Auteur/autrice : teo_adm

  • « Créer une dynamique globale dans chaque sport » : Agen Indoor continue son développement

    « Créer une dynamique globale dans chaque sport » : Agen Indoor continue son développement

    « Créer une dynamique globale dans chaque sport » : Agen Indoor continue son développement

    Agen Indoor va lancer au début de l’année son académie de futsal, dont les inscriptions se terminent le 22 décembre. Cette dernière nouveauté permet au complexe multisport créé en 2018 de se développer encore un peu plus.

    Pierre Legros, gérant d’Agen Indoor, devant le terrain de futsal du complexe. Photo Téo Munch

    Au milieu des nombreux travaux de la structure (mur d’escalade, nouveaux terrains de padel…), le terrain de futsal paraît flambant neuf. Construit dès le lancement d’Agen Indoor en 2018, il accueillera à partir du 7 janvier une nouvelle académie pour des catégories de jeunes de U6 à U13. Une manière d’enrichir davantage ce complexe sportif qui possède déjà de nombreux équipements pour des disciplines comme le padel ou le squash.

    « L’idée est de créer un véritable lieu de vie », estime Pierre Legros, gérant d’Agen Indoor. En effet, avec le projet « Indoor 360″, l’entreprise souhaite développer ses différents services : restauration, domaine avec spa… La création d’une nouvelle académie s’inscrit donc dans ce processus. « Dans chaque sport, on veut créer une dynamique globale pour toucher différents types de sportifs. Cela passe par le sport féminin, les séniors mais aussi les enfants, d’où la création d’une académie. C’est quelque chose qui manquait dans notre offre », ajoute-t-il.

    Accompagner au mieux les jeunes sportifs

    Agen Indoor avait pourtant créé une académie de futsal dès son lancement, en 2018. Mais elle n’avait pas été renouvelée après la crise de la Covid-19, qui avait aussi contraint le complexe multisport à fermer l’un de ses deux terrains, au profit du padel. Celui qui est resté a récemment bénéficié d’un nouvel éclairage, plus adapté à la pratique du futsal.

    Le but affiché est aussi de permettre d’accompagner au mieux les jeunes sportifs. « On ne rentre pas dans un esprit de compétition avec les clubs de football locaux, assure Pierre Legros. On va peut-être ramener des enfants qui ne voulaient pas partir au football, les faire remettre un pied dans la discipline pour les amener par la suite dans les clubs qu’il y a autour ».

    Le développement du complexe sportif se poursuivra le 20 décembre avec l’ouverture au public du nouveau mur d’escalade, en construction depuis le début du mois. Des travaux sont également en cours sur les différents terrains de padel. De quoi continuer à nourrir l’évolution toujours croissante d’Agen Indoor.

     

    Académie de futsal : mode d’emploi

    Les 21 séances proposées, d’une heure et demie chacune, seront organisées du 7 janvier au 30 juin, hors vacances scolaires. Elles devraient être organisées le mercredi à 9 h 15 (U6/U7), à 11 heures (U8/U9), à 16 h 15 (U10/U11), puis le samedi à 9 h 15 (U12/U13). Chaque groupe d’entraînement comptera au maximum une dizaine d’enfants. Ils seront encadrés par Hugo Lefevre, joueur du FC Savérien. Le prix est fixé à 220 euros avec un pack inclus et différents avantages sur le complexe (-10 % sur un anniversaire au club, accès au terrain de futsal à 3 euros au lieu de 8). La date de clôture des inscriptions, possibles sur la page Facebook « Agen Indoor », est fixée au 22 décembre.

    Téo Munch

  • « C’est difficile de répéter moins de 7 heures par jour » : Les noces de Figaro bientôt en représentation à Agen

    « C’est difficile de répéter moins de 7 heures par jour » : Les noces de Figaro bientôt en représentation à Agen

    « C’est difficile de répéter moins de 7 heures par jour » : Les noces de Figaro bientôt en représentation à Agen

    La compagnie des Chants de Garonne propose le dimanche 15 décembre à 16 heures une représentation de l’opéra « Les noces de Figaro » au théâtre Ducourneau, à Agen, après deux semaines de répétitions intenses.

