Auteur/autrice : teo_adm

  • « On veut juste jouer au football » : 12 à 20 matchs de suspension pour trois joueurs de district du Agen RC

    « On veut juste jouer au football » : 12 à 20 matchs de suspension pour trois joueurs de district du Agen RC

    « On veut juste jouer au football » : 12 à 20 matchs de suspension pour trois joueurs de district du Agen RC

    La commission de discipline du District 47 a infligé des sanctions de 12 à 20 matchs de suspension à trois joueurs du Agen RC, suite aux incidents survenus face à l’ASSA Pays-du-Dropt. Ce verdict met fin à la période de suspension du club, mais peut avoir des conséquences sur la suite de la saison.

    Malgré ces sanctions, l’Agen RC espère se maintenir en Départementale 2. Photo – FF

     

    L’histoire commence le 15 décembre lors de la 6e journée de Départementale 2. Sur la pelouse du stade Max-Delpy à Allemans-du-Dropt, les locaux se sont imposés face au club agenais (3-1). À l’issue de la rencontre, plusieurs incidents ont eu lieu et les forces de l’ordre avaient dû intervenir.

    Dans une plainte déposée par l’ASSA Pays-du-Dropt au président du District 47 le lendemain, le coprésident du club Laurent Beze indiquait avoir été « bousculé » par deux joueurs de l’équipe adverse, puis « agressé » par l’un d’eux. Quatre Agenais auraient ensuite tenté de s’introduire dans les vestiaires de l’ASSA, et des menaces de mort auraient été prononcées.

    Une sanction « disproportionnée » pour l’Agen RC

    Cet incident s’ajoutant à celui survenu lors de la défaite à Marcellus en novembre dernier (6-1), les deux effectifs seniors du Agen Racing Club ont été suspendus à titre conservatoire en attendant la décision de la commission de discipline.

    Ainsi, pour l’équipe première, les réceptions de Tonneins le 19 janvier et de Monflanquin une semaine plus tard avaient dû être reportées, tout comme celles de l’US Bazeillaise 2 et l’AS Castillonnès Cahuzac 2 en D4 pour la deuxième équipe.

    Ce lundi 3 février, le District 47 a infligé de lourdes sanctions à trois joueurs du Agen RC : 20 matchs de suspension pour deux joueurs, et 12 matchs pour un troisième. Le club devra également prendre en charge les frais d’un arbitre assistant (l’arbitre principal restera à la charge des deux clubs) et d’un délégué officiel sur l’ensemble de ses matchs disputés.

    « Je trouve cette sanction un peu disproportionnée. L’année dernière, j’ai assisté à un match où il s’est passé des choses beaucoup plus graves avec intrusion des supporters et bagarre générale. La plus grosse sanction était de dix matchs. Et au niveau financier, il faudra être bon » estime Ayoub El Kouchni, président du Agen RC.

    « Il y a une fin de championnat à gérer »

    Le verdict résonne comme un soulagement pour l’effectif, leur dernier match remontant au 8 décembre dernier. « Les joueurs sont contents, car ils pensaient que la saison était finie. Ils veulent juste jouer au foot et se faire plaisir. Mais ça fait beaucoup de cardios à rattraper et le retour n’est pas facile », remarque-t-il.

    Avec deux joueurs en moins pour le reste de la saison et le capitaine ayant quitté le club, les conséquences sportives peuvent être majeures. Le club agenais pointe à l’avant-dernière place de la poule U avec 8 points récoltés en dix matchs, avant le déplacement sur le terrain de l’OS Agenais ce dimanche.

    Le match retour face à l’ASSA Pays-du-Dropt est prévu le dimanche 16 mars, cette fois-ci à domicile au stade Jacques Queyreur. « On veut apaiser et ne pas mettre de l’huile sur le feu, parce qu’il y a une fin de championnat à gérer », souligne Laurent Beze. « On les accueillera le mieux possible, et je tiens à répéter que les soucis mêlant l’Agen RC concernent les matchs à l’extérieur. À domicile, ça se passe relativement bien. On veut juste jouer au foot », indique de son côté Ayoub El Kouchni. Dans la quête du maintien, cette attitude sera essentielle.

    Téo Munch

  • « On veut leur montrer qu’ils ne sont pas seuls » : à Agen, la Marche des fiertés repart pour une troisième édition

    « On veut leur montrer qu’ils ne sont pas seuls » : à Agen, la Marche des fiertés repart pour une troisième édition

    « On veut leur montrer qu’ils ne sont pas seuls » : à Agen, la Marche des fiertés repart pour une troisième édition

    La Marche des Fiertés d’Agen aura lieu le 10 mai prochain. Cet événement a pour objectif de soutenir la communauté LGBTQIA + face à une hausse des discriminations dans l’ensemble du pays.

    L’édition 2024 de la Marche des fiertés avait rassemblé près de 1400 personnes. DDM – DDM MORAD CHERCHARI

    Après le succès des deux dernières éditions, la Marche des fiertés d’Agen revient le samedi 10 mai. Elle sera organisée par le collectif Pride 47, composé des associations Fiertés 47 et La Mèche ainsi que de la fondation Le Refuge.

