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  • DOSSIER : À Agen, les difficultés de mobilité des personnes en situation de handicap

    DOSSIER : À Agen, les difficultés de mobilité des personnes en situation de handicap

    À Agen, les difficultés de mobilité
    des personnes en situation de
    handicap

    Des trottoirs trop étroits, des routes cabossées, des arrêts de bus impossibles à prendre… Se déplacer dans les rues d’Agen représente souvent une épreuve pour les personnes en situation de handicap, et plus globalement pour toutes celles à mobilité réduite.

    Circuler en centre-ville relève d’un parcours du combattant pour Laurence Terret. / Photo TM

    Laurence Terret habite depuis 2011 dans le quartier Rodrigues. Pour se rendre en centre-ville, elle doit emprunter des rues plus ou moins étroites et cabossées. Jusqu’en 2019, ces détails semblaient anecdotiques. Mais une amputation de la jambe droite « à cause du diabète » la contraint à parcourir les rues d’Agen en fauteuil roulant. « J’ai eu ce fauteuil électrique en 2020 et ça m’a permis de retrouver plus ou moins d’autonomie. J’en ai un « classique » dont je ne me sers que lorsqu’il y a quelqu’un pour me pousser. Avec les bosses et les creux sur la route, il faudrait avoir une force surhumaine pour faire plusieurs mètres », souligne-t-elle.

    La femme de 61 ans fait partie des 74 % des personnes en situation de handicap insatisfaites de l’accessibilité de la voirie en France, selon une enquête publiée en 2020 par l’Ifop avec APF France handicap. Et Agen semble particulièrement concerné par ce sujet. « Si la ville est adaptée ? La réponse est non », juge d’entrée Gilles Ricordel, représentant départemental et régional de l’association fondée en 1933.

    « On est un peu obligé de faire du gymkhana »

    Les trottoirs représentent le principal problème rencontré par les personnes en situation de handicap. Nombre d’entre eux sont trop étroits, trop hauts ou trop inclinés pour favoriser la circulation des fauteuils roulants. « Tous les trottoirs qui ne font pas au minimum 1,20 mètre de largeur sont difficiles d’accès », rappelle-t-il. Dans le cas contraire, la route et les pistes cyclables représentent la dernière option pour se déplacer. Mais le danger n’en est pas moins grand.

    « Dans la rue Paganel par exemple, je dois rouler sur la route qui est toute défoncée. On est un peu obligé de faire du gymkhana (course d’obstacles au parcours compliqué, ndlr) », compare Laurence Terret. « Ça peut être dangereux, sachant qu’un fauteuil roulant électrique à 6 km/h n’a pas la même vitesse qu’une voiture à 50 km/h », soutient Gilles Ricordel.

    La répartition des places PMR questionnée

    « Sur certaines voies, je dois descendre à un ou deux arrêts après là où je veux descendre parce qu’il n’y a pas de trottoirs pour tenir la rampe d’accès. Je prends souvent la ligne 7 qui est plutôt bien aménagée, mais ce n’est pas le cas de toutes », constate l’Agenaise.

    Dans un arrêté du 20 avril 2017, la législation impose que « les places adaptées destinées à l’usage [des personnes à mobilité réduite] représentent au minimum 2 % du nombre total de places prévues pour le public ». Même si ce taux est respecté, reste la question de sa bonne répartition. « Devant les locaux d’APF France handicap, plusieurs personnes sont susceptibles de se garer alors qu’il n’y a qu’une place. C’est pour ça aussi que de jeunes personnes en situation de handicap quittent des villes comme Agen pour aller à Bordeaux ou Toulouse parce qu’il y a beaucoup moins de problèmes. C’est juste de l’inclusivité, mais on avance à pas de fourmis », regrette Gilles Ricordel.

    « On s’adapte systématiquement »

    « Partout où on peut, la mairie fait toujours le nécessaire pour que les personnes en situation de handicap ne soient pas laissées. Pour les places de stationnement réservées aux personnes à mobilités réduites (PMR), on essaie de les répartir en fonction des besoins. Si une personne nous contacte en décrivant sa situation, on s’adapte systématiquement. On regarde les places qui ne sont
    pas occupées. Dans ce cas, on les déplace là où elles sont utiles », assure Nicolas Benatti, adjoint au maire d’Agen en charge des nouvelles mobilités, de l’accessibilité et du handicap.

    Car la question de l’accessibilité concerne non seulement les personnes en situation de handicap moteur, mais aussi les autres types de handicap et toutes les personnes à mobilité réduite. « Ça peut être des parents avec des poussettes, des personnes âgées qui sont obligées de marcher avec une canne… », remarque Laurence Terret.

    Téo Munch

    L’accessibilité, une question qui
    taraude les élus de la cité Jasmin

    Ces dernières années, des aménagements ont été réalisés pour tenter de rendre la ville
    accessible aux personnes en situation de
    handicap, notamment celles en fauteuil roulant. Mais, selon la municipalité, quelques contraintes limitent le champ d’action.

    On peut trouver dans les rues d’Agen des zones réservées au stationnement pour handicapés. Mais cela est-il suffisant ? / Photo illustration

    « Partout où on peut, la mairie fait toujours le nécessaire pour que les personnes en situation de handicap ne soient pas laissées de côté », assure Nicolas Benatti. L’adjoint au maire d’Agen en charge des nouvelles mobilités, de l’accessibilité et du handicap s’appuie sur plusieurs exemples : la passerelle Michel-Serres est équipée depuis 2023 de deux ascenseurs, l’avenue Jean-Jaurès dissocie maintenant les trottoirs des pistes cyclables, la place Jasmin dispose de passages piétons à hauteur des trottoirs…

    Des réseaux souterrains trop denses

    Mais selon plusieurs associations, ces avancées ne sont pas suffisantes. « Agen est une vieille ville, il est évident qu’on ne peut pas refaire toutes les rues et toutes les routes. Mais quand c’est le cas, les élus ne pensent pas assez à l’accessibilité. On nous dit que ça coûte cher, mais la première loi d’accessibilité date de 1975. Dans plusieurs villes, des trottoirs ont été refaits mais ils ne sont pas aux normes. On demande juste que la loi de 2005 soit appliquée », estime Gilles Ricordel, représentant départemental et régional d’AFP France handicap.

