il était très proche de Johnny Hallyday. Il voulait écrire une chanson pour son ami et que ça soit moi qui la chante. Sur le premier arrangement, c’était très rock et je poussais beaucoup plus sur la voix. Mais on a gardé le deuxième parce qu’il mettait plus en avant les paroles », se souvient l’interprète.

    Après avoir connu l’Olympia en juin 2024, cet album très personnel raconte les deux dernières années mouvementées d’Aurélien Vivos, entre grand succès et profondes remises en question. « Il m’arrive de douter, parce que le temps passe et je ne sais pas si les gens vont continuer à venir aux concerts. Mais ils sont toujours là, et c’est ça ma plus belle histoire. Elle perdure, ça se construit et je sens que c’est le début de quelque chose de solide », sourit-il.

     

    « C’était une histoire folle »

    En deux années pleines d’émotions et de souvenirs, Aurélien Vivos a vécu un début de carrière mouvementé. Ce garçon de nature timide est notamment monté sur la scène mythique de l’Olympia. Il s’est ainsi construit une base solide de fan (« même si je n’aime pas ce mot »). Le chanteur a pu nourrir cet album de belles histoires, comme celle cachée derrière le titre « Place 14 » : « Un jour, je fais une séance dédicace à Moissac. Une dame vient et me dit « j’ai pris une place pour un de tes concerts, je suis à la place 14 ! ». Je lui ai dit que j’allais à Paris dans les prochains jours, et que j’écrirais une chanson pour elle qui s’appellera Place 14. Puis j’oublie son visage. Quelques mois plus tard, après mon concert à l’Olympia, je recroise cette dame qui s’appelle Marguerite et qui vient partout où elle peut. Et elle me montre son billet avec à nouveau la place 14 ! C’était une histoire folle. Ça me fait réfléchir sur l’interprétation de cette chanson lors de mes prochains concerts ». L’une des nombreuses idées qui se trament dans la tête d’Aurélien Vivos.

    Téo Munch

  • « Certaines personnes ne respectent pas les règles » : La mairie d’Agen envahit les panneaux publicitaires contre les incivilités

    « Certaines personnes ne respectent pas les règles » : La mairie d’Agen envahit les panneaux publicitaires contre les incivilités

    « Certaines personnes ne respectent pas les règles » : La mairie d’Agen envahit les panneaux publicitaires contre les incivilités

    Depuis deux semaines et jusqu’à la fin du mois, la municipalité mène une campagne de communication pour sensibiliser les habitants sur la question de la propreté en ville.

    Ces affiches rappellent le risque encouru, à savoir 135 euros d’amende. DDM – MORAD CHERCHARI

     

    Sur 25 des 40 panneaux publicitaires présents dans le centre d’Agen, des affiches pour le moins surprenantes ont pris place ces dernières semaines. Quand les unes affichent de l’urine et des crottes de chiens, d’autres représentent en gros plan des canettes, des sacs-poubelle, des mégots ou encore des trottinettes. Avec une inscription commune : « Et là, vous voyez le problème ? ».

    Cette campagne de grande ampleur, menée par la Ville d’Agen, vise à lutter contre les incivilités, principalement autour de la propreté. « C’est une bonne chose. Je n’ai pas fait attention aux affiches, mais ça va de soi. Jeter des mégots par terre, ça me rend dingue. Mais je pense que c’est vraiment une bonne chose », souligne William, devant l’une d’entre elles.

    « L’amélioration de la propreté » comme priorité

    Et même si la forme interpelle, certains passants semblent y prêter peu attention. « Je trouve ça bien comme initiative. Mais la couleur ne saute pas vraiment aux yeux. Et je pense que le montant de l’amende devrait être en rouge ou jaune pour qu’on le voit plus », analyse Odile. « Sur les affiches avec les crottes de chien, il faudrait peut-être préciser les endroits où l’on peut trouver des sacs à disposition », suggère de son côté Sophie.

    Elle s’inscrit dans le programme « Agen propreté », que la municipalité devrait présenter dans les prochains jours et composé de trois piliers : « La réorganisation du service propreté en trois secteurs au sein de la ville, transformer le mode de collecte avec les points d’apport volontaire et la campagne de communication sur la gestion des incivilités », énumère Thomas Zamboni, adjoint du maire en charge de la vie des quartiers.

    « Le maire, Jean Dionis du Séjour, avait décidé que la lutte contre l’isolement et l’amélioration de la propreté seraient les deux politiques prioritaires pour la fin de son mandat. Je trouve qu’on a réussi beaucoup de choses à Agen. Mais sur la propreté, il y a encore des marges de manœuvre », résume-t-il. À travers différentes mesures, notamment la fin des collectes de poubelles en porte-à-porte et la mise en circulation de brigades de propreté, la ville souhaite changer drastiquement son rapport à la propreté.