    La journée débutera dès 11 heures au village associatif sur la place Jasmin. Une quinzaine de stands y seront installés pour informer sur les actions menées par les différentes structures qui luttent contre les discriminations envers la communauté LGBTQIA +. D’ici, la marche sera lancée pour une durée d’environ deux heures. Enfin, le Florida accueillera à partir de 19 heures une soirée queer avec des performances artistiques, des expositions et de nombreuses activités jusqu’à 0 h 30.

    « Les idées réactionnaires nous inquiètent »

    Cet événement s’inscrit dans une lutte contre une LGBTphobie toujours plus présente. Comme indiqué par le ministère de l’Intérieur, les infractions anti-LGBT + enregistrées ont augmenté de 13 % en 2023 par rapport à l’année précédente. Concernant les crimes et délits, le nombre monte jusqu’à 19 %.

    « En ce moment, la situation n’évolue pas forcément dans le bon sens pour les personnes LGBT. On voit ce qui se passe à l’étranger, et ça pointe méchamment son nez en France. Les idées réactionnaires et d’extrême droite, qui veulent nous mettre gentiment dans le placard, nous inquiètent. Il y a une grosse attaque et des choses abjectes qui se disent contre les personnes transsexuelles. On parle de Donald Trump aux États-Unis, mais les mêmes énormités sont conférées ici aussi par certains », remarque Frédéric Poussin, membre du conseil d’administration de Fiertés 47.

    Soutenir la communauté LGBT en milieu rural

    L’objectif de cette Marche des fiertés est également de continuer à afficher son soutien à la communauté LGBTQIA + en milieu rural. Et de montrer que les personnes de ce territoire, loin des grandes villes, peuvent affirmer librement leur orientation sexuelle ou leur identité de genre.

    « Ces derniers temps, il y a un focus très inquiétant sur les personnes trans, et ça fait peur. Il y a des gens qui vont rester toute leur vie dans leur placard, on veut leur montrer qu’ils ne sont pas seuls », souligne Béatrice Voisin, déléguée départementale du Refuge en Lot-et-Garonne. Une manière de dire « on est là », malgré les mauvais bruits autour.

    Téo Munch

  • Dans cette nouvelle crèche du Lot-et-Garonne, on veut développer une pédagogie innovante auprès des enfants grâce à des chèvres

    Dans cette nouvelle crèche du Lot-et-Garonne, on veut développer une pédagogie innovante auprès des enfants grâce à des chèvres

    Dans cette nouvelle crèche du Lot-et-Garonne, on veut développer une pédagogie innovante auprès des enfants grâce à des chèvres

    Une nouvelle crèche a été inaugurée à Roquefort cette semaine après trois mois d’ouverture. L’objectif est de développer une pédagogie innovante auprès des enfants, notamment grâce à la présence… de chèvres.

    L’inauguration de la nouvelle crèche de Roquefort a eu lieu cette semaine. Photo – Agglomération d’Agen

     

    Ce lieu pourrait, enfin, bien porter son nom. La nouvelle crèche “Les Bisounours”, inaugurée cette semaine, remplaçait une structure « vieillissante, ce qui aurait nécessité une grande rénovation », explique Laurence Crepy, chef de service Petite enfance de la Ville et de l’Agglomération d’Agen. Depuis le 4 novembre, l’espace Arlabosse de Roquefort dispose désormais d’un bâtiment flambant neuf, favorable à une pédagogie à l’ambition « innovante ».

    La société « People and Baby », gérant des lieux depuis septembre 2022 par délégation de service public (DSP) et pour une durée de 12 ans, souhaite en effet s’orienter vers la notion de « génération durable » avec des ateliers autour de « la nature, le beau, le zen, la communication et l’ouverture au monde ». Ce projet se matérialise par un grand terrain extérieur, avec un espace de jeux et d’un enclos qui pourra accueillir… des chèvres. « Au-delà de moments récréatifs, l’animal peut jouer un rôle dans les liens d’attachement, la sécurité affective, la libération des émotions et le développement de la motricité », explique-t-elle.

    Des locaux sur deux niveaux

    Le bâtiment, d’une surface 424 m² dont 265 pour les espaces dédiés aux enfants, est réparti en deux niveaux (et non deux étages) en raison du terrain en pente douce. Le rez-de-chaussée accueille notamment l’accueil des parents et un vaste espace pour le personnel. Le niveau supérieur, accessible par une dizaine de marches ou un ascenseur, dispose, lui, d’une salle de vie, de dortoirs et d’une salle de repas.

    Au niveau du personnel, l’équipe est composée d’une directrice infirmière-puéricultrice, d’une éducatrice de jeunes enfants, d’une infirmière, de trois auxiliaires de puériculture et de huit étudiants en CAP petite enfance. Elle pourra compter sur l’appui d’une puéricultrice coordinatrice implantée sur le territoire agenais.

    41 places disponibles

    L’effectif de la crèche a été augmenté de quatre places par rapport aux 37 disponibles jusqu’alors. « Ça ne paraît pas énorme sur le territoire, mais ce n’est pas rien. On fait toujours attention à porter un regard sur la proposition des autres modes de garde du territoire, de manière qu’il y ait un équilibre », souligne Laurence Crepy. Les travaux, commencés en 2023, ont donc permis de donner un second souffle à ce lieu.