    De son côté, la municipalité indique faire face à plusieurs contraintes. D’abord, certains réseaux souterrains (eau pluviale, électricité, téléphonie…) sont diciles à déplacer. Ainsi, la voirie ne peut être descendue. « La pente doit être assez inclinée, au risque de provoquer les inondations qu’on a eu ces dernières années. À chaque fois que les services m’ont répondu défavorablement pour un aménagement, le réseau souterrain était trop important et dense. Et certains trottoirs ont principalement une fonction de retenue d’eau », constate l’élu.

    « On essaie de trouver un juste milieu entre les intérêts de chacun »

    « Si on élargit les trottoirs pour permettre à un fauteuil roulant de passer, on n’a plus la place de faire passer les voitures. Et s’il n’y a plus de voitures, il n’y a plus d’accès aux riverains de ces rues », poursuit Nicolas Benatti. Ce dilemme résonne avec celui du pont de Camélat, dont la pente dépasse les 4 % réglementaires : « Parfois, la topographie ne permet pas de réaliser un ouvrage qui prenne en compte l’adaptabilité. L’intérêt commun du Pont de Camélat (contournement de la ville et rapidité d’accès à Villeneuve-sur-Lot) est-il supérieur au fait qu’il soit accessible ? C’est une question qu’on peut se poser, mais on essaie de trouver un juste milieu entre les intérêts de tous ».

    Les autres types de handicap (sensoriel, mental, cognitif et psychique) sont également touchés par la question de l’accessibilité. « Par exemple, les personnes atteintes d’Alzheimer ont un problème de vertige quand on utilise le blanc et le noir. La question des passages piétons se posait. Le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement, NDLR) indique qu’un passage piéton doit être fait dans ces couleurs là. Comment on fait ? » Autant de questions auxquelles la mairie tente de trouver des réponses.

    Téo Munch

    Mobilité des personnes en situation de handicap : des solutions existent-elles ?

    À Agen et partout en France, des associations veillent à ce que les différentes lois d’accessibilité pour les personnes en situation de handicap soient respectées. Elles estiment pourtant que leur voix n’est pas assez entendue.

    Plusieurs lois ont tenté depuis 50 ans de favoriser la mobilité des personnes en situation de handicap. / Photo Les ostéopathes de Villeneuve-Tolosane

    En cinquante ans, plusieurs lois ont tenté de développer l’accessibilité des personnes en situation de handicap partout en France. « Les dispositions architecturales et aménagements des locaux d’habitation et des installations ouvertes au public doivent être […] accessibles aux personnes handicapées », disait la loi de 1975. « La chaîne du déplacement (cadre bâti, voirie, aménagements des espaces publics, systèmes de transport) est organisée pour permettre son accessibilité aux personnes handicapées ou à mobilité réduite », imposait celle de 2005.

    Selon plusieurs associations, des efforts doivent être faits pour respecter la législation, notamment à Agen. « Par exemple, pour les nouveaux points d’apport volontaires (PAV), il faut ouvrir quelque chose au-dessus de sa tête quand on est sur un fauteuil. On ne peut pas les approcher, et il faut porter un sac-poubelle sur ces genoux sur une centaine de mètres. Ne pourrait-on pas inventer un système de ramassage juste pour ces personnes handicapées, âgées ou dépendantes ? », s’interroge Gilles Ricordel, représentant départemental et régional d’AFP France handicap. « Ce n’est pas un sujet qui a été évoqué. Je vais en parler au conseil municipal avec mes collègues », a indiqué Nicolas Benatti, adjoint au maire en charge des nouvelles mobilités, de l’accessibilité et du handicap.

    Une mobilisation le 15 mai à Paris

    APF France handicap tente depuis plusieurs années d’apporter des solutions pour rendre la ville plus accessible aux personnes en situation de handicap. En 2021, l’association évoquait l’instauration d’une guide recensant les commerces accessibles. « C’est tombé à l’eau. On est allé voir l’agence du commerce et la mairie mais si on ne fait pas cette démarche, ça n’avance pas. À chaque fois qu’on a des idées, on nous reçoit en nous disant que c’est bien. Mais il faut que ça soit nous qui devons poser les stickers, aller voir les commerçants… »

    « C’est quelque chose qu’on peut mettre en place, ce n’est pas compliqué. Globalement, les commerçants font leur travail. Plusieurs d’entre eux ont fait de gros investissements pour être accessibles en achetant des rampes, des sonnettes à l’extérieur… Quand on m’a signalé qu’un commerçant ne respectait pas ces règles, je lui ai écrit systématiquement », insiste l’élu. Le 15 mai prochain, APF France handicap appelle à une mobilisation dans les rues de Paris pour revendiquer plus d’accessibilité : « Le 15 mai, on va manifester pour dire qu’on en a marre ». Et faire entendre un peu plus sa voix.

    Téo Munch

  • Logement : 45m3 de déchets dans son appartement

    Logement : 45m3 de déchets dans son appartement

    Logement : 45 m3 de déchets dans son appartement

    Une mère et sa fille vivaient dans 45m3 d’ordures. Atteinte du syndrome de Diogène, un trouble du comportement, une locataire du Lot-et-Garonne avait accumulé l’équivalent de trois camions-bennes de déchets dans son logement. Le prpriétaire raconte comment il l’a découvert.

  • « Ça va supprimer pas mal de problèmes » : le Secours populaire d’Agen déménage

    « Ça va supprimer pas mal de problèmes » : le Secours populaire d’Agen déménage

    « Ça va supprimer pas mal de problèmes » : le Secours populaire d’Agen déménage

    Jusqu’ici installé au 19 rue Paulin Régnier, le local principal de l’association devrait déménager dans l’été à Boé et regrouper plusieurs établissements de l’agglomération agenaise.