    Une campagne menée 3 à 4 fois par an

    Thomas Zamboni explique aussi cette forte mobilisation par une volonté des habitants de faire respecter les mesures déjà en vigueur : « La plupart des gens trouvent intolérable que les personnes qui ne respectent pas les règles ne soient pas sanctionnées. Ils veulent que leurs élus les fassent respecter. Et avec le maire, on est dans cette position », juge-t-il.

    Ces affiches devraient rester encore une semaine, avant de revenir trois à quatre fois dans l’année. Une manière d’insister sur les problèmes provoqués par ce fléau dans les rues d’Agen. « Si la ville est sale, ce n’est pas la faute du maire ou des agents en charge de la propreté. C’est avant tout parce que certaines personnes la salissent et ne respectent pas les règles. Ils voient le fait de jeter son mégot comme quelque chose d’anodin. Le but de ces campagnes de communication est de rappeler que ce sont non seulement des incivilités mais aussi des infractions », estime Thomas Zamboni.

    Téo Munch

  • « Amener des spectacles de magie dans la ruralité » : Magnus et la main secrète, un magicien agenais à la recherche d’une nouvelle image

    « Amener des spectacles de magie dans la ruralité » : Magnus et la main secrète, un magicien agenais à la recherche d’une nouvelle image

    « Amener des spectacles de magie dans la ruralité » : Magnus et la main secrète, un magicien agenais à la recherche d’une nouvelle image

    Basé à Agen, Maxime Terret abandonne peu à peu son personnage « Maxim ? » pour se renouveler, aussi bien dans son caractère que dans ses tours de magie.

    Maxime Terret sera ce samedi 22 février sur la scène du Plancher des vaches à Agen. DDM – MORAD CHERCHARI

     

    Sa maîtrise de la mise en scène impressionne. Autant grâce à son rythme que son énergie, Maxime Terret affiche son professionnalisme. « J’ai tendance à penser que si l’on me demande à la fin du tour comment j’ai fait, c’est que j’ai échoué. Il faut que la personne soit impressionnée. Ça m’arrivait avant, mais ma présentation actuelle est tellement carrée et professionnelle qu’ils ne posent plus la question. Ils se rendent compte qu’ils ont passé un bon moment, et la méthode passe au second plan », analyse-t-il.

    Cette impression est pourtant le fruit d’une remise en question progressive sur l’image que le magicien de 34 ans souhaite véhiculer, pour basculer vers celle de « Magnus et la main secrète ». Son public le connaît sûrement sous le nom de « Maxim ? ». Il montera d’ailleurs sur scène au Plancher des vaches ce samedi 22 février pour la dernière fois avec ce personnage. Qui n’en est pas vraiment un.

    5 heures de travail par jour

    « J’étais un peu lassé de mon personnage qui était finalement moi-même. Cette fois, c’est un personnage mystérieux mais bienveillant, dans le partage d’expériences magiques et sensorielles. Et je change tous mes numéros. Je veux être un peu plus intime pour créer quelque chose de vraiment fort. Pourquoi « la main secrète » ? Parce qu’on ne me voit jamais faire, on se douterait presque que j’ai une troisième main », indique-t-il.

    Maxime Terret travaille donc près de cinq heures par jour dans le but de transformer son image. Notamment sa manière de présenter ses tours, dont l’importance ne peut être négligée. « Un magicien est un comédien qui joue un rôle. Je suis plus un comédien qu’un magicien. Sinon, j’aurai des pouvoirs magiques et serais milliardaire », sourit-il.

    D’autant plus que de par son caractère, cet aspect nécessite un entraînement particulier : « Je suis quelqu’un de très brouillon, je réponds toujours très rapidement aux questions. Mon cerveau va très vite, alors qu’un tour de carte doit être présenté lentement. Je travaille énormément sur la présentation car pour tous les numéros, j’écris un texte. Tout est important, il faut que ça soit millimétré ».

    « Il n’y a pas meilleur salaire que voir les gens émerveillés »

    Il est cependant bien aidé par son excellente capacité de mémorisation. Outre les démonstrations de mémoire prodigieuse ou de calcul mental, elle lui permet d’enregistrer une centaine de numéros (« à base d’illusions, sans trucage ») avec tous types d’objets : cartes, gobelets, balles, pièces, cordes, épingles à nourrice et même journaux. « Le plus facile va prendre quelques heures à un pur débutant pour le maîtriser, le plus compliqué nécessitera dix ans pour un professionnel. On aime les challenges, il faut avoir le plaisir de faire quelque chose de complexe. Mais si on peut faire le plus simple possible, on se doit de le faire parce qu’on a plus de temps pour apprécier le moment et être plus appliqué sur la présentation », juge-t-il.