    Côté financier, le montant de ce chantier s’élève à 2 202 500 euros à la charge de “People and baby”. De plus, la concession de service public implique le versement par l’Agglomération d’Agen d’une indemnité de 225 884 euros par an, intégrant l’amortissement des investissements réalisés par « People and baby » à hauteur de 111 448 euros annuels. La caisse d’allocations familiales (Caf) a quant à elle participé avec une aide à l’investissement de 532 678 euros. Le prix pour offrir aux enfants une place parmi les bisounours.

    Téo Munch

  • « La première année c’est dormir, manger, travailler » : Les études de santé, entre passion et inquiétudes

    « La première année c’est dormir, manger, travailler » : Les études de santé, entre passion et inquiétudes

    « La première année c’est dormir, manger, travailler » : Les études de santé, entre passion et inquiétudes

    Depuis 2019, les étudiants ont la possibilité d’effectuer une préparation à la première année de médecine à Agen. La difficulté et la durée de ce parcours n’empêchent pas de nouer de réelles vocations chez les jeunes lot-et-garonnais.

    43 % des élèves de Pass-Las ressentent un stress intense plusieurs fois par jour, selon la Fage. DDM – DDM- MICHAËL FABRE

    Dans l’amphithéâtre 400, ils sont plus d’une cinquantaine de lycéens à se poser des questions et attendre des réponses. Le campus du Pin de l’Université de Bordeaux organisait cette semaine une soirée « Ambition santé ». Une rencontre durant laquelle quelques-uns des 70 étudiants en première année de santé à Agen ont pu faire part de leur expérience en Parcours accès spécifique santé (Pass) ou Licence accès santé (Las). Le rythme de travail, entre autres, a évidemment été évoqué. « La première année de santé, c’est dormir, manger, travailler », remarque Gaël Tabarly, chef de projet sur le campus d’Agen pour l’Université de Bordeaux.

    Une année difficile

    Les études en filière médicale, reconnues pour être longues et intensives, peuvent en décourager plus d’un. Dans un sondage réalisé en avril 2024 par la Fédération des associations générales étudiantes (Fage) pour franceinfo, 43 % des élèves de Pass-Las ressentent un stress intense plusieurs fois par jour, pendant que 42 % déclarent avoir envie d’arrêter en cours d’année. Ce sentiment se serait aggravé suite à une réforme en 2020, divisant la Première année commune aux études de santé (Paces) en deux voies d’accès Pass et Las.

    Certains étudiants appréhendent de se lancer dans le grand bain. Marwa, lycéenne en classe de Première générale avec en option des matières scientifiques (physique-chimie, SVT et mathématiques), hésite à s’engager dans cette voie en raison du niveau d’exigence imposé. « Ça m’a toujours intéressé mais plus le temps avance, plus je me demande si c’est vraiment ce que je veux faire plus tard. Les spécialités sont déjà assez compliquées. Je veux être sûr de vraiment vouloir faire ça parce que le niveau est très élevé. Il y a le concours, le stress, le fait de ne plus avoir de vie… »

    « Je ne me vois pas faire autre chose »

    Cette inquiétude se fait davantage ressentir par rapport aux études que le métier en lui-même, malgré une dénonciation croissante des professionnels du secteur vis-à-vis de leurs conditions de travail. Pourtant, cette problématique semble occuper peu de place dans la réflexion des lycéens qui souhaitent s’orienter vers ce domaine, avec la passion comme maître-mot. « J’ai envie de faire ce métier parce que j’ai envie d’aider grâce à la médecine. Les études longues, ça ne me gêne pas », affirme Lenny, élève de terminale technologique en série STL et fils d’agriculteur.

    Même son de cloche du côté de Manon, en première générale options physique-chimie, SVT et espagnol : « J’aime apprendre des choses sur le corps humain et pouvoir aider les gens tout en comprenant ce qui se passe à l’intérieur. Ce sont des études longues, donc certains ont un peu peur et moi aussi, ça me freine un peu. Mais si on a envie de le faire, on n’a pas la même vision sur le métier. Je ne me vois pas faire autre chose et je sais que travailler tout le temps, ça me correspond. Il faut essayer ».

     

    Un service « Bienvenue Docteur ! » pour soutenir les étudiants

    Ce dispositif a été lancé par le Conseil départemental de Lot-et-Garonne pour lutter contre la désertification médicale. Il soutient également les étudiants dès le lycée pour sensibiliser les jeunes aux études de santé et, à l’avenir, les accompagner à s’installer sur le territoire. L’objectif est d’encourager les vocations médicales avant l’entrée en études supérieures, alors que les Lot-et-Garonnais ne représentent que 10 % parmi les élèves en médecine de deuxième année. « Il y a un enjeu de recrutement car les étudiants agenais ont tendance à s’autocensurer et à déconsidérer les formations d’Agen alors que ce sont les mêmes qu’à Bordeaux. On veut répondre à ces idées reçues et montrer qu’ici, on a aussi la capacité de se former dans des conditions aussi bonnes qu’à Bordeaux », insiste Gaël Tabarly.

    Téo Munch

  • « L’apprentissage doit rester une priorité nationale » : Une année de succès pour la Chambre des métiers de La Palme

    « L’apprentissage doit rester une priorité nationale » : Une année de succès pour la Chambre des métiers de La Palme

    « L’apprentissage doit rester une priorité nationale » : Une année de succès pour la Chambre des métiers de La Palme

    La Chambre des métiers et de l’artisanat (CMA) de La Palme a présenté un bilan de l’année 2024 dans ses différents secteurs d’activité. Avec des notes globalement positives, malgré les difficultés rencontrées à l’échelle nationale.