    Gilbert Vidal, aux côtés de Claire Parailloux, devrait quitter les locaux de la rue Paulin Régnier au cours de l’été. / Photo archives V.B.T.

    Le Secours populaire devait changer d’air. Depuis plusieurs années, le local principal de l’association se trouvait dans la rue Paulin Régnier à Agen, à côté du Nouveau théâtre du jour. Plusieurs inconvénients actuels sont mis en cause comme les problèmes de stationnement ou la surcharge des locaux. « On est à trois dans les bureaux, ce n’est pas facile pour travailler. On perd du temps à tout charger et décharger, donc ça mobilise nos salariés et nos bénévoles », constate Gilbert Vidal, secrétaire général départemental du Secours populaire en Lot-et-Garonne et responsable du comité d’Agen.

    La décision a donc été prise de déménager le long du canal, au 7 rue de Coupat à Boé afin d’améliorer l’accessibilité et les conditions d’accueil. « Ça nous permettra d’être plus efficaces. On fera des économies de transport puis on aura des bureaux individuels et plus grands. Et pour le stationnement, il y a une grande place où les bénéficiaires pourront se garer, et la rue n’est pas passagère. Les camions auront aussi la place de passer le matin », projette-t-il.

    Des économies attendues avec la fin des locations

    Un autre souci était également évoqué : le nombre conséquent de locaux dans l’agglomération. Aujourd’hui, le Secours populaire dispose de « six ou sept » établissements à Agen et ses environs (« dans la rue de la Fonderie, dans l’avenue Henri-Barbusse, à Bon-Encontre… ») où sont répartis entre autres l’entreposage départemental, la distribution sur Agen et son agglomération ainsi que les bureaux, et ce pour une surface totale de 600 m² (dont 450 au 19 rue Paulin Régnier).

    L’association souhaite désormais regrouper tous ses services agenais dans un seul lieu de 1 700 m², ce qui lui permettrait de tripler sa superficie. « Ça va supprimer pas mal de problèmes », estime Gilbert Vidal. La majorité de ces établissements étant loués (hormis dans la rue Paulin Régnier), le comité espère aussi réaliser des économies dans ce domaine.

    « On va voir combien d’argent il nous reste, on n’est pas la banque Rothschild »

    Cependant, le fait de regrouper plusieurs établissements pourrait rendre difficiles l’accès des bénéficiaires à leurs lieux de collecte. « Ça va effectivement éloigner ceux qui habitaient au centre-ville. Mais il y a un arrêt de bus à l’entrée de la zone artisanale, sur la route de Toulouse. C’est bien desservi, et les gens vont faire du covoiturage. Peut-être que dans les premiers temps, ça va être un petit peu compliqué pour certains, mais les gens vont s’habituer et s’organiser. On va sûrement mettre un service à disposition avec une navette. Mais on va déjà voir combien d’argent il nous reste à la fin des travaux, parce qu’on n’est pas à la banque Rothschild », précise Gilbert Vidal.

    Après la vente du local dans la rue Paulin Régnier, le Secours populaire devrait s’installer à Boé « dans l’été » et donc commencer à « faire les répartitions, les distributions, l’alphabétisation et toutes nos activités » autour de la rentrée. Le temps de bien préparer cette transition importante et bien s’adapter aux nécessités des personnes dans le besoin.

    Téo Munch

  • « Il est nécessaire de ne pas travailler depuis la métropole bordelaise » : déjà présente sur Garorock, une agence de toilettes mobiles s’installe en Lot-et-Garonne

    « Il est nécessaire de ne pas travailler depuis la métropole bordelaise » : déjà présente sur Garorock, une agence de toilettes mobiles s’installe en Lot-et-Garonne

    « Il est nécessaire de ne pas travailler depuis la métropole bordelaise » : déjà présente sur Garorock, une agence de toilettes mobiles s’installe en Lot-et-Garonne

    La société Sebach, spécialisée dans la location de solutions sanitaires et toilettes portables, a ouvert cette année une agence à Castelculier afin de s’implanter durablement dans le département.

    L’équipe de Castelculier, ici présente aux côtés de Cédric Testa (à gauche), est composée d’Annabelle Lamarque et Rodrigue Duthilleul. / DDM – MORAD CHERCHARI

    En presque 40 ans d’existence, Sebach France n’avait jamais réellement eu d’activité en Lot-et-Garonne, hormis un dépôt à Fourques-sur-Garonne, près de Marmande. « Il servait de relais, où les techniciens pouvaient se servir en matériel, mais il n’y avait personne physiquement présent. Toutes les opérations étaient réalisées depuis Bordeaux. Pour des raisons économiques, environnementales, humaines et dans le cadre d’une volonté de la direction de se stabiliser dans le département, on a décidé d’ouvrir une vraie agence à Agen », explique Cédric Testa, responsable grand-ouest de la société depuis août dernier.

    Des cabines pour plusieurs types d’événements

    En ce début d’année 2025, l’entreprise a donc ouvert une agence à Castelculier, au 273 rue Jacques Laffore, pour se développer dans le secteur. « On ne va pas mettre une agence juste pour dire qu’on est présent. On a convaincu notre direction d’installer rapidement une agence à Agen parce qu’on est convaincu du potentiel du secteur. Il est nécessaire de ne pas travailler depuis la grande métropole bordelaise, qui est lointaine pour les Agenais, et de travailler en local avec toutes les résonances du terme. Par exemple, on a embauché des personnes du secteur », indique-t-il.

    La société est spécialisée dans la location de solutions sanitaires et de toilettes portables. Elle met à disposition des toilettes mobiles pour différents événements, notamment des cabines de chantier. Elle propose également ses services pour de l’événementiel, d’une fête de village ou un vide-greniers à des grands festivals en passant par des compétitions de moto-cross ou des mariages. « Sur les différentes cabines, c’est le même matériel. Seule la couleur va changer. Sur un chantier elles sont essentiellement rouges, on en a fait des blanches pour des mariages ».