    L’équipe des « Noces de Figaro » en pleine répétition à Astaffort. Photo Téo Munch

    Au fond de la salle polyvalente d’Astaffort, le décor est plutôt épuré. Un bureau, un piano et quelques chaises dessinent une scène improvisée, au milieu de laquelle quatre chanteurs s’exercent sur l’air des « Noces de Figaro ». Le 15 décembre, ils se produiront au théâtre Ducourneau à Agen pour présenter cet opéra emblématique créé en 1786 par Wolfgang Amadeus Mozart.

    Depuis le 30 novembre, les répétitions se déroulent avec une équipe resserrée autour du metteur en scène, Emmanuel Gardeil, du pianiste, Étienne Manchon, et des quatre chanteurs principaux : Julien Véronèse (Figaro), Aurélie Fargues (Susanna), Charlotte Despaux (la comtesse) et Maxime Cohen (le comte).

    Course contre le temps

    Le tout dans une ambiance pour le moins détendue. « Quand ça se passe bien entre collègues, c’est toujours mieux », note Aurélie Fargues. « Le casting a aussi été fait en fonction de ça », ajoute Charlotte Despaux. Des rires s’échappent souvent durant les interventions d’Emmanuel Gardeil, Julien Véronèse n’hésitant pas à lâcher quelques blagues de sa voix grave, caractéristique des « basses ».

    Mais pas au détriment du sérieux et du professionnalisme. Ils ne peuvent pas se le permettre, avec seulement deux semaines pour organiser cet opéra de plus de deux heures. « C’est difficile de répéter moins de 7 heures par jour pour un ouvrage comme ça. Surtout au début, on essaie de gagner le plus de temps possible », analyse le metteur en scène.

     

    « Je n’ai pas d’idées fixes »

    Pour une préparation optimale, chacun doit maîtriser le texte sur le bout des doigts avant les répétitions générales. « Et comme c’est de l’italien, ça ne rentre pas tout de suite », reconnaît Charlotte Despaux. Plusieurs mois sont ainsi nécessaires pour travailler l’œuvre. Même si certains chanteurs, Julien Véronèse et Aurélie Fargues notamment, l’avaient déjà interprété durant leur carrière.

    Côté mise en scène, la tâche n’est pas plus simple. Principalement parce qu’elle peut évoluer au fil des répétitions. « Je n’ai pas d’idées fixes. Il y a des moments très précis que j’ai en tête, et d’autres où il faut que les chanteurs s’approprient le rôle par rapport à leur jeu personnel », explique Emmanuel Gardeil, qui interrompt régulièrement ses chanteurs pour ajuster certains détails. « Mais je n’improvise pas trop, il vaut mieux prévoir en amont la vision d’ensemble », ajoute-t-il.

    Un opéra moderne

    Pour lui aussi, le travail doit se faire en amont. Emmanuel Gardeil commence à réfléchir aux premières idées de mise en scène un an et demi avant la représentation. Cette fois, il a souhaité moderniser le décor, puisque cette représentation se déroule dans un théâtre et non dans un château, comme dans la version écrite par Lorenzo da Ponte : « Cet opéra était tellement contemporain à l’époque où il a été fait que je ne voyais pas pourquoi il faudrait en faire quelque chose d’ancien. Aujourd’hui, les titres de comte et comtesse ne veulent plus rien dire. On garde le texte et la situation, mais on adapte le contexte à l’époque ». Histoire de s’adapter aussi aux spectateurs, que les organisateurs espèrent nombreux le 15 décembre.

    Téo Munch

  • Que se passe-t-il avec l’équipe de France de cyclisme sur piste ?

    Que se passe-t-il avec l’équipe de France de cyclisme sur piste ?

    Que se passe-t-il avec l’équipe de France de cyclisme sur piste ?

    Du 16 au 20 octobre se dérouleront les championnats du monde de cyclisme sur piste au Danemark. Sans sn champion olympique Benjamin Thomas, l’équipe de France n’affiche pas de grandes ambitions cette année. Mais son absence n’en est pas la seule raison.

  • Qui pour remplacer Macron ?

    Qui pour remplacer Macron ?

    Qui pour remplacer Macron ?

    Depuis les élections législatives, les trois principaux blocs politiques mènent une course pour la présidentielle de 2027, avec plus ou moins d’incertitudes.