    L’équipe de la Chambre des métiers a présenté son bilan de l’année 2024. Photo – Téo Munch

    Après une année 2024 globalement réussie, la Chambre des métiers et de l’artisanat (CMA) Formation – La Palme, située à l’impasse Morère d’Agen, a livré quelques chiffres sur la dynamique entretenue dans ses différents pôles. Avant sa journée portes ouvertes ce samedi 1er février, elle a toutefois rappelé certaines difficultés subies par le secteur de l’artisanat, alors que nombre d’entreprises affichent un manque de confiance en l’avenir (50,6 % dans la région, selon la CMA Nouvelle-Aquitaine).

    • Bilan au niveau local et national

    « Depuis quatre ans, le pays connaît plusieurs mouvements de crise, notamment gouvernementale. La situation est invivable. Il faut alléger le coût du travail, simplifier la vie des entreprises mais aussi stabiliser les règles fiscales et sociales applicables », introduit avec une once de révolte Jean-François Blanchet, président CMA du Lot-et-Garonne. Selon l’organisme, 40,6 % des entreprises à l’échelle régionale sont en situation financière critique (notamment dans le secteur de la production), tandis que 31,25 % déclarent faire face à des défis financiers majeurs tels que la gestion d’une trésorerie suffisante pour couvrir les charges ou encore la hausse des coûts des matières premières.

    Le président a tout de même tenu à souligner l’importance de l’artisanat au niveau local, notamment les communes et les Établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), et la volonté des entreprises de continuer à accueillir des apprentis. « Les jeunes sont le vecteur de l’avenir, et l’apprentissage doit rester une priorité nationale », juge-t-il.

    • CMA Formation

    Le centre de formation d’apprentis (CFA) a connu des « résultats très performants », d’après Jean-François Blanchet. En effet, 2024 a été une année record avec 953 apprentis (soit 300 de plus qu’il y a dix ans), ainsi qu’une quarantaine d’adultes en reconversion professionnelle sur des formations spécifiques.

    Pour rappel, il propose quatre grandes familles professionnelles : l’automobile, l’alimentation, l’hôtellerie et la coiffure, ainsi que deux unités (chaudronnerie/soudure et formation CAP vente).

    • Création, reprise et formalités

    Ce pôle accompagne les personnes avec un projet de création ou de reprise d’entreprises, notamment dans l’artisanat. « On va essayer de les accompagner d’un point 0 qui est une vague idée, jusqu’au point final. Il y a toute une phase de sensibilisation à travers des réunions d’information, puis sur de l’accompagnement individuel pour monter un projet, regarder sa cohérence et sa pertinence mais aussi faire une étude de marché », souligne le responsable, Éric Thénevot. En 2024, 450 personnes ont été accompagnées, et 175 ont suivi une formation créateur/repreneur.

    • Développement des entreprises

    « Ce sont tous les programmes d’accompagnement des entreprises qui souhaitent se développer via des investissements et des montages de dossiers de subventions régionales », relate Laure-Anne De Sermet, responsable du pôle. Elle donne notamment en exemple les 100 000 euros d’aides apportés à une entreprise de chaudronnerie. « Trop souvent, les entreprises peuvent être aidées par des subventions régionales mais passent à côté. La Chambre des Métiers a ce pouvoir relationnel. C’est tellement complexe qu’il faut se faire accompagner », rappelle de son côté Jean-François Blanchet.

    • Foyer des jeunes travailleurs

    Avec 478 jeunes accueillis l’année dernière et un taux de remplissage de 85 %, le foyer des jeunes travailleurs souhaite « offrir un logement abordable, promouvoir l’insertion sociale et professionnelle, offrir un soutien aux zones rurales et répondre à la problématique de la mobilité des jeunes », explique Jade Sora, responsable du FJT. Celui-ci propose également le dispositif Apprentoit, pour aider les apprentis à se loger à moindre coût.

    Téo Munch

  • « C’est une magnifique aventure » : un an pour éduquer un futur chien d’assistance

    « C’est une magnifique aventure » : un an pour éduquer un futur chien d’assistance

    « C’est une magnifique aventure » : un an pour éduquer un futur chien d’assistance

    À partir de juin, une Boétienne proposera auprès de familles d’accueil des cours pour éduquer un futur chien d’assistance. Cette expérience enrichissante de douze mois permet de nouer un véritable lien avec l’animal.

    Élisabeth Delorme, déléguée de l’association Handi’chiens en Lot-et-Garonne, aux côtés de Paddy. Photo – E.D.

     

    À première vue, le concept peut paraître surprenant : « La famille d’accueil récupère un chiot qu’elle n’a pas choisi. Puis elle va le confier à une autre famille qu’elle ne connaît pas. Il faut vraiment se dire qu’on ne le fait pas pour soi ». Mais plutôt dans le but d’éduquer, avec l’association Handi’chiens (lire encadré), un futur chien d’assistance au bénéfice, notamment, de personnes en situation de handicap.