    Ce bonheur, Maxime Terret le retrouve principalement dans les yeux des petits comme des grands. « Il n’y a pas de meilleur salaire que de voir les gens émerveillés », reconnaît-il. Si bien qu’il souhaite développer des opérations auprès de causes particulières : « Deux fois par an, je fais une prestation pour des associations sous forme de bénévolat, car certaines personnes n’ont pas forcément l’occasion de voir des magiciens. Ça rentre aussi dans ma volonté d’amener des spectacles dans la ruralité ». Un magicien aussi grand par le talent que la générosité.

    Téo Munch

  • « Deux cultures différentes mais complémentaires » : Marco Poingt en concert ce week-end dans le Lot-et-Garonne

    « Deux cultures différentes mais complémentaires » : Marco Poingt en concert ce week-end dans le Lot-et-Garonne

    « Deux cultures différentes mais complémentaires » : Marco Poingt en concert ce week-end dans le Lot-et-Garonne

    Le pianiste agenais est de retour sur ses terres avec sa tournée “Harmonia”, mélangeant son instrument fétiche avec l’harmonica de l’artiste brésilien Pablo Fagundes.

    Marco Poingt sera à Tonneins ce samedi. DDM – ISMAELLE BEAU

     

    Marco Poingt surfe sur le succès. Après six mois passés à jouer aux quatre coins de la planète, le pianiste agenais signe un retour sur ses terres pour présenter sa tournée intitulée Harmonia. Il se produira d’abord ce vendredi 21 février au théâtre d’Auch à 20 h 30, puis ce samedi 22 au cinéma Le Rex de Tonneins à 20 h 45 pour un concert organisé par le Lions Club Aiguillon.

    Mélange de musiques francophones et brésiliennes

    Marco Poingt partagera la scène avec Pablo Fagundes, un harmoniciste brésilien rencontré lors de son premier passage au Brésil en 2022. Partageant plusieurs passions communes comme le sport ou la cuisine, cette connexion d’abord humaine s’est enrichie d’une complicité artistique. « C’est assez rare un duo piano/harmonica. On a bien aimé le challenge », souligne-t-il.

    Pendant près d’une heure et demie, le pianiste et l’harmoniciste mélangent leurs talents et influences pour une association réussie. Ainsi, les chansons de Jacques Brel ou encore Claude Nougaro sont interprétées entre des musiques folkloriques brésiliennes. « Ce sont deux cultures différentes mais complémentaires, avec des points communs. Et ça se marie bien », analyse Marco Poingt. Quelques compositions originales devraient également ponctuer ces reprises, tandis que la chanteuse espagnole Carolina Alabau participera à quelques morceaux.

    Un album « dans les prochaines semaines »

    Ces deux dates seront au bénéfice de la Ligue contre le cancer ainsi que la recherche sur les cancers pédiatriques. « Je défends régulièrement ces causes, et certaines personnes de mon entourage sont atteintes par ces maladies. Et je trouve important en tant qu’artiste de défendre ce qui nous touche », estime-t-il.

    Les précédentes dates ont connu un certain succès, avec notamment « un millier de personnes » au festival Jazz Plaza de Cuba. Les deux partenaires clôtureront leur tournée en août au Brésil, là où elle a commencé. Un album devrait également voir le jour « dans les prochaines semaines », avec une majorité de titres joués lors de ce grand voyage.

    Téo Munch

  • « Ça permet de rencontrer de nouvelles personnes » : Des permanences hebdomadaires au soutien de la communauté LGBT à Agen

    « Ça permet de rencontrer de nouvelles personnes » : Des permanences hebdomadaires au soutien de la communauté LGBT à Agen

    « Ça permet de rencontrer de nouvelles personnes » : Des permanences hebdomadaires au soutien de la communauté LGBT à Agen

    Tous les mardis de 17 h 30 à 19 h 30, l’association Fiertés 47 organise des permanences pour profiter d’un moment convivial où règne le respect de chacun.

    Ce soir-là, la bonne humeur était bien présente chez la dizaine de participants. Photo – Téo Munch

     

    Pour atteindre le deuxième étage de l’immeuble installé au 6 rue Chaudordy d’Agen, il faut monter un bel escalier orné de guirlandes aux couleurs de l’arc-en-ciel. Cet indice annonce l’ambiance chaleureuse qui règne tous les mardis soir dans les locaux de La Mèche, Le Refuge du Lot-et-Garonne et Fiertés 47.