    Marine Le Pen et Emmanuel Macron le 21 juin 2022. (Photo AFP/Ludovic Marin )

    Suite à la large victoire du Rassemblement National aux dernières élections européennes, tous les partis se sont lancés dans une véritable course vers 2027. Dès l’annonce de la dissolution par Emmanuel Macron le soir du 9 juin, des alliances et des stratégies se sont rapidement mises en place avec des visions à court, moyen ou long terme : regroupement des partis de gauche autour du NFP, rapprochement d’Éric Ciotti – président des Républicains – avec le RN… Mais toujours avec un même désir de prudence.

    Il faut dire que personne n’avait envie de prendre tous les risques avant l’élection présidentielle de 2027. Dès la campagne des législatives, Jordan Bardella, président du Rassemblement National et fraîchement réélu député européen, ne s’était dit senti capable d’aller à Matignon qu’avec une majorité absolue. Le camp présidentiel, victime d’une baisse constante de popularité depuis sept ans, ne pouvait ambitionner que conserver un maximum de représentants à l’Assemblée nationale, déjà sûr de perdre la majorité relative acquise en 2022. Du côté du Nouveau Front Populaire, outre les cadors de La France Insoumise (Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot ou encore Manuel Bompart), les candidats évoqués (Huguette Bello et Laurence Tubiana notamment, jusqu’à l’accord commun autour de Lucie Castets) montraient qu’aucune des principales têtes de cette coalition ne voulait se brûler les ailes.

    À gauche et au centre, le grand flou

    Tous sont donc déjà tournés vers 2027, avec plus ou moins de certitudes. À gauche, l’équation est d’autant plus complexe que les partis sont nombreux. Pour l’instant, aucune autre solution n’est envisagée que l’union. Nicolas Thierry, député écologiste de la 2e circonscription de la Gironde, voyait en François Ruffin un candidat crédible à la présidentielle, estimant qu’ « au-delà du talent qu’il a, il fait partie de ceux qui ont envie de s’y coller ». Mais sa rupture avec Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise compromettent cette hypothèse. Le constat se fait plus autour du leader de LFI : « le seul capable d’aller au deuxième tour de la présidentielle aujourd’hui à gauche, c’est Jean-Luc Mélenchon. Mais c’est aussi celui qui a le moins de chances de gagner le second tour ».

    Pour Renaissance, l’horizon est tout aussi trouble. Parmi les possibles candidats, le premier (et pour l’instant le seul) à s’être officiellement lancé est l’ancien premier ministre Edouard Philippe (2017-2020) après avoir annoncé sa candidature le 3 septembre. En interne, d’autres figures du “macronisme“ songent à l’idée de se présenter, à l’image de Gabriel Attal et Gérald Darmanin. Mais rien ne dit qu’ils se présenteront sous les couleurs d’Emmanuel Macron. Alors que l’ex premier ministre peinait lors des législatives à cacher son désaccord avec la dissolution, l’ancien ministre de l’Intérieur a lancé le 29 septembre un mouvement nommé “Populaires“. Même s’il ne s’agit selon lui que d’un « lieu de réflexion », certains y voient un chemin vers 2027. Cela montre en tout cas une distance prise chez Renaissance avec l’image de Macron et de sa politique. « On ne peut pas être satisfait du président qui a été réélu en 2022 », déclare même Adrien Debever, maire de Lacanau et délégué départemental du MoDem Gironde, parti de François Bayrou et soutien de la majorité présidentielle depuis 2017.

    Marine Le Pen comme évidence pour le RN

    Au Rassemblement National, la ligne à suivre est bien plus claire. Marine Le Pen semble être la candidate numéro 1 du parti, elle qui s’est hissée au deuxième tour lors des deux dernières élections présidentielles. Malgré le procès visant 27 membres du RN dont Jean-Marie Le Pen et sa fille pour des détournements de plusieurs millions d’euros de fonds européens présumés, personne à l’extrême droite ne voit la présidente du groupe RN à l’Assemblée Nationale subir une peine d’inéligibilité. « Ça fait neuf ans qu’on pense que le Rassemblement National peut être à l’origine de millions d’euros de détournement de fonds. On est content que le procès arrive enfin, on a beaucoup de sérénité », se rassure Edwige Diaz, députée RN de la 11e circonscription de Gironde et vice-présidente du parti.