    C’est aussi une expérience de douze mois passionnants. Bénévole durant quatre ans, Élisabeth Delorme retrace son parcours avec une joie débordante. « C’est une magnifique aventure », sourit-elle aux côtés de Paddy, éduqué avec les méthodes Handi’chiens et depuis sorti de ce système en raison de problèmes de santé.

    Une éducation bienveillante

    Habitante à Boé et déléguée de l’association Handi’chiens en Lot-et-Garonne, elle organisera à partir de juin des cours auprès de familles d’accueil bénévoles chargées d’éduquer et de sociabiliser un chiot, généralement âgé de 8 à 9 semaines, pendant 12 mois. Les personnes s’inscrivent en remplissant un formulaire pour identifier quel profil de chien leur sera recommandé. Même si certaines conditions doivent être respectées (pas d’enfant en bas âge notamment), aucun profil type n’est attendu. « Si une famille n’a jamais eu de chien, ce n’est pas un problème. Il faut juste avoir envie, se dire que ça prend du temps et ne pas être figé sur une éducation ».

    Car celle-ci est encadrée par Handi’chiens : « On est sur une éducation bienveillante qui récompense les bons comportements et ignore les mauvais. On ne crie pas un “non” au chien pour qu’il s’arrête, parce que ça ne sert à rien et ce n’est pas constructif. On veut des chiens proches de l’Homme pour que la confiance s’inscrive facilement. Ils vont accompagner des personnes fragiles, donc ils ne peuvent pas faire n’importe quoi. Et c’est plus agréable quand les gens disent que notre chien est bien élevé », explique-t-elle.

    Des cours deux fois par mois

    Avant d’accueillir leur futur compagnon, les familles d’accueil suivront au moins deux leçons pour apprendre le fonctionnement d’un chien et des bases indispensables comme la propreté, les sorties ou l’apprentissage du nom. Ensuite, Élisabeth Delorme donnera des cours collectifs d’environ deux heures tous les quinze jours pour enseigner une vingtaine de commandes techniques à l’aide d’ateliers. Entre ces moments en commun, la déléguée se rendra chez les familles pour travailler individuellement sur d’éventuelles améliorations nécessaires. Cet accueil n’est toutefois pas consacré à la formation pour des personnes en situation de handicap. Ce rôle est réservé à des éducateurs présents dans l’un des six centres de France. D’où l’importance que chaque chien reçoive la même éducation.

    Sur une année, les familles doivent faire preuve d’une certaine organisation, notamment pour les vacances. Elles ne sont toutefois pas interdites – loin de là –, puisque les bénévoles peuvent voyager avec leur animal ou solliciter des “familles relais”, qui prennent en charge le chien ponctuellement. De son côté, l’association Handi’chiens couvre les frais de vétérinaire et de nourriture. Elle fournit également un kit avec quelques jeux, laissant à la famille le soin d’acheter des friandises et la mastication, pour une trentaine d’euros par mois.

    Au bout des douze mois, la famille laisse le chien repartir dans l’un des centres du territoire. Les futurs bénéficiaires doivent cependant donner des nouvelles de l’animal au moins deux fois par an à la famille d’accueil. Pour prolonger au maximum cette si belle aventure.

     

    C’est quoi Handi’chiens ?

    Cette association reconnue d’utilité publique, anciennement ANECAH, est fondée en 1989 par Marie-Claude Lebret, alors professeur au Lycée professionnel agricole d’Alençon dans l’Orne (61). Handi’chiens propose de remettre gratuitement à des bénéficiaires cinq types de chiens : d’assistance pour les personnes en situation de handicap, d’éveil pour les personnes présentant des troubles du spectre de l’autisme (TSA) ou atteintes de trisomie, d’accompagnement social au sein d’établissements médico-sociaux, pour des personnes épileptiques ou encore d’assistance judiciaire auprès des victimes. Depuis sa création, elle a remis plus de 3 500 canidés, dont 126 en 2023.

    Téo Munch

  • « Il faut sans cesse se moderniser » : Un quart de siècle positif pour l’hippodrome d’Agen

    « Il faut sans cesse se moderniser » : Un quart de siècle positif pour l’hippodrome d’Agen

    « Il faut sans cesse se moderniser » : Un quart de siècle positif pour l’hippodrome d’Agen

    Après 25 années passées à la tête de l’hippodrome d’Agen-La-Garenne, Éliette Debono revient sur les évolutions apportées depuis le début de son mandat.

    Anne-Laure Badia, secrétaire depuis 22 ans, aux côtés d’Éliette Debono, dans les tribunes d’Agen-La-Garenne. Photo – Téo Munch

     

    En un quart de siècle, Éliette Debono a pu observer l’évolution de ce lieu emblématique. La directrice de l’hippodrome d’Agen-La-Garenne occupe ce poste depuis 2000, dix ans après être arrivée à celui de secrétaire « par hasard, sans rien connaître aux chevaux », sourit-elle. Au fil des années et de l’expérience acquise, plusieurs changements ont été apportés au champ de courses aujourd’hui « pôle national », la plus haute classification en France.

    À commencer par la piste de trot, sur laquelle le mâchefer, présente depuis une trentaine d’années, a été remplacée par du sable rose. « On ne trouve plus de mâchefer de bonne qualité et il est très difficile de s’en procurer. Le sable est plus écologique », expliquait alors Jean-Philippe Semeillon. L’actuel président de la Société des courses agenaises avait d’ailleurs succédé à Christian Bellot en avril de la même année.