    Développer les urinoirs féminins

    En revanche, pour des événements comme Garorock avec qui Sebach travaille depuis plusieurs années, la franchise installe 400 cabines et un système de modules avec de plus grandes dimensions (6 mètres sur 2m50). Elle tente également d’y développer des urinoirs féminins avec le fabricant Lapee. « Dans des grosses manifestations, ça permet de limiter les files d’attente devant les toilettes. On a du mal à le faire accepter par tout le monde parce que les femmes se sentent à la vue de tous. Aujourd’hui, ce n’est pas du tout le cas et on travaille pour expliquer que ça fonctionne comme un urinoir masculin, avec les mêmes avantages et pas plus de contraintes ».

    Les locaux basés à Castelculier seront un centre de service avec une personne chargée de l’administration et du commerce ainsi qu’un chauffeur-opérateur qui va effectuer des opérations de nettoyage, de mise en place et de retrait éventuel des cabines. Dans l’attente d’augmenter son effectif, Sebach espère enfin s’implanter durablement sur le territoire.

    Téo Munch

  • « Il n’y a que dans ces exercices qu’on se rend compte des marges de progrès » : des pompiers spécialisés sont intervenus sur la cathédrale d’Agen

    « Il n’y a que dans ces exercices qu’on se rend compte des marges de progrès » : des pompiers spécialisés sont intervenus sur la cathédrale d’Agen

    « Il n’y a que dans ces exercices qu’on se rend compte des marges de progrès » : des pompiers spécialisés sont intervenus sur la cathédrale d’Agen

    Ce jeudi 27 mars, un groupe opérationnel spécialisé du secours en milieu périlleux (SMP) s’est entraîné sur l’édifice religieux pour un exercice aussi délicat qu’essentiel.

    Dans les moments délicats, les pompiers doivent faire preuve d’une concentration extrême. Afin d’éviter un problème aux conséquences dramatiques, les soldats du feu doivent s’exercer afin d’adopter les bons gestes une fois confrontés à un cas concret. C’est dans ce cadre que la cathédrale Saint-Caprais d’Agen s’est transformée, le temps d’une matinée, en décor d’une mise en situation d’entraînement.

    « Cet exercice se fait dans le cadre de notre formation. Une fois par mois, nous réalisons huit heures de formation pour maintenir et perfectionner nos compétences », indique l’adjudant Grégory Cridelauze, référent départemental du secours en milieu périlleux (SMP) en Lot-et-Garonne. « Ce groupe (anciennement intitulé GRIMP, NDLR) intervient là où les moyens traditionnels des sapeurs pompiers sont insuffisants, pour du secours à la personne ou des problématiques en hauteur. On a eu 24 sorties en 2024 à l’échelle du département, notamment auprès d’un parapentiste », souligne de son côté le colonel Frédéric Tournay, directeur du service départemental d’incendie et de secours en Lot-et-Garonne (SDIS 47).

    Dix-huit personnes formées à cette mission

    Pour leur premier entraînement sur cet édifice, le groupe spécialisé était face à une situation qui simulait le secours d’une personne blessée avec « une fracture ouverte au niveau de la jambe et différentes plaies sur le visage. La victime est hyperalgique (ressentant une douleur anormalement violente, NDLR) et se trouve au niveau de la charpente ». Elle doit être évacuée avec un système de tyrolienne oblique à deux cordes.

    L’opération a débuté aux alentours de 10 heures avec une présentation de l’organisation par le sergent-chef Grégory Jourdan, le chef d’unité du jour. Les dix-huit personnes formées à cette mission étaient mobilisées sur cette intervention classée au niveau rouge en termes de sécurité. Cette catégorisation prend en compte plusieurs facteurs comme l’environnement (orange en raison de la hauteur), la technique (orange avec le système de poulie) et l’aspect humain (de nombreuses personnes présentes).

    La mise en civière sur les cordes porteuses, un moment délicat

    Les pompiers ont gravi les marches d’un escalier assez étroit pour compliquer la montée du matériel. En plusieurs étapes, les pompiers ont installé le système de tyrolienne sur le toit de l’église et porté secours à la victime en la plaçant sur une civière. Dans tout ce processus, le chef d’unité joue un rôle majeur, notamment lors du transport de la victime. « Sa priorité est de mettre en place la sécurisation du site. Tant que la corde appelée la main courante n’est pas mise, personne ne va vraiment au vide. La mise en civière sur les cordes porteuses est un moment compliqué car il faut la lever, accrocher nos poulies sur les cordes pour la faire descendre en partie basse, tout ça en sécurité », note Grégory Cridelauze.

    Tandis que le chef d’unité et quatre équipiers s’occupaient de la prise en charge de la victime, les autres membres de l’équipe suivaient l’opération sur un écran où étaient retransmises les images capturées par un drone. « Il est essentiel parce qu’on peut avoir des images qui nous permettent de déterminer la manœuvre tactique qui va être employée », résume Frédéric Tournay. Une fois la victime arrivée au pied du bâtiment à 11 h 30, les pompiers sont descendus pour un dernier bilan. « Cette dernière phase est la plus accidentogène parce que tout le monde redescend en pression », rappelle Grégory Cridelauze.

    « Un morceau de patrimoine agenais exceptionnel »

    Le groupe préparait depuis six semaines cette intervention essentielle dans l’anticipation d’éventuels risques. « Il n’y a que dans ces exercices qu’on se rend compte des marges de progrès et des erreurs qu’il ne faudra pas commettre le jour où il faut vraiment intervenir. Depuis l’incendie de Notre-Dame, on a découvert tout ce que les édifices religieux avaient de plus précieux et particulier pour les interventions des sapeurs pompiers. Cet exercice est important pour ce morceau de patrimoine agenais tout à fait exceptionnel », conclut Juliette Beregi, directrice de cabinet du préfet.