    Selon le dernier sondage Ifop, Marine Le Pen arriverait en tête avec près de 35 % des voix. Édouard Philippe aurait une longueur d’avance sur Gabriel Attal dans le camp présidentiel, tandis que Jean-Luc Mélenchon serait la principale tête de gauche devant François Hollande et Marine Tondelier. Une situation qui a le temps d’évoluer d’ici trois ans.

    Téo Munch

  • Une rue de Bordeaux veut retrouver sa tranquillité

    Une rue de Bordeaux veut retrouver sa tranquillité

    Une rue de Bordeaux veut retrouver sa tranquillité

    Les habitants de la rue Charles Puyo, au cœur du quartier des Chartrons, sont régulièrement perturbés par le passage nocturne de camions alimentant le centre E.Leclerc à proximité.

    Patrick Artieda, l’un des lanceurs de la pétition, sur la route abimée de la rue Charles Puyo. (Photo TM)

    La nuit a été rude. Comme toutes les précédentes, et ce depuis plusieurs années. Dans cette voie à sens unique portant le nom d’un ancien fonctionnaire municipal (1893-1945), les habitants sont réveillés presque quotidiennement entre 4h et 6h par des camions venant livrer le centre E.Leclerc, situé au bout de la rue. Une perturbation qui contraste avec la tranquillité de cette journée de dernière semaine d’été.

    « Tout le monde est assez gêné, surtout que c’est en pleine nuit. Nous par exemple on a un lustre qui tremble toutes les nuits. À chaque fois, ça me réveille », s’indigne Annie Artieda au pied de sa porte. « Surtout qu’ils peuvent passer au niveau du cours Saint-Louis, ce que fait la majorité des camions. Donc il y a d’autres voies d’accès », décrit son mari, Patrick Artieda. Le couple, à l’origine d’une pétition en ligne lancée en juin avec d’autres voisins, semble préoccupé par la situation qui dure depuis longtemps.

    « Ce matin, ça a fait vibrer toute la maison »

    La première des nuisances est évidemment sonore, perturbant le sommeil des riverains. De l’autre côté de la voie, Charlène, qui s’apprête à rentrer chez elle, ne peut que confirmer. « Ce matin, ça a fait vibrer toute la maison. Et le problème n’est pas nouveau », raconte-t-elle avec une gaieté en opposition avec le ras-le-bol ressenti quotidiennement. Propriétaire dans cette rue depuis huit ans, cela fait autant de temps qu’elle subit le problème. Sa mère Marie, visiblement peu habituée à ces réveils brusques, acquiesce : « ce matin, je me suis réveillé avec le bruit en me disant ‘ah, c’est vrai, je ne suis pas chez moi’ ».

    La rue Charles Pueyo, que les camions approvisionnant le centre E.Leclerc empruntent « quotidiennement ». (Photo TM)

    À quelques maisons d’ici, Christophe* ouvre sa baie-vitrée, puis une toile avec une fermeture aimantée. « Il n’y a pas que les problèmes de circulation ici, il y a aussi les moustiques-tigres » s’amuse-t-il. Son visage se ferme peu à peu lorsqu’il évoque l’origine des ennuis. « Au début, pendant la nuit ou très tôt le matin, on avait des camions qui passaient et qui faisaient vibrer très fort la maison. On l’a ressenti dès qu’on est arrivé en 2021. On a laissé filer mais discutant avec les voisins, on s’est rendu compte que c’était une problématique qui était rencontrée par beaucoup d’habitants de la rue ».

    Des fissures constatées sur les murs

    Les bruits peuvent aussi être provoquée par l’état de la chaussée, composée de plusieurs trous. Christophe voit de son côté une explication aux nombreuses dégradations sur les bâtiments le long de cette rue de 200m de long et large d’à peine quatre mètres : « c’est difficile de faire un lien de causalité, mais beaucoup de façades sont fissurées ». La structure du sol, construit sur un ancien marécage, pourrait selon lui amplifier le phénomène en favorisant la propagation des ondes liées au passage de véhicules.