    Démocratisation des journées à thème

    Deux ans plus tard, des panneaux photovoltaïques ont été installés par Fonroche Lighting sur la toiture de la tribune sud rénovée. Un arboretum, composé de 250 plantes, s’est également développé afin de proposer « un cadre de verdure de plus de 25 ha, qui est aussi un domaine écocitoyen largement dédié à la nature. L’hippodrome est un très bon moyen de sensibiliser les jeunes générations à l’environnement, sa visite peut se conjuguer avec la découverte des chevaux mais aussi avec une réflexion sur le développement durable », justifiait le président.

    De plus, l’hippodrome d’Agen-La-Garenne est l’un des premiers à obtenir durant ces années la labellisation EquuRES, afin de souligner son engagement en faveur du bien-être animal et de l’environnement. Au bord de la piste, les animations se sont démocratisées à partir de 2003 grâce au développement des journées à thème. « On en fait sur la moitié des dates de notre calendrier, alors qu’on n’en proposait que sur les très grosses courses auparavant », remarque Éliette Debono.

    Une fréquentation en baisse

    Toutes ces améliorations visent à accueillir davantage de public, notamment les familles, autour des 200 courses annuelles de trot, de plat ou encore d’obstacles. Bien que la masse totale des jeux reste constante, la fréquentation de l’hippodrome et ses 2 000 places diminue progressivement, jusqu’à accueillir une moyenne de 1 000 personnes par journée. « Avant, quand on voulait voir des courses, il fallait se rendre sur le champ pour jouer. Aujourd’hui, avec la télé, on peut regarder les depuis chez soi sur la télé ou Internet », constate la directrice. Cela n’empêche pas de tirer un bilan « positif » de ces 25 années passées à la tête de l’hippodrome. « Il faut sans cesse se moderniser pour rester dans la mouvance », note-t-elle. Une véritable course que l’hippodrome d’Agen-La-Garenne mène plutôt bien.

     

    Les événements à venir

    Après avoir accueilli le trophée officiel du Prix d’Amérique Legend Race le dimanche 19 janvier et la première course premium de l’année 2025 trois jours plus tard, l’hippodrome d’Agen-La-Garenne organisera son prochain événement le dimanche 2 février avec du trot à 13 h 15. Viendront ensuite un spectacle de courses équestres le lundi 10 février à partir de 11 h 30, puis huit épreuves de trot le samedi 15 à 11 h 40 avec un week-end SPA et restauration à gagner. Le 23 février, sept courses de plat auront lieu dès 13 h 30. L’entrée sera gratuite pour les moins de 25 ans ou offerte chez l’un des commerçants partenaires du Passage. Pour la prochaine course d’obstacles, il faudra cependant attendre le lundi 31 mars.
    L’hippodrome d’Agen a également mis en place sur les neuf réunions de courses au trot du dimanche 19 janvier au dimanche 23 avril un « Challenge Meeting Hippodrome d’Agen 2025 » réservé aux entraîneurs professionnels, les drivers/jockeys professionnels et amateurs ainsi que les apprentis lads-jockeys.

    Téo Munch

  • « C’est ce que je fais de mieux dans la vie » : Roland Kermarec fait vivre l’héritage de David Lynch

    « C’est ce que je fais de mieux dans la vie » : Roland Kermarec fait vivre l’héritage de David Lynch

    « C’est ce que je fais de mieux dans la vie » : Roland Kermarec fait vivre l’héritage de David Lynch

    Roland Kermarec transmet sa passion de différentes manières, notamment aux Montreurs d’Images d’Agen, où il a travaillé de nombreuses années, mais aussi sur Facebook.

    Roland Kermarec espère que l’héritage de David Lynch va perdurer. DDM – Manon Vallet

     

    Ses parents lui ont souvent répété que cette passion pour David Lynch ne lui rapportait rien au niveau financier. « Mais ça m’apporte un sentiment d’être utile pour inciter des personnes à regarder ses films. Ce que je fais de mieux dans la vie, c’est transmettre cette passion ».

    143 000 abonnés sur sa page Facebook

    Il intervient régulièrement lors de projections de films, notamment aux Montreurs d’Images d’Agen où il a été membre du conseil d’administration durant près de vingt-cinq ans. Même s’il n’a pas fait déplacer David Lynch jusque dans la perle du Midi, certains acteurs ont laissé des messages enregistrés ensuite diffusés sur les écrans.

    Mais là où sa passion lui a valu une grande reconnaissance, c’est sur Facebook avec une page intitulée « Lynchland », créé en novembre 2010grâce aux conseils d’une élève alors qu’il était professeur. « Le projet d’une nouvelle saison de Twin Peaks est arrivé vers 2012, et là j’ai gagné des milliers d’abonnés chaque jour alors que j’en avais que 100 jusque-là ». Il y publie près de 18 000 posts à disposition de ses 143 000 abonnés. Mais en avril 2023, ces années de travail s’envolent après la suppression de la page « par erreur ». Il se bat aujourd’hui pour retrouver l’accès à cet espace d’une grande importance à ses yeux. Pour que l’héritage de David Lynch ne meure jamais.