    Téo Munch

  • « Ma chienne était asociale, ça l’a aidée de venir ici » : à Agen, on se regroupe à vingt pour promener ses chiens

    « Ma chienne était asociale, ça l’a aidée de venir ici » : à Agen, on se regroupe à vingt pour promener ses chiens

    « Ma chienne était asociale, ça l’a aidée de venir ici » : à Agen, on se regroupe à vingt pour promener ses chiens

    À partir de 19 heures, plusieurs riverains se rejoignent quotidiennement au jardin Jayan pour promener leur chien et profiter d’un moment de partage, aussi bien pour les canins que les propriétaires.

    Chaque soir, près d’une vingtaine de personnes vient promener leur chien au jardin Jayan. / DDM – MORAD CHERCHARI

    Si vous longez le jardin Jayan entre 19 et 20 heures en quittant le travail ou pour sortir manger un petit plat en terrasse, impossible de passer à côté de ce groupe installé au milieu du parc. En fonction des emplois du temps et disponibilités de chacun, une vingtaine d’habitants se réunissent chaque soir pour promener ensemble leur chien pendant près d’une heure.

    Cette histoire, née il y a une quinzaine d’années, n’avait pas vocation à rassembler autant de personnes. L’idée part de simples promeneurs qui accompagnaient leur animal de compagnie dans les allées du jardin Jayan. Certains d’entre eux ont décidé de se réunir et de partager cette sortie quotidienne indispensable pour un canin. Mais depuis deux ans, le groupe s’est considérablement élargi jusqu’à atteindre 35 participants certains soirs.

    Des moments entre voisins

    « L’été, on monte généralement jusqu’à trente personnes ! Mais c’est un peu galère. Dans ce cas, on met les chiens au milieu du jardin parce qu’on ne veut pas prendre de risque avec les enfants qui viennent jouer dans le parc. Et quand on est trop, on se sépare en plusieurs groupes », souligne Inès. Elle a commencé à se joindre aux balades en 2023 pour profiter d’un moment convivial et se rapprocher de ses voisins.

    « On habite presque tous dans le coin, mais beaucoup se sont connus ici. Le fait de se voir régulièrement permet de créer énormément de liens. Vu qu’on s’entend bien, on a fêté le dernier Noël ensemble dans le parc. De temps en temps, on fait des apéros Jayan », remarque la jeune femme. Un peu comme une réunion de quartier, ils restent près d’une heure à discuter un peu de tout, entourés de chiens habités par un bonheur expressif.

    Parce que si les propriétaires prennent du plaisir à se retrouver quotidiennement, les animaux semblent aussi heureux de pouvoir se divertir tous les soirs. « À chaque fois, un peu avant 19 heures, le mien se pose et attend pour partir », s’amuse un participant. « Je les ai rejoints un peu par hasard il y a deux ans. Je promenais ma chienne, qui était très asociale. Elle le reste avec certaines personnes qu’elle ne connaît pas, mais ça l’a aidé de venir régulièrement et jouer avec d’autres chiens. Elle s’est sociabilisée un peu ici », constate Brigitte.

    « Il y a des chiens tous les âges, comme les propriétaires »

    Cette bonne ambiance n’empêche toutefois pas les petites frictions habituelles entre congénères. « Il peut y avoir des conflits entre mâles, mais on les sépare rapidement. Il y a toutes les races. Et tous les âges aussi, un peu comme les propriétaires », sourit Vincent, membre de ce groupe depuis près de sept ans.

    Au-delà de la sécurité de leurs animaux de compagnie, toutes les personnes veillent à conserver la propreté du lieu. Ainsi, chacun arrive dans le parc muni de poches pour ramasser les excréments. Même si ce détail est loin d’être le plus amusant de la balade, il est essentiel pour que tout le monde puisse profiter pleinement de cette petite heure d’évasion.

     

    Un parc où les animaux doivent être tenus en laisse

    Depuis les premières balades il y a environ quinze ans, le groupe a parfois subi quelques remarques de la part de riverains du jardin Jayan, bien qu’elles se fassent moins entendre ces derniers temps. « La police est venue quelques fois nous rappeler que les propriétaires de chiens doivent attacher avec une laisse leurs animaux. Ils nous laissent un peu tranquille l’hiver, mais sont un peu plus sévères l’été quand il y a beaucoup de monde dans le parc », soulignent-ils. Les participants insistent toutefois sur le fait qu’aucun incident n’a eu lieu depuis quinze ans, aussi bien entre eux qu’avec d’autres promeneurs : « Certaines personnes ont peur des chiens. Mais ceux-là ne sont pas méchants et il ne s’est jamais rien passé », constate Vincent. « L’avantage, c’est qu’on est plusieurs donc ça crée un environnement où on se sent en sécurité. Surtout qu’avant, il y avait des dealers dans le parc. Ils se mettaient sur les bancs, mais ils en avaient marre d’avoir les chiens, donc ils sont partis », se souvient Inès.

    Téo Munch

  • « Ça va nous faire un petit camping-car dans le désert » : deux jeunes Lot-et-Garonnais en route vers le 4L Trophy

    « Ça va nous faire un petit camping-car dans le désert » : deux jeunes Lot-et-Garonnais en route vers le 4L Trophy

    « Ça va nous faire un petit camping-car dans le désert » : deux jeunes Lot-et-Garonnais en route vers le 4L Trophy

    L’année prochaine, Anthony et Margaux participeront à la célèbre épreuve automobile. Un road-trip excitant pour ce couple lot-et-garonnais tourné vers la solidarité et la culture du voyage.

    Margaux et Anthony se préparent à participer au 4L Trophy l’année prochaine. / Photo – M.A.