    De 17 h 30 à 19 h 30, cette dernière association, qui lutte contre les discriminations liées aux identités de genre et à l’orientation sexuelle, organise une fois par semaine des permanences. Elles ont été lancées en octobre pour créer un lieu intime, où chacun peut s’exprimer et se faire entendre. « Au lancement de l’association Fiertés 47, on essayait de faire des petits événements une à deux fois par mois. Mais on s’est rendu compte que ce n’était pas suffisant parce que certaines personnes n’étaient pas disponibles à ces moments-là. Et en général ce sont des moments festifs, et il n’y a pas spécialement d’échanges », reconnaît Frédéric Poussin, membre du conseil d’administration de Fiertés 47.

    Pas de programmation fixe

    Alors que ces moments ne réunissaient que six personnes les premières fois, ils sont désormais entre dix et vingt à se retrouver chaque semaine autour d’une table remplie de gâteaux et de boissons. L’occasion de passer un moment convivial et de se découvrir un peu plus. « Ça nous permet aussi de rencontrer de nouvelles personnes qui souhaitent adhérer à l’association, présenter ses valeurs et ses actions », énumère Aude Beaurepaire, coprésidente de Fiertés 47.

    Ce soir-là, aucun programme n’a été fixé. Peu importe, le principal est de passer un bon moment « festif et convivial », comme indiqué sur un vaste tableau blanc. On y retrouve d’ailleurs les principales règles à suivre : « écouter avec bienveillance, ne pas tenir de propos discriminatoire, prendre en considération toutes les personnes présentes et respecter les uns et les autres ». Une ligne qui devrait, normalement, être la base d’une vie en société. « Le « normalement » est très important », souffle un participant dont le chien, prénommé Perceval, a largement animé la soirée.

    Jeux et discussions à thème

    « Un espace de discussion sert aussi à ne pas se sentir obligé de faire son coming out. Et si les personnes ont envie de le faire, on l’accueille tout autant. Souvent on fait des tours de table, donc ça permet à certaines personnes de se questionner sur leur identité », souligne Aude Beaurepaire. Cela peut prendre la forme de jeux, notamment en questionnant chacun sur son film préféré, « ce qui arrive souvent », ou encore les personnalités LGBTQIA + marquantes de chacun, si tant est qu’il y en ait.

    Ces instants de discussion permettent également d’évoquer les projets et de proposer d’éventuelles idées. Par exemple, l’association prévoit de mettre en place à partir du 25 mars des journées à thème en commençant par celui « de l’ombre à la lumière ». Les représentants expliqueront notamment la signification des couleurs des drapeaux, mais aussi l’historique des revendications de la communauté LGBT, la naissance de ce mouvement ou encore les principales figures. « Quand on est seul et qu’on n’a pas spécialement connaissance de l’histoire des luttes ou même cette idée de lutter, c’est un espace où on va acquérir une certaine culture », constate Frédéric Poussin.

     

    Des témoignages forts

    Certains peuvent être plus bavards que d’autres. Cela tombe bien, aucune obligation n’est imposée. Les échanges permettent de nourrir les expériences de chacun. « Avec différentes générations, on n’a pas le même vocabulaire ou le même vécu », rappelle Frédéric Poussin. Ces moments permettent également de raconter des histoires marquantes, comme celle de Jean Massa, originaire de Côte-d’Ivoire et arrivé en France en juillet 2024. « En tant que gay, je suis venu fréquenter cette communauté en France pour voir comment ça se passe ici. Chez nous, on n’a pas cette liberté-là de manifester, ça n’existe pas. Actuellement, on n’a pas les bons gouvernements en Côte-d’Ivoire pour nous défendre. Il n’y a aucune loi qui nous aide là-bas. Les personnes LGBT ne sont pas bien vues dans la société, et c’est très difficile de vivre caché. On a peur des représailles. Je suis issu d’une famille religieuse et conservatrice, donc ils n’acceptent pas. J’ai été victime de discriminations. Donc j’ai tout laissé au pays pour venir chercher refuge ici où il y a plus de libertés pour vivre de sa sexualité. Par exemple, c’est la première fois que je vois une marche des fiertés », raconte-t-il. En effet, l’homosexualité est dépénalisée en Côte-d’Ivoire, mais aucune protection n’est apportée aux personnes membres de la communauté LGBT. Tous les participants autour de la table l’ont remercié pour ce témoignage poignant.

    Téo Munch