    Téo Munch

  • « On pouvait entendre des musiques de Rammstein en boucle » : Dans les coulisses du tournage de « Lost Highway »

    « On pouvait entendre des musiques de Rammstein en boucle » : Dans les coulisses du tournage de « Lost Highway »

    « On pouvait entendre des musiques de Rammstein en boucle » : Dans les coulisses du tournage de « Lost Highway »

    En 1995, Roland Kermarec assiste durant trois mois au tournage de Lost Highway de David Lynch, après un premier échange téléphonique à jamais marqué dans sa mémoire.

    Certains moments ont marqué à vie Roland Kermarec. Photo – DR

     

    « Quelques jours après avoir laissé mes coordonnées à une connaissance de David Lynch, je reçois un coup de fil de sa part. Mon anglais n’était pas génial, mais il avait un accent très articulé. Il avait jeté un œil à mon mémoire, entendu ma demande de faire une interview et d’assister au tournage d’un film. Mais il m’a dit que je ne pouvais pas assister à une journée. Il a fait une grande pause, puis m’a proposé de l’accompagner sur l’intégralité sur tournage. Je pensais à l’avion, au logement, à la nourriture, et je lui ai dit que ce n’était pas possible parce que mes parents étaient de conditions modestes. Il y a eu un long silence. Il m’a dit qu’il allait me rappeler bientôt et il a raccroché. Je me suis dit que j’avais fait une bêtise. Je suis resté abasourdi à côté du téléphone. Il a rappelé au bout d’un moment et m’a simplement demandé si ça me dérangeait de vivre dans un bâtiment où il fallait mettre un seau quand il pleuvait. Mais je n’en avais rien à faire ! Et il ne pleuvait pas beaucoup à Los Angeles.

    J’ai fait un prêt étudiant pour financer l’avion, et je suis parti quinze jours plus tard à Los Angeles. La personne à qui j’avais laissé mon numéro m’a accueilli à deux heures du matin. Une fois au bâtiment, j’ai grimpé les 160 marches de l’escalier avec un gros matelas qu’il m’avait fourni. Le lendemain, je me suis réveillé avec une vue sur tout Hollywood. Je n’avais aucune idée de l’endroit où j’étais. Je voyais des œuvres de David Lynch, des tableaux et des sculptures. Au bout de plusieurs heures, j’étais bizarrement calme, alors que je ne savais toujours pas où j’étais. Je vois David Lynch arriver et j’étais totalement maître de mes émotions, alors que je suis très émotif d’habitude. Ça m’a bouleversé dans le sens inverse, j’étais zen, serein et calme, alors que mon principal problème dans la vie est le stress.

    Ça a été la rencontre la plus normale et la plus banale qui soit. Il m’a accueilli, tapé dans le dos comme il le faisait souvent. Là je me suis rendu compte que j’étais non seulement dans les bureaux de sa société de production, mais aussi à quelques marches de sa propriété. On a eu un échange idyllique parce que c’était une semaine avant le tournage. Après, il était très focus.

    Il suit régulièrement le scénario à la virgule près, mais il laisse toutes les portes ouvertes à l’inspiration. Il n’est pas fermé à tout ça, contrairement à Hitchcock ou Kubrick. Un jour, il était prévu que Bill Pullman, qui jouait le rôle de Fred Madison, rentre dans un couloir sombre. Après un long silence, on l’a vu partir très vite. Il est resté absent un bon moment, puis est revenu avec plein de bûches dans les bras pour les mettre dans la cheminée. Il a fait le feu lui-même, sauté sur le canapé avec ses chaussures dégueulasses, pris trois tableaux pour les mettre à l’envers, a demandé une machine qui faisait de la fumée blanche pour faire un gros nuage et une caméra qui filme à très grande vitesse pour réaliser un ralenti de l’acteur qui marcherait à l’envers dans la pièce. C’était comme s’il y avait les ampoules au-dessus de la tête qu’on voit dans les films d’animation. C’était extraordinaire, il était dans la transe de la création. Tout a été fait comme il l’avait imaginé. Des moments fabuleux, il y en avait tous les jours.

    Plus tard, on m’a dit que généralement, tout le monde est énervé sur un tournage. Là, l’ambiance était très détendue. David Lynch avait cette capacité à être serein avec ses équipes. Il mettait souvent de la musique entre les prises. Des fois, on pouvait entendre des musiques de Rammstein en boucle pendant plus de trente minutes. »

    Téo Munch

  • « Si David Lynch n’avait pas existé, je ne sais pas ce qu’aurait été ma vie » : Roland Kermarec raconte David Lynch

    « Si David Lynch n’avait pas existé, je ne sais pas ce qu’aurait été ma vie » : Roland Kermarec raconte David Lynch

    « Si David Lynch n’avait pas existé, je ne sais pas ce qu’aurait été ma vie » : Roland Kermarec raconte David Lynch

    Depuis plus de trente ans Roland Kermarec travaille sur le réalisateur américain David Lynch, décédé le 16 janvier. Aujourd’hui habitant à Montesquieu, il évoque un personnage loin de l’image excentrique parfois évoquée.