    Cette aventure est sans doute celle qui leur correspond le plus. Lui est gendarme à la brigade de Tonneins, elle est ostéopathe animalière dans le département. Ensemble, ils ont décidé de participer au 4L Trophy, une course de Renault 4 dans le désert au profit des associations Enfants du désert et la Croix-Rouge (lire encadré). « On a deux professions assez atypiques, on est proche des gens pour les aider. Dans ce raid humanitaire, on a le profil », estime Anthony Ferreira.

    Depuis deux ans, il entraîne sa compagne, Margaux Altmeyer, dans ce projet un peu fou. « C’est lui qui m’a proposé. J’adore tout ce qui est bricolage et apprendre de nouvelles choses, donc ça coche toutes les cases. Et ça fait une expérience en couple ! », reconnaît-elle.

    Modèle de 1980

    Tout commence en juin 2023 lorsqu’ils font l’acquisition d’une Renault 4L F6. « J’avais le projet de remettre une 4L au goût du jour. Celle-là, ça faisait dix ans qu’elle était au fond d’une grange. Mais le plus dur a été de trouver la voiture », indique Anthony. Ce passionné d’automobile depuis l’enfance (« je passais mes week-ends dans les moteurs ou à changer des roues ») tient en grande partie cet héritage de son père, dont la première voiture était… une Renault 4L berline. « Il est très fan de voitures, il y en a partout à la maison ! », s’amuse Margaux.

    Quelques retouches étaient nécessaires sur ce modèle datant de 1980 avec 34 chevaux et 131 000 kilomètres au compteur. Les freins ont notamment été changés et, bientôt, la carrosserie blanche sera recouverte aux couleurs bleues de la marque Alpine. « On va mettre un lit à l’arrière, ça va nous faire un petit camping-car dans le désert », sourit Anthony. Leur amour commun du voyage était une motivation supplémentaire dans ce périple de 6 500 kilomètres entre Biarritz et Marrakech. « On adore l’aventure, j’ai un van aménagé donc on est habitué à faire des petits voyages », remarque-t-il.

    « Après, je m’en servirai tous les jours »

    Ce road-trip dans le désert nécessite d’acquérir un certain budget, que le couple évalue à 10 000 euros dont 3 800 pour la seule inscription. Anthony et Margaux en appellent donc aux sponsors et aux particuliers capables de fournir des dons financiers ou matériels pour leur association « 4LPINE ». « On tient aussi à faire connaître les entreprises du Sud Ouest. On essaie de valoriser les petites sociétés locales autour de chez nous pour que ça profite à tout le monde », insiste-t-elle.

    L’année prochaine, ils prendront les routes de Biarritz pour le grand départ, prévu le 18 février 2026. À l’heure actuelle, l’excitation domine sur l’appréhension. « En fait, j’ai surtout peur que la voiture ne revienne pas, parce que c’est une vieille voiture qui va rouler sur des bosses dans le désert. On ne va pas jouer le chrono, on va être prudent pour revenir avec la voiture. C’est ma seule crainte parce qu’après, elle va rester ici. Je vais m’en servir presque tous les jours, ça sera ma voiture », se projette-t-il. D’ici là, Anthony et Margaux auront le temps de bien la préparer à ce grand voyage.

     

    Un raid humanitaire

    Le 4L Trophy est un raid automobile de 6 500 kilomètres entre Biarritz et Marrakech, généralement organisé en février. Il avait été lancé en 1997 par l’homme d’affaires français Jean-Jacques Rey (décédé le 27 mars 2024) et entraîne chaque année près de 2 000 jeunes âgés de 18 à 28 ans. Cette course, tournée vers le soutien humanitaire, est une action menée au profit de plusieurs associations comme les Enfants du désert et la Croix-Rouge française. Les participants offrent ainsi des fournitures scolaires, des affaires sportives, des denrées alimentaires ou encore des dons pour favoriser l’éducation dans le désert marocain. « Chaque année, près de 20 000 enfants de la région du Drâa-Tafilalet bénéficient de matériel. En 2023 par exemple, la générosité des donateurs nous permet de remettre 30 466 euros et de réaliser deux salles de classe auprès d’écoles dans le besoin », rapporte l’association des Enfants du désert.

    Téo Munch

  • Carrefour du Pin, avenue de Gaillard, boulevard de la Liberté… Ces axes du centre-ville d’Agen qui agacent les automobilistes

    Carrefour du Pin, avenue de Gaillard, boulevard de la Liberté… Ces axes du centre-ville d’Agen qui agacent les automobilistes

    Carrefour du Pin, avenue de Gaillard, boulevard de la Liberté… Ces axes du centre-ville d’Agen qui agacent les automobilistes

    Certains axes routiers d’Agen représentent un véritable calvaire pour les automobilistes. La municipalité reconnaît que des efforts doivent encore être faits.

    Le carrefour du Pin, l’un des passages clés de la ville, est très fréquenté par les automobilistes. / DDM – MORAD CHERCHARI

    « Trottoirs affreux », « des nids-de-poule partout », « une route cabossée »… Voici quelques-uns des nombreux commentaires postés sur les réseaux sociaux à propos de la circulation au cœur d’Agen. À la suite d’un appel à témoignage lancé sur Facebook, les internautes se sont indignés de déplacements difficiles dans les rues de la cité Jasmin.

    Parmi les points qui cristallisent l’agacement des usagers : le carrefour giratoire du Pin, dont certains habitués n’ont pas encore saisi la manière de l’aborder. Très emprunté, ce rond-point est un lieu de passage clé de la ville. « Il y a plusieurs pistes d’aménagements possibles, mais ils sont très coûteux et ne peuvent se faire que dans le cadre d’une révision globale du secteur. Durant ce mandat, j’ai présenté au maire un projet avec deux ronds-points, et un réaménagement total autour du square. Mais on rentre dans des frais colossaux de l’ordre de 7 ou 8 millions d’euros », souligne Nicolas Benatti, adjoint au maire en charge des nouvelles mobilités, des aménagements urbains, de la voirie et du stationnement.