    Pour Charlène et Marie, une des solutions pourrait être dans un premier temps de limiter à vitesse à 30 km/h, au lieu de 50 actuellement. « La vitesse est un enjeu, mais avec un camion chargé sur un sol argileux, il n’y aura pas de miracles, répond Christophe. Notre objectif principal, avant le ralentissement, c’est l’interdiction des poids lourds. Et le problème des dos d’âne est que ça accentue les vibrations, et ça fait du bruit ».

    Des fissures peuvent être constatées sur les murs des habitations. (Photo TM)

    Contacté, le centre E.Leclerc n’a pas souhaité émettre de commentaires. Les habitants, en relançant la pétition dans les prochaines semaines, tenteront de contacter bientôt la maire. Pour que la rue Charles Puyo retrouve sa tranquillité.

    Téo Munch

     

    *Christophe, ici un nom d’emprunt, a voulu rester anonyme.

  • L’appel du 18 juin, ou comment s’est créé un mythe

    L’appel du 18 juin, ou comment s’est créé un mythe

    L’appel du 18 juin, ou comment s’est créé un mythe

    Cette photo légendaire de Charles de Gaulle ne date pas du 18 juin. ( Photo DR )

    Cela fait maintenant 84 ans, et tout le monde connait l’appel du 18 juin 1940 du Général de Gaulle. L’évocation de la date suffit pour imaginer ce grand homme derrière le micro de la BBC appelant les Français à se battre face à l’Allemagne nazie. La veille, Philippe Pétain, alors chef de l’Etat français, annonçait à la radio qu’il fallait « cesser le combat » et demandait la signature de l’armistice. C’est d’ailleurs ce discours qui a été entendu à grande échelle sur le territoire français, moins que celui de Charles de Gaulle.

    Alors comment « un message émis d’une radio étrangère à une heure improbable, sans véritable annonce préalable et prononcé par un inconnu » a–il pu rester dans l’imaginaire collectif et devenir le mythe que l’on connait aujourd’hui ?

     

    Le vide qui fait le mythe

     

    C’est sur cette question que s’est penché Jean Petaux, ancien ingénieur de recherche et membre de l’équipe de direction de Sciences Po Bordeaux de 1991 à 2021, dans son livre « L’Appel du 18 juin 1940, usages politiques d’un mythe ». Il rappelle d’abord le contexte autour de celui-ci, notamment l’ensemble des discours de juin 1940 – et que celui du 18 n’était pas isolé -, mais également l’allocution du premier ministre britannique Winston Churchill le jour même et qui a fait de l’ombre à ce jeune général alors inconnu, même auprès des Français. L’auteur raconte les principales raisons de la postérité de cette date, devenue mythique dès l’été 1940 par le « vide » autour de ce discours. En effet, il n’existe ni de traces audio des paroles de Charles de Gaule datant du 18 juin 1940, ni de photographies puisque la célèbre image du général face au micro de la BBC est postérieure à cette date.

     

    De Gaulle, « l’homme du 18 juin »

     

    Ce mythe a également été entretenu par De Gaulle lui-même en organisant régulièrement un anniversaire pour célébrer cette date, mais aussi par ses adversaires politiques, notamment communistes. Ces derniers qualifiaient de manière péjorative Charles de Gaulle comme « l’homme du 18 juin ». Mais l’effet inverse s’est produit, laissant entrer un discours presque inaudible dans la postérité. Ses mots résonnent toujours dans la tête de nombreux Français, et ne sont pas près de s’éteindre.

     

     

    Informations pratique :

    « L’appel du 19 juin 1940, usages politiques d’un mythe » de Jean Petaux, édition Le Bord de l’eau, 200 pages, prix : 18 euros.

     

    Téo Munch

  • Tout est encore possible à 80 ans !

    Tout est encore possible à 80 ans !

    Tout est encore possible à 80 ans !

    Jeanne Reclus a obtenu il y a quelques jours son permis de conduire à presque 80 ans. Une aventure longue de plus de deux ans mais achevée avec succès.

    Jeanne Reclus, au volant de sa voiture à boite automatique. ( Photo TM )

    Durant les deux prochaines années, si vous croisez une voiture avec un autocollant “A“ sur la vitre arrière, dites-vous que ce n’est peut-être pas un jeune adulte. Car il se pourrait bien que Jeanne Reclus, 80 ans, soit au volant. La Tauriacaise est en effet une jeune conductrice. Déjà parce qu’elle ne se sent « pas vieillir », mais surtout car elle a obtenu le permis B en boite automatique ce mercredi 5 juin, quelques jours avant de fêter ses 80 ans. La fin d’un parcours de presque trois ans avant d’obtenir le précieux sésame. Ce n’est que récemment qu’elle décide de passer son permis, surtout par nécessité.