    Roland Kermarec avait rencontré David Lynch pour la dernière fois en 2017. Photo – DR

     

    Depuis le 16 janvier, Roland Kermarec vit dans un monde alternatif. Celui dans lequel David Lynch est encore là. Il peine à parler du réalisateur au passé, employant le présent pour raconter les nombreuses histoires vécues à ses côtés. « Si David Lynch n’avait pas existé, je ne sais pas ce qu’aurait été ma vie. Depuis trente ans, j’y consacre des heures chaque jour », reconnaît-il. Cette passion trouve ses origines en 1991, lorsqu’il découvre la série Twin Peaks à la télévision. « Et là, ça a été un choc. En tout cas quelque chose qui a engendré ce que je ne faisais jamais avant, c’est-à-dire regarder les épisodes trois fois ». Commence alors un vaste travail de documentation. Il reprend un grand nombre d’articles et d’interviews pour tenter de « déchiffrer le mystère de la série », jusqu’à accumuler de quoi remplir deux grandes étagères.

    « Ses films ont fait vibrer des choses en moi »

    Grâce à ce travail d’archiviste et même s’il étudiait en faculté de Lettre Modernes, le jeune cinéphile consacre son mémoire et son diplôme d’études approfondies (DEA) à l’œuvre de David Lynch. Il décide de suivre cette même direction pour sa thèse, cette fois en se fixant l’objectif ultime de réaliser une interview avec lui et d’assister à l’une de ses journées de tournage. Après avoir insisté auprès de plusieurs sociétés de productions (« je suis Breton et assez tenace », plaisante-t-il), Roland Kermarec fournit son numéro à une connaissance de David Lynch. L’Américain le contactera quelques jours plus tard.

    C’est le début d’une histoire de trente ans aux côtés du réalisateur qui aimait l’appeler son « enfant secret ». « Il y a un cinéaste que je place au-dessus de David Lynch, c’est Stanley Kubrick. Il contrôle le moindre détail, jusqu’au son dans chaque salle de cinéma et le doublage de chaque pays. Mais David Lynch est au-dessus en tant qu’artiste, au niveau de l’impact qu’il a eu sur ma vie et comment ses films ont fait vibrer des choses en moi ». Ces émotions, il les ressent différemment à chaque visionnage, pourtant peu nombreux, d’un même film. Notamment « Eraserhead », que David Lynch aurait mis 5 ans à réaliser « en faisant des boulots à côté, en tournant de petits bouts de pellicule. C’est lui qui a tout fait ».

    Une personne « normale »

    Une pluridisciplinarité qu’il a adoptée dans les nombreux domaines de l’art, de la photo à la peinture en passant par la sculpture et la musique. On pourrait aisément avancer que David Lynch était un peintre qui faisait du cinéma, tant il consacrait d’heures à ses tableaux et bien qu’il soit reconnu mondialement pour sa maîtrise du grand écran. « Il refuse de donner sa version d’un film. Il ne veut pas que ça empêche les spectateurs de réfléchir par eux-mêmes. Il aime dire que quand une personne va au cinéma, un monde nouveau créé de toutes pièces s’offre à lui. Et ce qu’on voit à l’écran, c’est ce qu’un personnage de son film voit. Donc quand on fait face à une personne schizophrène comme dans Lost Highway, on perd ses repères parce qu’on a plusieurs personnalités différentes. Il a réussi à mettre la caméra dans la tête d’un personnage et nous faire vivre ses émotions ».

    Au-delà de l’aspect cinématographique, Roland Kermarec décrit David Lynch comme une personne normale, loin de l’image souvent excentrique et parfois sordide véhiculée par de nombreux médias. Même s’il « conservait des cadavres de souris pour réaliser ses tableaux », sourit-il. Mais hors de question de faire un lien entre sa personnalité et celles de ses personnages : « Pour beaucoup de gens, quelqu’un qui fait des films si compliqués l’est forcément lui-même. On peut se demander comment quelqu’un de si paisible et zen peut faire des choses aussi sombres ». Dans cette idée de simplicité, David Lynch était également très proche de ses fans. Sur un site internet qu’il avait lancé au début des années 2000, le cinéaste intervenait régulièrement dans les discussions écrites. « Il relisait tout ce qu’on écrivait. Au début, on interrompit la discussion lorsqu’il arrivait. Et au fil du temps on le saluait simplement, on continuait et il rebondissait sur ce qu’on disait ».

    Un dernier souvenir émouvant

    Roland Kermarec possède même quelques points communs avec Lynch, notamment sa lenteur. « Quand il parlait, il pouvait presque faire des pauses plus longues que moi », se souvient-il avec émotion. Tout comme lorsqu’il évoque cette après-midi du 16 janvier. « J’ai un groupe Facebook consacré à David Lynch. Les membres soumettent des posts que j’approuve. Chaque jour, il y en avait une dizaine. Et ces dernières années, à chaque fois que je voyais plus de trente posts, c’était parce qu’un membre de ses équipes disparaissait. Là, je suis allé voir, j’ai cliqué et je suis tombé sur les articles… » Impossible de répondre aux nombreux messages et sollicitations, tant la peine est immense. Roland Kermarec restera donc avec ce souvenir, lors du tournage de Lost Highway : « Il a toujours fumé, et ce depuis très jeune. Au moment d’une pause, je lui ai dit dans les yeux (ce que je ne fais pas souvent) qu’il devait arrêter de fumer parce qu’on avait besoin de le voir rester avec nous longtemps. Il m’a bien remercié, mais il l’a tourné à la dérision et a soufflé devant la caméra en lâchant simplement : c’est la vie d’artiste ».

    Téo Munch