    Des aménagements nécessaires sur l’avenue de Gaillard

    L’avenue de Gaillard, qui longe le cimetière, revient souvent lorsqu’il s’agit d’évoquer les endroits problématiques de la ville. « Des personnes l’empruntent à vélo ou en trottinette. Personne ne respecte la limitation de 50 km/h, le feu au pied du cimetière est grillé un paquet de fois le soir. Elle a été réparée à plusieurs reprises mais il faudrait tout reprendre. Et pourquoi pas une piste cyclable ? Car honnêtement, avec des EPDM (engins de déplacements motorisés électriques, NDLR) à 25 km/h sur cette route, c’est dangereux pour tout le monde », soupire une automobiliste.

    « L’état de la chaussée n’est pas bon, c’est une certitude. On est sur un axe très passant, et ça fait partie des priorités. Il y en a d’autres qui sont aussi importantes, notamment l’avenue du Général-Leclerc où il y a 16 000 voitures par jour. Mais on ne peut pas rajouter une simple couche de bitume, qui coûterait déjà 4 millions d’euros sur cet axe », souligne Nicolas Benatti.

    « On est plutôt contre les ralentisseurs »

    Les chauffeurs de bus aussi sont concernés par les difficultés à circuler. L’un d’eux juge certains axes inadaptés au passage de poids lourds : « La végétation du boulevard de la Liberté n’est pas taillée, ce qui nous oblige à rouler légèrement sur la voie opposée. Le risque est donc élevé, sans compter les panneaux de signalisation à hauteur des rétroviseurs, au ras des trottoirs et les ralentisseurs qui ne sont pas aux normes », remarque-t-il. L’adjoint municipal affirme s’être emparé du dossier de la végétation.

    Les dos-d’âne, en revanche, restent une grande source de débats. Nombre de conducteurs estiment que des ralentisseurs ne sont pas aux normes. « J’y ai laissé mes amortisseurs », regrette une habitante. « Ils sont aux normes, on applique les recommandations. On ne peut pas dire qu’on soit une ville très équipée et, franchement, on est plutôt contre les ralentisseurs », affirme Nicolas Benatti. Sur cette question et des exemples en particulier, l’élu renvoie la balle du côté des quartiers, auxquels est attribué un budget de 75 000 euros par an qu’ils peuvent utiliser pour réaménager leur espace.

    Des feux synchronisés « sur les axes principaux »

    Pour les feux, l’adjoint au maire est également catégorique : « Sur les axes principaux, où il peut passer 2 000 voitures par heure, tous les feux sont synchronisés. Il faut gérer ces flux-là, et les fréquences de passages du rouge au vert sur ces avenues sont adaptées à la circulation. Autour de la place Jasmin, on est sur une deux fois deux voies où on aimerait rouler à 70 km/h. Quand les gens mettent plus de deux minutes pour traverser l’avenue, ils trouvent ça long. Je les invite à aller un week-end à Bordeaux ou Toulouse pour voir que là, c’est long pour faire deux kilomètres ». Agen n’en est pas encore là.

    Téo Munch

  • « Ce lieu est magique » : le Café Vélo entame sa neuvième saison sur les bords de la Garonne

    « Ce lieu est magique » : le Café Vélo entame sa neuvième saison sur les bords de la Garonne

    « Ce lieu est magique » : le Café Vélo entame sa neuvième saison sur les bords de la Garonne

    L’établissement, situé à côté du pont-canal d’Agen, a rouvert ses portes ce mercredi 19 mars. De nouveaux services seront proposés, aussi bien dans l’hébergement que dans les animations.

    Samia et Pierre Faisandier attendaient cette réouverture depuis novembre dernier. / Photo – Téo Munch

    Depuis 8 h 30, les équipes du Café Vélo s’activent. L’établissement multiservice, fermé comme chaque année depuis les vacances de la Toussaint, accueille à nouveau du public à partir de ce mercredi. « Je suis toujours stressée les derniers jours. Mais dès que j’ouvre la porte la première journée, tout va bien », sourit Samia Faisandier. Celle qui s’occupe des différentes activités proposées par le Café Vélo (restauration, location de vélo et hébergement) a donc retrouvé les locaux de cette ancienne station de pompage, bien que les préparations de cette neuvième saison durent depuis la fin d’année dernière.

    Le dortoir remplacé par un gîte

    Malgré une planification organisée, reste l’incertitude habituelle autour de la carte des menus. « J’ai pris les légumes et tout ce qu’il me faut, mais je ne sais toujours pas ce que je vais faire ! », indiquait-elle encore la veille, avant de poursuivre : « Quand les clients nous appellent pour savoir ce qui sera à la carte dans deux semaines, on leur répond qu’on ne sait pas. Ce qui m’intéresse, c’est de tester de nouvelles recettes à chaque fois. Quand je vais faire mes courses le matin, il m’arrive de ne pas trouver ce que je cherche ou d’oublier des ingrédients. Ça peut m’amener à créer des plats ».

    Le Café Vélo ne manque pas d’innover, comme le montre la récente transformation du dortoir en gîte, avec huit lits et deux additionnels. Des aménagements, comme la pose de panneaux japonais, ont été nécessaires afin d’augmenter la qualité des services sur une même surface. « L’objectif est d’offrir une prestation intermédiaire entre l’hôtel et le camping », souligne le gérant, Pierre Faisandier.

    Des animations bien-être

    Au niveau des animations, la programmation des prochains mois verra le retour de plusieurs succès des dernières années, à commencer par le Vélo Fest. Cet événement lancé lors du passage du Tour de France 2024 à Agen reviendra le 17 mai. De son côté, le festival de musiques alternatives Socquette Légère ambiancera le pont-canal le 28 juin, soit quelques jours plus tard que les précédentes éditions. À partir de juin, les ateliers “café à molette” permettront aux clients de réparer eux-mêmes leur vélo.