    Jeanne Reclus est née le 11 juin 1944 à Galgon. Elle déménage régulièrement durant sa jeunesse en fonction des différents lieux de travail de son père agriculteur. Elle s’installe finalement avec sa famille à Tauriac vers l’âge de 14 ans. À cette période, elle décroche son certificat d’étude, qu’elle conserve précieusement dans sa chambre. Elle l’a d’ailleurs obtenu le 4 jui 1958 – pour rappel, elle a eu son permis un 5 juin… -, comme quoi « le mois de juin lui réussit », sourit sa fille, Sandie. Mais ne poursuit pas ses études. Elle aimait pourtant la scolarité, mais « à l’époque, les parents n’avaient pas les moyens de nous envoyer à l’école ». Elle effectue des petits boulots, notamment dans « une usine de bouchons à Bourg ». Puis, à 18 ans, elle intègre l’usine Caltex à Ambès en tant que serveuse. Elle s’y rend en bateau, à vélo puis plus tard en bus. Elle y reste durant cinq années avant la naissance de son premier enfant, en 1967. Elle ne retravaillera plus pour se consacrer à l’éducation de ses trois enfants.

     

    « Je me suis sentie capable »

     

    La vie passe, sans qu’elle ne ressente le besoin de passer son permis. « J’étais plus jeune à l’époque, ça passait bien, explique-t-elle. J’aurais pu le passer plus tôt, mais ça ne me manquait pas de conduire. Puis la vie passe, et on ne se rend pas compte du temps qui s’écoule. Mais c’est au moment de la retraite que je me suis dit qu’il fallait qu’on ait tous les deux le permis avec mon mari ». Une envie d’autant plus pressante que son mari a subi un accident il y a cinq ans. Il se retrouve « diminué » physiquement et lui propose de se lancer enfin dans l’aventure du permis de conduire. « Je me suis sentie capable », admet-elle.

    Jeanne Reclus passe alors son code à Blaye. Lors des entrainements organisés par l’auto-école, elle se retrouve entourée de jeunes, certains n’étant même pas adultes. « C’était déstabilisant, je me sentais un peu diminuée d’être avec des jeunes », avoue-t-elle. Inscrite en septembre 2021, elle obtient le Code de la route en janvier 2022 au bout de la troisième tentative. Une première étape de franchie, mais le plus dur reste à faire. Elle commence ses heures de conduites en mars 2022, le début d’une longue série. Au total, elle réalise plus de 50 leçons en l’espace d’un an, sans avoir eu l’occasion de se présenter à l’examen. « On me rajoutait toujours des heures, donc j’ai arrêté parce que mon mari ne pouvait plus m’amener ». Elle quitte cette auto-école en janvier 2023 et s’inscrit à Saint-André-de-Cubzac deux mois plus tard.

     

    Cinq tentatives en un an

     

    Elle passe une première fois l’examen pratique en milieu d’année 2023. Sans succès. Elle retente le coup, encore et encore, avec le même résultat. « À chaque fois, on me disait que je n’étais pas loin de l’avoir ». Pendant ce temps-là, Jeanne Reclus continue de prendre des leçons. C’est bientôt autant d’heures passées derrière le volant que dans son ancienne auto-école, mais sans parvenir à valider l’examen. Alors forcément, le désespoir s’installe peu à peu. « Au quatrième essai, je me suis dit : “j’arrête, je dépense mon argent pour rien“ ». Mais l’auto-école et sa famille la convainquent de retenter sa chance, en espérant que cette fois-ci soit la bonne.

    C’est alors que Florian Gouraud, un jeune moniteur arrivé récemment dans l’auto-école, décide de prendre en charge les heures de conduite de la Tauriacaise. « Son niveau de conduite m’a surpris, reconnait-il. Elle était calme et avait un bon niveau ». Elle se sent immédiatement « libérée » et davantage en confiance, un élément essentiel pour une conduite de qualité optimale. « J’ai juste essayé de la mettre la plus à l’aise possible parce qu’elle avait vraiment un bon niveau ». Après seulement quelques heures avec ce nouveau moniteur, elle se présente pour la cinquième fois à l’examen, accompagnée de ce dernier pour représenter l’école. Le parcours s’effectue le mercredi matin, dans les rues de Blaye, et se déroule bien. À l’issue de l’épreuve, l’appréhension et le stress étaient encore présents, avec la peur d’échouer une nouvelle fois. Mais elle apprend presque immédiatement qu’elle obtient enfin son permis. La cinquième est la bonne. « Je suis ravie et soulagée. Ça a été difficile, mais j’ai réussi et c’est le principal ». Elle a d’ailleurs passé son permis en même temps qu’une jeune fille de 17 ans*, offrant un contraste surprenant mais montrant que, finalement, il n’y a peut-être pas d’âge pour passer le permis.

     

    Une « belle histoire »

     

    Mais n’allez pas croire que Jeanne Reclus roule de manière inconsciente. La prudence est son maître-mot. Chaque panneau ou signalisation obtient son attention. « En deux ans de conduite, j’ai jamais mis mon mari dans le fossé ou renversé quelqu’un. Je suis consciente quand j’arrive sur un passage piétons et je suis capable de mes réflexes. Je ne me sens pas vieillir, j’ai toute ma tête. Et puis je me déplace juste pour faire mes courses à Bourg ». Elle serait même favorable à « une visite pour contrôler les yeux, le mental etc. » des personnes âgées. L’actualité malheureuse des accidents de la route ne fait que confirmer son avis.

    Preuve d’une grande humilité, ce sont ses enfants qui tenait à faire partager cette « belle histoire ». Même si, elle le reconnait, « ce n’est pas commun de passer son permis à 80 ans ». « On est fiers d’elle, raconte Sandie Reclus. Quand on parle de cette histoire aux gens, on nous dit qu’elle a eu du courage de passer son permis à cet âge-là. Elle est méritante ».

    En attendant, Jeanne Reclus se sent parfaitement bien, avec quelques années de moins dans la tête. « Je ne prends pas de médicaments. J’ai encore de l’énergie et je suis en bonne santé », juge-t-elle. Jeanne Reclus prend du plaisir à conduire la voiture automatique achetée il y a trois ans, et s’apprête à découvrir une nouvelle vie. Celle d’une jeune conductrice de 80 ans !

    Téo Munch

  • Paul Jouffreau toujours en course

    Paul Jouffreau toujours en course

    Paul Jouffreau s’accroche au championnat

    Le pilote français de Saint-Ciers-de-Canesse conserve sa quatrième place au championnat d’EuroNascar Pro en terminant deuxième et sixième au Royaume-Uni.

    Paul Jouffreau, entouré de Liam Hezemans et Thomas Krasonis. ( Photo PJ )

    Paul Jouffreau a encore vécu les montagnes russes au Grand Prix du Royaume-Uni les 8 et 9 juin. Parti en troisième position lors de la première manche le samedi, il prend dès le premier virage la deuxième place au pilote tchèque Martin Doubek, pour ne plus la quitter. Il termine à moins d’une seconde de l’Italien Vittorio Ghirelli, auteur de sa quatrième victoire de la saison en six courses. « Je pense qu’il y avait possibilité de gagner, mais ça s’est joué sur des petites choses, a-t-il commenté à l’issue de la course. J’ai tenté de doubler, ce n’est pas passé. Mais une deuxième place, c’est super ». Il réalise le huitième meilleur tour à moins de deux dixièmes du plus rapide, le néerlandais Liam Hezemans, son principal adversaire pour le titre junior.

     

    Toujours à la recherche d’une première victoire

     

    Le pilote de l’équipe RDV s’élance donc en huitième position le lendemain, loin derrière son rival. Il a été pris entre plusieurs voitures tout au long d’une course peu propice au dépassements et séquencées par plusieurs accidents. Le français n’a pas pu se détacher de ses concurrents mais gagne finalement deux places pour terminer en sixième position. Des résultats similaires à l’an dernier puisqu’il avait décroché les cinquièmes et deuxièmes places sur ce même circuit Brands Hatch en EuroNascar 2.