    Parmi les nouveautés proposées par le Café Vélo, la formatrice en massage Aurore Fayet organisera dès avril des journées tournées autour du bien-être avec plusieurs ateliers : yoga, danse, développement personnel, méditation ou encore respiration. Elles auront lieu un mercredi par mois. Le week-end du 25 au 27 avril sera d’ailleurs consacré à cette thématique. « Le printemps sera orienté vers le bien-être, et l’été plus vers la fête. Le café sera un petit peu comme une guinguette à ce moment-là », note Pierre Faisandier.

    Ouvert à d’autres événements

    Le Café Vélo reste ouvert à l’organisation d’autres événements d’associations ou de particuliers, « tant que ça correspond à nos valeurs d’ouverture et de mixité sociale et culturelle », souligne-t-il. Le couple appelle notamment des associations de parents d’élèves à proposer des fêtes de fin d’année ou des lotos. « Les gens peuvent venir boire un café, discuter et on voit ce qu’on peut faire. Et on peut s’adapter parce que ce lieu est magique. Il y a quatre murs mais c’est très expansible », remarque Samia Faisandier. Et chacun pourra le constater dès ce mercredi.

    Téo Munch

  • « On aura 500 élèves en moins chaque année » : 13 fermetures et 8 ouvertures de classes pour la rentrée 2025 en Lot-et-Garonne

    « On aura 500 élèves en moins chaque année » : 13 fermetures et 8 ouvertures de classes pour la rentrée 2025 en Lot-et-Garonne

    « On aura 500 élèves en moins chaque année » : 13 fermetures et 8 ouvertures de classes pour la rentrée 2025 en Lot-et-Garonne

    Pour sa première carte scolaire depuis son arrivée au poste de Dasen en avril 2024, Alexandre Falco présente les contours de la rentrée 2025 dans le département.

    Alexandre Falco, dans son bureau de la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN). / Photo – Téo Munch

    Même dans les moments difficiles, il faut savoir en tirer du positif. Depuis plusieurs années, les effectifs scolaires sont en baisse, aussi bien à l’échelle nationale que locale. Sur l’année scolaire 2024-25, le Lot-et-Garonne comptait 308 écoles publiques, 24 233 élèves pour 1 570 enseignants dans le premier degré (enseignement maternel et élémentaire). À la rentrée 2025, il faudra compter 538 écoliers en moins. « On aura 500 élèves en moins chaque année pendant trois ans », relève Alexandre Falco, directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen) dans le département depuis le 29 avril.

    « Rééquilibrer là où il y avait des baisses »

    Près d’un an après son arrivée, l’ancien Dasen de la Lozère a présenté sa première carte scolaire validée lors du conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN) le 14 mars. En concertation notamment avec les élus et les partenaires sociaux, celle-ci fixe les décisions prises pour la rentrée à venir, notamment celle d’ouvrir huit classes et d’en fermer treize (lire encadré). « Quand on a su qu’on aura 538 élèves en moins, les inspecteurs du département ont cherché à comprendre où il y avait des baisses pour ensuite rééquilibrer », explique Alexandre Falco.

    Ces évolutions répondent à différentes causes. D’un côté, les ouvertures sont dues à une augmentation des effectifs au sein d’un établissement ou un dédoublement des classes en réseau d’éducation prioritaire (Rep). Les fermetures sont, quant à elles, décidées en raison d’effectifs fragiles afin d’apporter des « mesures qualitatives ».

    Deux postes « égalité des chances »

    Parmi elles, l’académie a décidé de recruter deux remplaçants « pour assurer une continuité pédagogique efficace ». Deux postes « égalité des chances » (un premier à l’échelle départementale, un second pour soutenir les écoles des quartiers prioritaires ou relevant de l’Éducation prioritaire d’Agen) seront également créés pour soutenir les enseignants et consolider auprès des élèves les apprentissages fondamentaux, notamment le français et les mathématiques. Dans le cadre de la transformation d’un pôle inclusif d’accompagnement localisé (Pial) de Penne d’Agenais en pôle d’appui à la scolarité (PAS), un poste d’enseignant-coordinateur verra aussi le jour. Un seul poste d’enseignant sera supprimé dans le premier degré.

    « Le but n’est pas de rien faire. Si le territoire est dynamique, les besoins changent. On a essayé de faire de ces baisses d’effectifs une opportunité. Ce n’est pas parce qu’on perd des élèves qu’on ne doit que fermer. Certes on doit le faire pour récupérer des moyens, mais on a quand même fait huit ouvertures et créé des postes. Il a fallu fermer là où il y avait des chutes d’effectifs pour récupérer des moyens et les mettre là où il y avait besoin d’ouvrir », justifie Alexandre Falco.

     

    Les établissements concernés

    Plusieurs établissements sont concernés par l’ouverture et la fermeture de classes. Sur le critère d’une augmentation des effectifs, les écoles suivantes verront une classe supplémentaire dans leurs locaux : la maternelle Marie-Louise Chrétien (Boé), la maternelle Édouard Lacour (Agen), l’élémentaire Michel Serres (Estillac) et l’élémentaire Clément Marot (Villeneuve-sur-Lot). Sur celui du dédoublement des classes en réseau d’éducation prioritaire (Rep), ce seront la maternelle Édouard Herriot (Agen), l’élémentaire Jasmin (Sainte-Livrade) ainsi que les élémentaires Ferdinand Buisson et Jules Ferry (Villeneuve-sur-Lot). Des fermetures de classes seront effectives à la rentrée de septembre 2025 dans treize écoles : maternelle Carnot (Agen), élémentaire Jean Moulin (Boé), maternelle La Goulfie (Agen), élémentaire Denise Baratz (Miramont-de-Guyenne), élémentaire de Labastide-Castel-Amouroux, maternelle Françoise Dolto (Tonneins), primaire Marie Curie (Nérac), maternelle de Castelmoron-sur-Lot, maternelle Cayras (Sainte-Livrade-sur-Lot), école élémentaire de La Sauvetat-sur-Lède, élémentaire Jean Jaurès (Fumel), primaire de Bourlens et élémentaire de Cuzom.

    Téo Munch