    Grâce à ces points décrochés ce week-end, Paul Jouffreau conserve sa quatrième position au championnat – et à seulement 19 points de la première place – mais voit Liam Hezemans prendre cinq petits points d’avance pour le titre junior. Le prochain déplacement s’effectuera aux Pays-Bas à l’Hippodrome Venray le dimanche 30 juin pour tenter de décrocher une première victoire cette saison.

    Téo Munch

  • « Favoriser la mixité sociale et générationnelle »

    « Favoriser la mixité sociale et générationnelle »

    « Favoriser la mixité sociale et générationnelle »

    Le jeudi 6 juin était organisée la pose de la première pierre d’une résidence intergénérationnelle à Blaye, rue Olympe de Gouges. Ce projet a pour but une mixité entre les personnes de différents âges mais aussi au niveau social.

    De gauche à droite, Louis Cavaleiro, Denis Baldès, Mario Bastone, Jean-Baptiste Desanlis, Edwige Diaz et Benoît Thomazo. ( Photo TM )

    « La grande difficulté du vieillissement, c’est la solitude, de ne plus avoir de lien social », explique Mario Bastone, directeur général d’Énéal. Pour tenter de pallier ce problème, cette société spécialisée dans le médico-social se lance dans la co-construction d’une résidence intergénérationnelle à Blaye avec Clairsienne, une entreprise sociale pour l’habitat appartenant également au Groupe Action Logement. La pose de la première s’est déroulée le jeudi 6 juin en présence du maire, Denis Baldès, Jean-Baptiste Desanlis directeur général de Clairsienne, Benoît Thomazo président de Clairsienne, Louis Cavaleiro conseiller départemental et Edwige Diaz, députée RN de la 11e circonscription de la Gironde. Ce projet a pris du retard puisqu’il date de 2017. La pandémie de Covid, l’inflation, la crise des matériaux et l’évolution des normes ont depuis retardé le début des travaux.

     

    40 logements proposés

     

    Mais voilà que, désormais, le projet devient concret. La structure proposera 40 logements, dont 30 (7 individuels, 23 collectifs) pour Énéal et 10 maisons individuelles locatives pour Clairsienne. Certains logements seront dédiés aux familles, d’autres conçus pour des personnes âgées. L’établissement, dont l’inauguration est prévue pour début 2026, sera construit sur une parcelle de 9 417 m2 et a été confié à l’architecte Mathieu Bergeret, fondateur de l’agence 2PM A.

    Un espace collectif de 59 m2 dédié aux animations sera également construit au rez-de-chaussée. Il s’inscrit dans un but de créer du lien entre les différentes générations, des plus jeunes aux plus âgés. « On cherche à créer du relationnel et de l’esprit d’animation, explique Mario Bastone. Dans l’intergénérationnel, si on ne créé pas un lieu ou une occasion de se rencontrer, le gens se croisent et ne se rencontrent pas forcément. On va donc mettre en place un espace commun dans lequel on va structurer une animation pour que les plus jeunes, les plus âgés et les familles se rencontrent sur un thème donné comme la musique ou le sport. On veut qu’un lien intergénérationnel se créé dans la région ». « Nous sommes très fiers de poser cette première pierre qui illustre notre cœur de mission : construire et proposer des logements adaptés à tous les moments de la vie », note de son côté Benoît Thomazo.

     

    Un sentiment de solitude chez les personnes âgées

     

    L’objectif est aussi de lutter contre la solitude des personnes âgées. Selon les chiffres du CSA pour un rapport de l’association « Les petits frères des pauvres », 32 % des personnes âgées de Nouvelle-Aquitaine expriment un sentiment de solitude en 2024, dont 40 000 personnes en Gironde. Des données qui doivent donc favoriser le développement de ces structures pour limiter l’impact de la solitude chez les séniors.

    Pour cette maison intergénérationnelle, la première du type à Blaye, l’objectif est finalement « de répondre à deux services : celui de l’accession au logement et de l’aide aux personnes âgées, décrit Denis Baldès. L’idée est de favoriser la mixité sociale, mais aussi générationnelle ».
    Le coût total de l’opération s’élève à 5,2 millions d’euros hors-taxtes, dont un apport de 567 000 euros du département, 1 160 454 euros des fonds propres d’Énéal et 483 000 euros de ceux de Clairsienne.

    Téo Munch